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«Je crois la résurrection de la chair et la vie éternelle» – Série d’été partie 9

Croix et fleur

 

Prédication du samedi 26 août 2017 à Môtiers et du dimanche 27 août 2017 à Buttes à l’occasion d’une série d’été sur le symbole des apôtres – Texte de la prédication à télécharger ici en format pdf

Lecture biblique :

1 Corinthiens 15, 35-51

Prédication

Alors : résurrection des morts, ou résurrection de la chair ?
Le papillon d’annonce pour cette série d’été a laissé la question en suspens…

Moi-même, quand adolescente j’ai consciencieusement appris le symbole des apôtres, je l’ai fait à partir du recueil “Psaumes et cantiques”, qui dit «la résurrection des morts». Cela paraît logique, quand on est chrétien, croire à la résurrection, cela n’a rien de surprenant !

Mais les premières fois que, dans un groupe, j’ai récité le credo avec d’autres personnes qui utilisaient une autre version, comprenant «la résurrection de la chair», je me suis dit : houlà, c’est quoi cette bizarrerie ?

De la chair, des corps qui reviennent à la vie, difficile à imaginer quand même. Il me revenait en tête la vision d’Ezéchiel, dans laquelle il décrit des ossements qui s’animent, sur lesquels poussent des nerfs, des tissus et de la peau… j’avoue que cela ne fait pas très envie, et que cela a même un côté effrayant !

J’ai appris plus tard que la formulation «résurrection de la chair» était bien la traduction originale, et «résurrection des morts» une liberté prise pour présenter les choses de manière plus “acceptable” pour un esprit rationnel.
Qu’importe. Je préférais quand même la 2ème formulation, que je pensais à la fois plus ouverte et plus compréhensible que la première, trop réaliste à mon goût…

… jusqu’à ce que notre collègue René Perret, un mercredi de colloque, nous propose une série de cultes d’été sur le sujet, que je me replonge dans les textes, et que je me laisse bousculer entre autre par un certain Alphonse Maillot qui, dans son livre, fait remarquer que «résurrection des morts», c’est un pléonasme, et que si les auteurs ont mentionné «de la chair», c’est que la précision est importante !

Bon. Mais qu’est-ce que ça veut dire alors ? Parce que des corps qui ressortent de la tombe, ça ne m’enchante toujours pas….

D’ailleurs les contemporains de Paul semblent avoir été confrontés à la même interrogation : «Mais, demandera-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Quelle sorte de corps auront-ils ? »

«Vaine question» ou- selon les traductions : «Insensés», «Réfléchissez»… leur répond l’apôtre. Autrement dit, vous prenez le problème par le mauvais bout !

Il faut dire que le français ne nous aide pas à comprendre cette notion.
Pour nous, “chair”, c’est une matière, ce sont nos muscles, la viande, ou encore la pulpe des légumes et des fruits que nous mangeons… c’est très concret.

Dans une perspective biblique, il s’agit d’une réalité beaucoup plus vaste, et plus symbolique aussi.

Elle a à voir avec notre statut de créature, d’être vivant.
Elle ne désigne pas seulement le corps, mais la totalité de l’être humain, sa personnalité.

Ainsi la chair n’est pas qu’une partie de moi, de mon corps, mais c’est tout ce qui fait ma vie, mon histoire humaine. Cela englobe les œuvres que je fais, mon comportement, mes relations avec les autres.

Cette chair est marquée par la faiblesse. Elle a des limites ; elle rappelle la fragilité de l’homme, sa finitude.

Par extension, elle en est arrivée à désigner nos faiblesses humaines, notre inclinaison au mal et au péché.

En gros, la chair c’est ce qui est terrestre, limité, en opposition à ce qui est spirituel, céleste, divin.

L’homme étant éphémère, peut-il donc subsister quelque chose de lui à sa mort ?
C’est le sens de l’interrogation à laquelle Paul se confronte : comment les morts ressuscitent-ils, sous quelle forme ? quelle sorte de corps aurons-nous ?

Va-t-on simplement être quelqu’un d’autre, quelque part, autrement, ou va-t-on rester soi-même, et comment ?

Paul répond par une image : cela ressemble à des semailles…

Voici sur ce plateau plusieurs graines (je les montre).

Et voici ce qu’elle va donner (je les montre aussi) : des haricots, des carottes, des courgettes… on dirait qu’il n’y a rien à voir entre les deux !

 Cela veut dire deux choses :

  • il y a bien – à l’évidence – transformation. Il y a peu à voir entre ces graines et ces légumes !
  • et pourtant, tout de la graine n’a pas disparu : une graine de courgette ne peut donner un haricot, et une graine de haricot ne peut pas donner une courgette ! Tout ce qui permettra au légume de devenir ce qu’il est, est déjà contenu dans la graine. Comme si elle gardait sa personnalité (pour autant qu’on puisse dire qu’une graine a sa personnalité !), elle garde sa substance propre, ses caractéristiques.

Il y a donc bien à la fois continuité, et transformation.

L’homme nouveau engendré par la résurrection ne sera pas déconnecté pour autant de ce qu’il a été. Ce qu’il a vécu fera partie de lui… et pourtant il ne sera plus le même.

Ce qui va changer, c’est que tout ce qui faisait de lui un être terrestre, limité et soumis au péché, cela sera transfiguré.

Belle perspective d’avenir !

Mais voilà que l’on apprend que tout n’est pas pour plus tard ;
cette œuvre a déjà commencé, par la venue du Christ.

 Quand on dit que le Christ s’est fait “chair”, cela signifie qu’il s’est incarné dans un être humain, avec toutes ses failles, ses limites et ses fragilités.

Mais il est venu aussi pour transformer nos réalités humaines de l’intérieur. Par le Christ, l’Esprit de Dieu est venu “habiter la chair de l’homme” et en faire de lui un homme nouveau.

Une réalité qui sera pleinement réalisée à la résurrection, mais dont la force de transformation est déjà à l’œuvre en nous maintenant…
“Celui qui croit en moi est déjà passé de la mort à la vie”, dit l’Evangile de Jean.

C’est en ceci que cette vie est éternelle. Pas seulement dans une perspective d’avenir… mais aussi parce qu’elle nous relie à notre passé, et à ce que nous vivons maintenant.

Durant cette série d’été, vous avez déjà entendu de notre part plusieurs citations d’Alphonse Maillot… mais en conclusion, aujourd’hui, j’aimerais vous lire celle-ci, de Pierre Descouvemont [dans “Guide des difficultés de la foi catholique”, Cerf, 1989, p. 522] :

Quand un enfant est dans le ventre de sa mère, il est bien. Il ne connaît pas d’autre univers. Bien sûr, il ne sait pas très bien pourquoi lui poussent des yeux, des bras, des jambes inutiles…

Et vient le jour où on le retire brutalement de ce qui pour lui était le monde. Nous appelons cela une naissance. Mais, pour lui, c’est une mort. Il hurle de peur.

Bientôt il se découvre toujours en vie. Merveilleusement adapté au monde nouveau où il se trouve. Ses yeux, ses bras, ses jambes inutiles, voilà qu’il comprend maintenant que tout cela, irrésistiblement, le préparait à sa vie nouvelle. Et de ses propres yeux, enfin, il regarde sa mère, qui ne l’a jamais quitté, mais dont il découvre seulement maintenant le visage.

Ainsi est notre monde. Ainsi est notre vie.

L’univers est un grand ventre. Vastes entrailles où l’humanité lentement prend forme humaine. Bien sûr, nous nous sentons chez nous. Mais nous sommes perplexes. Comme des jambes et des bras inutiles, traînent le long de nous-mêmes des désirs de vie infinie, d’amour fou et de fraternité absolue. Avec, malgré tout, cette immense attente de bonheur.

Un jour, l’univers accouchera enfin l’humanité parvenue à terme. Nous appellerons cela une mort. Nous hurlerons de peur. Mais Dieu appelle cela une naissance.

Avec des larmes, des larmes de joie, nous découvrirons. Nous découvrirons que tout, absolument tout de notre vie humaine, nos humbles amours, nos échecs et nos deuils, nos grandes joies, la grande et inutile souffrance, tout cela nous aura merveilleusement préparés à cette vie nouvelle. Rien ne sera perdu.

Et nous découvrirons le visage de Dieu. Comme un enfant a celui de sa mère, qui ne l’a jamais quitté.

Ce grand accouchement a commencé. Le Christ en a souffert les premières douleurs. Morte la mort ! C’est cela que nous appelons Pâques ou Résurrection. Passage de la mort à la vie.

Amen.

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La résurrection comme des semailles – 1 Corinthiens 15, 35-51

Texte pour la prédication du samedi 26 août 2017 à Môtiers et du dimanche 27 août 2017 à Buttes

Croix et fleur

35 « Mais, demandera-t-on, comment les morts ressuscitent-ils ? Quelle sorte de corps auront-ils ? » 36 Insensé que tu es ! Quand tu sèmes une graine, celle-ci ne peut donner vie à une plante que si elle meurt. 37 Ce que tu sèmes est une simple graine, peut-être un grain de blé ou une autre semence, et non la plante elle-même qui va pousser. 38 Ensuite, Dieu accorde à cette graine de donner corps à la plante qu’il veut ; à chaque graine correspond la plante qui lui est propre.

39 Les êtres vivants n’ont pas tous la même chair : celle des humains diffère de celle des animaux, autre est celle des oiseaux et autre encore celle des poissons.

40 Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; les corps célestes ont un éclat différent de celui des corps terrestres. 41 Le soleil possède son propre éclat, la lune en a un autre et les étoiles un autre encore ; même parmi les étoiles, l’éclat varie de l’une à l’autre.

42 Il en sera ainsi lorsque les morts se relèveront. Quand le corps est mis en terre, il est mortel ; quand il ressuscitera, il sera immortel. 43 Quand il est mis en terre, il est misérable et faible ; quand il ressuscitera, il sera glorieux et fort. 44 Quand il est mis en terre, c’est un corps matériel ; quand il ressuscitera, ce sera un corps animé par l’Esprit. Il y a un corps matériel, il y a donc aussi un corps animé par l’Esprit. 45 En effet, l’Écriture déclare : « Le premier homme, Adam, devint un être vivant  » ; mais le dernier Adam est l’Esprit qui donne la vie. 46 Ce n’est pas le spirituel qui vient le premier, mais le matériel : le spirituel vient ensuite. 47 Le premier Adam a été fait de la poussière du sol ; le deuxième Adam est venu du ciel. 48 Les êtres terrestres sont pareils à celui qui a été fait de la poussière du sol, tandis que les êtres célestes sont pareils à celui qui est venu du ciel. 49 Et de même que nous sommes à l’image de l’homme fait de poussière du sol, de même nous serons à l’image de celui qui est du ciel.

50 Voici ce que je veux dire, frères : ce qui est fait de chair et de sang ne peut pas avoir part au Royaume de Dieu, et ce qui est mortel ne peut pas participer à l’immortalité.

51 Je vais vous révéler un secret : nous ne mourrons pas tous, mais nous serons tous transformés…

La Bible en français courant – 1 Corinthiens 15, 35-51

Walking méditatif-reprise le 29 août

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Après plusieurs rencontres sur la première partie de l’année , voici les prochaines dates du walking méditatif :

Les mardis suivants de 19h à 20h30 environ :

  • 29 août 2017
  • 12 septembre 2017
  • 26 septembre 2017

Rendez-vous à 19h à la Cure de Couvet

Formule proposée :

  • Introduction (10 min)
    • Chant ou prière
    • Ecoute d’un texte autour d’un personnage biblique
    • Brève méditation
  • Marche avec échange libre (environ 60 min)
  • Conclusion (20 min)
    • Bref échange autour d’un verre d’eau ou d’un thé/café
    • Ecoute d’un texte autour d’un personnage biblique
    • Prière

 

Note : le choix des textes bibliques et les méditations sont repris de: http://marche.retraitedanslaville.org

Renseignements auprès de Patrick Schlüter : 032 863 34 24 et Patrick.Schluter@eren.ch

Espace de parole pour personnes en deuil

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Télécharger ici le papillon en format pdf

Lien vers la page de présentation sur le site web de l’EREN

500 ans de la Réforme – célébrer le Christ ensemble – Net for God

 

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La prochaine rencontre du groupe Net for God du Val-de-Travers aura lieu jeudi 28 septembre à 19h30 à la salle de paroisse de Môtiers, rue Centrale 5. Voir ici le programme complet.
La rencontre commence avec le visionnement d’un court film, puis se poursuit par l’échange. Soyez les bienvenus.

500 ans de la Réforme

Célébrer le Christ ensemble

Le 31 octobre 1517, le moine allemand Martin Luther, après une expérience bouleversante de l’amour gratuit et pardonnant de Dieu, initie la Réforme en dénonçant les abus de l’Eglise de son temps. Après 500 ans de séparation, d’incompréhensions, puis de dialogue, catholiques et protestants se retrouvent pour célébrer ensemble le salut en Jésus-Christ.

Cette année 2017 est marquée par de nombreuses célébrations pour le Jubilé de la Réforme, dans le monde entier. C’est la première fois dans l’histoire qu’une commémoration de la Réforme se fait de manière œcuménique, dans un esprit de réconciliation entre protestants et catholiques. Dans ce film, nous partons à la rencontre de ceux qui se sont engagés pour passer du « conflit à la communion », de Strasbourg à Berlin, en passant par Taizé.

Visionner ici l’extrait de lancement du film.

Sur les traces de l’animal mystère – week-end pour les enfants d’âge 3H-8H

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Télécharger ici le papillon d’invitation en format pdf

 

Painting Luther – Théâtre par la Compagnie La Marelle

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Painting Luther

Lien vers le site web de la Compagnie La Marelle
Vendredi 29 septembre 2017, 20h, Grande Salle de Couvet

Giulietta est une peintre dont la carrière n’a jamais véritablement décollé. Elle vit en copiant les grandes œuvres des peintres italiens.

Un jour, elle reçoit une demande originale d’un pasteur : copier le fameux tableau de Cranach représentant Martin Luther.  Elle se met au travail.

Tout se déroule normalement, jusqu’au moment où son Martin Luther « sort » du tableau… très énervé. Il explique alors à Giulietta que la Réforme est plus à vivre qu’à célébrer, plus à réinventer qu’à répéter et que bien avant d’être une époque de l’histoire, c’est un état d’esprit