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Quel visage voulons-nous être pour l’autre? – prédication du Dimanche du Réfugié, 16 juin 2018

Culte du 16 juin 2018, Môtiers 17h30

Participation de Luc Genin, aumônier Req’EREN et des bénévoles Req’EREN

Prédication de Patrick Schlüter

Lecture de la Bible :

Pour télécharger le texte de la prédication en pdf, cliquer ici

Prédication sur : Quel visage voulons-nous être pour l’autre ? 

Note : cette prédication est adaptée librement de la prédication proposée dans le dossier du dimanche des Réfugiés 2018 : https://www.eper.ch/sites/default/files/documents/2018-04/culte_cle-en-main-2018.pdf

L’Egypte. Quand je vous dis ce mot, sans doute avez-vous de nombreuses images qui viennent à l’Esprit. Des images peut-être contradictoires : de la splendeur des pyramides aux défis actuels ce pays.

Dans la Bible aussi, l’Egypte suscite de nombreuses images contradictoires. C’est unpays riche, puissant et influent pendant de nombreux siècles,  un pays admiré pour sa culture, ses découvertes et pour ses connaissances. Un pays à la terre très fertile, grâce au delta du Nil.

Dans la Bible, l’image qui domine sans doute est celle de la sortie d’Egypte : les Egyptiens sont alors les ennemis. Les Israélites ont été oppressés en Egypte.. L’histoire de leur libération avec Moïse est célébrée avec la fête de la Pâque juive, une fête qui pour les chrétiens est devenue la fête de Pâques, passage de la mort à la vie.

Mais l’Egypte porte aussi dans la Bible d’autres images. C’est le cas dans les 2 textes que nous avons entendus : l’Egypte y est le lieu du refuge pour Joseph, fils de Jacob, et un autre Joseph qui s’y rend avec Marie et Jésus.

Plusieurs images pour un même pays dans une même Bible sur la même question de notre rapport à l’étranger et aux réfugiés. Cela peut nous interroger : sur notre pays, la Suisse, sur nos paroisses, sur nous-mêmes. Pour ce culte du Dimanche des réfugiés, laissons-nous interroger par ces récits qui nous racontent l’accueil de l’Egypte, un accueil qui se fait et permet plus de vie pour tous, même à travers les difficultés.

Vous connaissez sans doute l’histoire de Joseph : cet enfant doué, le préféré de son papa Jacob parmi ses nombreux enfants. Le papa lui offre une tunique princière. Joseph s’en vante auprès de ses frères en interprétant l’un des rêves : c’’était l’un de ses dons.

Alors voilà, quand l’occasion se présente, ses frères jettent Joseph dans une fosse avant de le vendre à des marchands ismaélites et de faire croire à sa mort.

Joseph est vendu en Egypte à Potifar : eunuque du Pharaon, grand sommelier, autrement dit un haut fonctionnaire égyptien. Joseph âgé de 17 ans arrive dans un autre pays où il ne connait personne et où personne ne le connait. Il est revendu à un homme haut placé et assez rapidement sa situation s’améliore. Il n’a plus à craindre ses frères, il n’est plus en danger de mort. En Egypte auprès de Potifar, Joseph a trouvé son refuge.

Pour Joseph, les événements semblent s’enchaîner rapidement : Potifar reconnait que le jeune homme a du succès dans ce qu’il entreprend et lui donne plus de responsabilités. L’accueil et la bonne intégration dans un pays, passe par la reconnaissance des talents et des dons de chacun. Ce bon accueil accélère son intégration, même s’il aura quelques problèmes avec la femme de son maître. L’histoire de Joseph sera parsemée de difficultés, mais elle créera plus de vie pour les Egyptiens, pour lui-même et pour sa famille qu’il va retrouver. Ensemble, ils survivront à la famine.

L’histoire de Joseph, c’est aussi celle de nombreuses personnes au cours de l’histoire. Souvenons-nous par exemple des 10’000 à 20’000 protestants qui ont trouvé refuge en Suisse au XVIe et XVIIe siècles. Au-delà des difficultés et des réactions négatives aussi à l’époque, notre pays a profité des compétences de ces personnes venues de l’étranger Notre pays ne se porterait pas aussi bien aujourd’hui sans l’apport des personnes venues de l’étranger.

Accueillir, c’est reconnaître les dons de l’autre comme le fait Potifar avec Joseph. Selon une statistique fédérale, les réfugiés vivent en moyenne plus de 17 ans dans des situations précaires avant de trouver une solution durable. Il y a à la fois, un encouragement et une interpellation dans ce constat. L’encouragement, c’est que des solutions se trouvent au-delà des difficultés. L’interpellation, c’est la durée du temps nécessaire : 17 ans, c’est trop long !

L’Egypte a plusieurs visages dans la Bible face à l’accueil de l’étranger et cela peut nous interroger le visage que nous voulons être pour l’autre. Pour nous en tant que paroisse, en tant qu’Eglise c’est un encouragement à entrer en contact, à aller à la rencontre de celui ou celle qui se réfugie chez nous. L’accueil, la rencontre et l’échange permettent de découvrir et de mettre en avant les dons de chacune et chacun. Il s’agit de comprendre cette personne non seulement comme quelqu’un à protéger, mais comme quelqu’un qui a du talent et des ressources. C’est ce qui se vit dans les contacts vécu dans le cadre de Req’EREN et au-delà avec les liens qui se sont tissés. C’est ce qui se vivra ce soir avec le repas érythréen qui nous est proposé. Nous pouvons recevoir de l’autre dans le partage. On ne sait jamais ce qui peut sortir de l’accueil. Il permet d’ouvrir l’avenir.

La parenthèse en Egypte a permis à des histoires de continuer. Jésus ayant la vie sauve, pourra retourner sur sa terre natale pour vivre son ministère. Si nous sommes réunis ici au nom du Christ, c’est aussi parce que la famille de Jésus a trouvé un refuge, un pays qui les a accueillis.

Accueillir, c’est offrir un avenir ! Cela ouvre aussi à la bénédiction de Dieu. L’action de Dieu n’est pas très visible dans le récit de Joseph. Dans le bref passage que nous avons lu, il est dit de Dieu qu’il est avec Joseph et qu’il fait réussir tout ce qu’il entreprend. Potifar reconnait ce succès et donne à Joseph de plus en plus de responsabilités, ce qui lui vaut la bénédiction de Dieu: « Le Seigneur bénit la maison de l’Egyptien». Il est surprenant pour cette époque que Dieu bénisse, agisse en dehors de son peuple, en dehors d’Israël. En réponse à l’accueil offert à Joseph, « la bénédiction de Dieu est sur tout ce qui appartient à Potifar, à la maison, comme aux champs ». L’arrivée de Joseph est une bénédiction pour l’Egypte.

Notre pays a aussi toujours été gagnant en accueillant des réfugiés. Même si l’intégration est restée un défi , le temps a montré un développement positif.

L’Egypte a plusieurs visages dans la Bible face à l’accueil de l’étranger. Par les textes entendus, nous sommes invités ce soir à choisir la voie de la confiance et de la rencontre. Cela vaut pour notre pays, pour nos Eglises et pour nous-mêmes.

S’ouvrir à l’autre, à celui qui est dans le besoin et ne pas le comprendre comme un problème. L’étrangère / l’étranger est une personne riche de talents et de dons qu’il faut chercher à mettre en avant. Pour qu’ici ou de retour dans son pays, il ou elle puisse permettre à la vie de continuer, de reprendre son cours.

Par les histoires que nous avons entendues, nous savons aussi que l’accueil et la rencontre posent des défis. Nous savons aussi qu’il y a des temps d’arrêt, comme les bénévoles de Req’EREN l’exprimeront en parlant de la fermeture du centre de requérants de Couvet.

Quand nous faisons le choix de la vie au lieu du rejet, quand nous faisons le choix de l’ouverture au lieu de la fermeture, Dieu peut écrire son histoire au travers de nos histoires.

Alors comme l’Egypte, si nous ouvrons nos portes et nos cœurs peut-être que ce verset d’Hébreux deviendra réalité́ pour nous :

Il dit : N’oubliez pas l’hospitalité́, car, grâce à elle, certains, sans le savoir, ont accueilli des anges. (Hébreux 13,2)

Que nous puissions dans les temps qui viennent devenir un peu plus l’Egypte des Joseph’s, que ce soit à titre individuel, communautaire ou même politique.

Que nos portes s’ouvrent pour avoir l’occasion d’accueillir des anges.

Amen

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La famille de Jésus fuit en Egypte-Matthieu 2, 13-15

1ère lecture du culte du 16 juin 2018

Quand les savants furent partis, un ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve et lui dit : « Debout, prends avec toi l’enfant et sa mère et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à ce que je te dise de revenir. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire mourir. » Joseph se leva donc, prit avec lui l’enfant et sa mère, en pleine nuit, et se réfugia en Égypte. Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode. Cela arriva afin que se réalise ce que le Seigneur avait dit par le prophète : « J’ai appelé mon fils à sortir d’Égypte. »

Matthieu 2, 13-15, La Bible en français courant

Joseph accueilli en Egypte-Genèse 39, 1-6

2ème lecture du culte du 16 juin 2018

Les Ismaélites qui avaient emmené Joseph en Égypte le vendirent à un Égyptien nommé Potifar. Ce Potifar était l’homme de confiance du Pharaon et le chef de la garde royale. Le Seigneur était avec Joseph, si bien que tout lui réussissait. Joseph vint habiter la maison même de son maître égyptien. Celui-ci se rendit compte que le Seigneur était avec Joseph et faisait réussir tout ce qu’il entreprenait. Potifar fut si content de lui qu’il le prit à son service particulier ; il lui confia l’administration de sa maison et de tous ses biens. Dès lors, à cause de Joseph, le Seigneur fit prospérer les affaires de l’Égyptien ; cette prospérité s’étendit à tous ses biens, dans sa maison comme dans ses champs. C’est pourquoi Potifar remit tout ce qu’il possédait aux soins de Joseph et ne s’occupa plus de rien, excepté de sa propre nourriture.

Genèse 39, 1-6, La Bible en français courant

En avant, arche! Prédication du 7 juillet 2018

Culte présidé par René Perret à Môtiers

2ème culte de la série d’été consacrée aux engagements œcuméniques prononcés en août 2017 à Chézard-St-Martin.

4ème engagement : «Nous, chrétiens et citoyens du canton de Neuchâtel, nous voulons nous engager pour le bien de la cité. Nous voulons collaborer plus étroitement dans nos actions diaconales, dans la solidarité partagée, notamment en faveur des migrants».

Humour anglais par rapport à la lecture de Genèse 6 et 7 (Noé):

Nooo... aaaah!

Textes du culte  en pdf

1ère lecture : Genèse 6,5-12, 7,1-16 (extraits)

Le SEIGNEUR voit que sur la terre, les êtres humains sont de plus en plus méchants. Et toute la journée, dans leur cœur, ils ne pensent qu’à faire le mal. Le SEIGNEUR regrette d’avoir fait les humains sur la terre, et son cœur est rempli de tristesse. Il se dit : « Je vais faire disparaître de la terre les humains que j’ai créés, les grands animaux, les petites bêtes, et même les oiseaux. Vraiment, je regrette de les avoir faits. ». Mais le SEIGNEUR se montre bon pour Noé. Noé est le père de trois fils : Sem, Cham et Japhet. Parmi les hommes de son époque, Noé est un homme juste, il fait ce qui plaît à Dieu. Il suit le chemin de Dieu. Le SEIGNEUR dit à Noé : « Entre dans le bateau avec ta famille. En effet, je le vois : tu es le seul juste parmi les hommes de ton époque. Parmi les animaux purs, prends sept couples de chaque espèce, un mâle et sa femelle. Parmi les animaux impurs, prends un couple de chaque espèce, un mâle et sa femelle. Pour les oiseaux, prends aussi sept couples de chaque espèce, un mâle et sa femelle. Ainsi, on conservera leur race sur toute la terre. Dans sept jours, je vais faire tomber la pluie pendant 40 jours et 40 nuits. Je vais faire disparaître de la terre tous les êtres que j’ai faits. » Noé fait tout ce que le SEIGNEUR lui a commandé. Noé a 600 ans quand la grande inondation arrive sur la terre. Il entre dans le bateau avec ses fils, sa femme et les femmes de ses fils, pour fuir l’inondation. Les animaux purs, les animaux impurs, les oiseaux et toutes les bêtes qui remuent sur le sol, tous viennent auprès de Noé dans le bateau. Ils sont deux par deux, mâle et femelle, comme Dieu l’a commandé à Noé. Puis le SEIGNEUR ferme la porte derrière Noé.     L’année où Noé a 600 ans, le deuxième mois, le 17 du mois, toutes les sources de l’océan immense situé sous la terre jaillissent, et les fenêtres du ciel s’ouvrent toutes grandes. La pluie tombe sur la terre pendant 40 jours et 40 nuits.

2ème lecture : Evangile selon Marc 6,1-6

Jésus revient à Nazareth, la ville où il a grandi. Ses disciples l’accompagnent. Le jour du sabbat, il se met à enseigner dans la maison de prière. Il y a beaucoup de gens. En l’écoutant, ils sont très étonnés et ils disent : « Qui lui a appris tout cela ? Cette sagesse qu’il a reçue, qu’est-ce que c’est ? Et ces miracles qu’il fait, comment les fait-il ? Pourtant, c’est bien le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon, et ses sœurs vivent ici chez nous ! » Cela empêche les gens de Nazareth de croire en Jésus. Alors Jésus leur dit : « Un prophète est respecté partout, sauf dans sa ville, dans sa famille et dans sa maison. » Jésus ne peut faire aucun miracle à Nazareth. Pourtant, il guérit quelques malades en posant les mains sur leur tête. Et il s’étonne parce que les gens ne croient pas. Ensuite, Jésus va enseigner dans tous les villages qui sont autour de Nazareth.

Prédication

Cet engagement, nous l’avons pris en août dernier lors d’une célébration œcuménique cantonale à Saint-Martin. Et qui dit engagement dit suite à donner à ces paroles fortes par des actions concrètes.    C’est cet engagement dont nous allons parler à la lumière des deux textes que nous avons lu et qui nous présentent deux hommes attelés à la tâche que Dieu leur a confié : Noé et Jésus.

Mais je commence par un témoignage : j’ai vécu ma jeunesse à l’époque de la Guerre froide et de la grande peur atomique. À l’armée comme dans nos foyers, nous imaginions avec terreur les Rouges de l’URSS nous envahir. Et moi qui n’y connais rien à la politique, j’ai eu un jour cette pensée : et si c’était plutôt les pauvres du monde qui viendront nous envahir, poussés par leur misère vers nos richesses ? Cette pensée ne m’a pas quittée et elle me fait voir, dans le flux migratoire qui s’est mis en marche plus fortement ces dernières années, comme une conséquence logique de la vie du monde : quand rester chez soi signifie vivre de rien et en mourir, quelle autre solution reste-t-il aux plus volontaires que de chercher ailleurs de quoi vivre mieux ? Est-ce que je ne ferais pas pareil, si ici la vie ne me permettait pas de me nourrir, d’être libre et digne, de gagner mon pain et mon logis ? Qui de nous se résoudrait à rester, à mendier, à perdre des forces et des proches ?

Prenons Noé. Homme juste selon Dieu, et d’un grand âge – synonyme de sagesse et de santé bénie, le voilà prié de construire un grand bateau en plein désert. Pour sauver l’humanité et les vivants, Dieu a choisi ce moyen et cet homme. Pour reprendre les termes de notre engagement œcuménique, Noé s’engage pour le bien de la cité (ici tous les vivants), à une action précise et réaliste : un bâtiment qui tiendra au-delà du déluge à venir. La solidarité est partagée envers les humains – la famille de Noé – et tous les animaux, dont un couple de chaque espèce monte à bord.

Précisons : en auditeurs attentifs, vous avez remarqué deux choses :

Premièrement : dans l’extrait que nous avons lu, il manque la construction du bateau. Merci de l’avoir reconstituée par votre imagination !

Deuxièmement : on parle à la fois de 7 paires d’animaux purs, mais aussi à la fin d’une paire d’animaux, purs ou impurs. C’est le signe que deux traditions orales se sont mêlées dans l’écriture de ce récit. Cette histoire vaudrait bien une pleine soirée d’étude biblique, mais j’ai déjà dit cela souvent ! Encore un engagement à finir par tenir ?! À un moment précis de sa vie, Noé obéit à la volonté de Dieu, qui est de sauver l’humanité et la vie – certes au travers d’une catastrophe immense. Il lui faut du courage et de la force pour réaliser l’appel de Dieu, certainement au milieu de moqueries et de critiques de ses contemporains.

Prenons maintenant Jésus. Déclaré à son baptême par Dieu comme son Fils bien-aimé, Jésus exerce depuis peu comme porteur d’une Parole qui guérit l’esprit, l’âme et le corps. Bien des gens ont déjà été retournés dans leur façon de vivre ; d’autres ont été relevé physiquement, d’autres pardonnés. Et ses paraboles sont des graines de vie pour qui les écoute avec le cœur. Ici, il est revenu dans le village de son enfance. Et ceux qui l’ont connu « tout petit déjà », qui connaisse sa famille, ceux-là n’arrivent pas à lui accorder leur foi. « Nul n’est prophète en son pays ! » Ce n’est pas écrit qu’ici ; c’est une constante de notre histoire personnelle et communautaire. Quand quelqu’un a une idée qui dépasse notre entendement ; quand quelqu’un ose une parole nouvelle, inattendue et qui nous pousse à nous situer, surgit rapidement la méfiance tapie au fond de nos entrailles : « Mais pour qui il ou elle se prend pour nous dire ça ? Pour nous demander ça ? Pour nous critiquer comme ça ? » Alors nous nous empressons de le faire taire par nos critiques : il n’est pas des nôtres ; c’est un gauchiste, un écolo ou un UDC ; c’est un marginal, un faux prophète, un idéaliste. Jésus ne put faire aucun miracle à Nazareth. Jésus ne peut rien faire avec notre fermeture de cœur, d’esprit, avec nos œillères. Lui qui peut et veut le Royaume de Dieu sur terre, qui y mit toute son énergie, sa volonté et jusqu’à son dernier souffle, il est impuissant contre ceux qui le refusent, et contre nous qui parfois refusons sa volonté quand elle ne correspond pas à la nôtre.

Il nous reste ces questions, surgies de notre engagement œcuménique et des deux hommes qui habitent notre méditation :

Voulons-nous le bien de la cité (village, commune, canton, pays, notre Terre) ? Si oui, nos forces et nos idées sont sollicitées par Dieu lui-même, qui « a tant aimé le monde » et qui continue à l’aimer totalement.

Voulons-nous collaborer plus étroitement dans ce que nous faisons en faveur des plus pauvres d’entre nous, des isolés par la maladie, l’âge et l’épreuve ; et notamment en faveur des migrants, qu’ils soient d’aujourd’hui, d’hier et de demain ? Si oui, comment faire ?

Je vois ces propositions comme autant de talents qui nous sont confiés par Dieu (clin d’œil à la paraboles des talents) :

1er talent : prions, chacune et chacun, pour demander à Dieu de nous préciser sa volonté dans ce domaine. Il peut ouvrir les yeux de notre cœur sur des situations que nous ne percevons pas encore ;

2ème talent : prier ensemble pour que l’Esprit souffle sur notre conscience communautaire et lui redonne un élan vivant, des envies qui nous poussent ensemble en avant.

3ème talent : chercher entre nos Eglises comment collaborer plus étroitement et concrètement dans ces domaines. Autrement, cet engagement reste une « belle parole », une lettre morte. Pour cela, peut-être se mettre à quelques-uns pour « secouer le coco » de nos Eglises dans ce canton. Au risque de trouver une démarche qui nous fasse tous bouger.

Sans notre foi, Jésus est impuissant, hier comme aujourd’hui. À nous de nous offrir à lui ! Sans notre obéissance quand la volonté de Dieu se manifeste, rien ne bouge et le déluge arrive. C’est pourquoi je tire de l’attitude de Noé ce mot d’ordre pour nous : « Pour le bien et la survie de la cité, en avant ! arche ! »  Amen.

 

Prier, ensemble

Texte biblique : Mc 5,21-43

Engagement œcuménique : 

Nous, chrétiens du canton de Neuchâtel, nous voulons créer des occasions de prier ensemble : en nous rendant visite mutuellement dans nos lieux de prière, ou en rejoignant les prières communes existantes dans le canton.

(Chézard-St-Martin, 20 août 2017)

Prédication de Julie Paik (télécharger le texte au format pdf)

Enfin, aujourd’hui, le soleil brille et la bise est tombée ! C’est l’occasion, peut-être, d’aller profiter du jardin, si vous en avez un. Moi, j’en ai un. Mais je dois dire que cette année, il n’est pas très accueillant. La pelouse est tondue, grâce à mon mari, mais le potager est une jungle qui, faute de temps, a échappé à notre contrôle – d’ailleurs, certains habitants du village ne manquent pas de nous le faire remarquer. Les fleurs qui poussent sont des fleurs sauvages, semées par le vent et les oiseaux plutôt que par les jardiniers. La seule vraie plate-bande, une plate-bande de lavande, est envahie de liserons. Bref, cette année, je ne suis pas très fière de mon jardin.

Mais parfois, je me prends à rêver et je me dis que, si j’avais le temps – l’année prochaine peut-être ? – mon jardin ressemblerait à un jardin à l’anglaise. Il y aurait un peu de tout, du fouillis, de la couleur et de la fantaisie, des espèces très différentes qui se côtoieraient, et peut-être même des plants de tomate au milieu des lavandes ; il paraît que ça éloigne les parasites. Je trouve ça très joli, les jardins à l’anglaise.

Peut-être que je trouve ça si joli parce c’est pour moi une belle image de la richesse de la diversité, une belle image, en particulier, de la diversité de nos Eglises chrétiennes, où il y a de toutes les formes, de toutes les couleurs et pour tous les goûts.

On y trouve des bâtiments qui vont de la splendeur de la cathédrale de Chartres, avec son labyrinthe, sa dentelle de pierre gothique, ses vitraux, son orgue majestueux, jusqu’à cette minuscule église protestante où mon mari et moi étions entrés, sur une toute petite île qui fait partie de l’un des nombreux archipels éparpillés au large de la Corée du Sud : une table, un pupitre, quelques bancs, un ventilateur.

On y trouve des homélies, des sermons, des prédications de toutes les tailles : pour reprendre l’expression d’un ami, ancien évêque luthérien, il y a tout ce qu’on veut depuis l’homélie catholique romaine de 5 minutes jusqu’à l’enseignement évangélique qui dure au minimum une demi-heure (je vous promets de faire plus court ce matin).

On y trouve des gens qui lisent la Bible chaque jour, des gens qui prient le rosaire et demandent l’intercession des saints, des gens qui jeûnent, des gens qui festoient, des gens qui fêtent Pâques à une date différente de la nôtre, des gens qui célèbrent le culte le samedi, des gens qui font des retraites en silence et des gens qui vont à des célébrations rock, des gens qui parlent beaucoup de leur foi et des gens qui n’en parlent jamais, des gens qui vont à l’église et des gens qui n’y mettent pas les pieds, des gens qui fument et boivent et des gens qui s’abstiennent, des gens qui font un peu de tout ça et des gens qui ne font rien de tout ça.

Mais pour tous ces gens – orthodoxes, catholiques romains, catholiques chrétiens, luthériens, anglicans, presbytériens, évangéliques, réformés – pour vous et pour moi, il existe un point commun qui surpasse toutes les différences : le Christ.

Le Christ, qui, dans l’Evangile d’aujourd’hui, est aussi présent pour deux personnes qui viennent à lui de manières très diverses.

Voici tout d’abord Jaïre, le chef de la synagogue – quelque chose comme le président du conseil de paroisse chez nous aujourd’hui. Il est au bord du désespoir : sa petite fille est mourante. Il vient supplier Jésus de lui imposer les mains, et ce geste suggère qu’il le voit sans doute comme un prophète, en tous cas comme l’un de ces personnages de l’Ancien Testament qui ont une proximité particulière avec Dieu et sur qui repose quelque chose de sa puissance de vie, quelque chose de sa capacité à insuffler la vie comme il l’a insufflée aux premiers humains. Dans Jésus, il reconnaît quelque chose du Dieu en qui il croit et qu’il sert.

Et puis il y a cette femme, qui s’est ruinée en traitements inutiles pour un problème de santé qui ne menace pas sa vie mais qui, selon la loi juive, la rend perpétuellement impure et l’exclut donc de la société. Elle, elle voit peut-être plutôt en Jésus un guérisseur, un médecin pour les pauvres qui n’ont pas les moyens de consulter un vrai professionnel. Elle semble croire en un pouvoir magique qui émane de lui ; en tous cas, elle ne lui demande rien, elle est convaincue qu’il suffira de le toucher pour être guérie – et même de toucher simplement un petit bout de son vêtement.

Et ce qui me frappe dans cet évangile, c’est que Jésus répond avec autant de sérieux et d’attention à l’un qu’à l’autre. Peu importe de quelle manière on l’approche, par-devant avec une demande claire et bien formulée, ou par-derrière, en catimini, sans bien savoir ce que l’on attend exactement : il accueille, il répond, il rend à la vie.

J’ai même envie de faire un pas de plus : quelle que soit la manière dont on se tourne vers le Christ, la prière tisse des liens mystérieux entre ceux qui prient. C’est peut-être le sens de cette précision intrigante que fait Marc dans notre récit : la petite fille de Jaïre a douze ans, la femme est malade depuis douze ans, comme si leurs destins, à travers la prière adressée à Jésus, étaient liés d’une manière qui nous échappe.

Pour finir, j’aimerais partager une anecdote : il y a une dizaine d’années, quand j’étais en dernière année de théologie, un professeur nous a emmenés à la rencontre des séminaristes d’Ecône, cet institut de théologie catholique traditionnaliste installé en Valais. Difficile d’imaginer une plus grande différence dans l’approche de la foi chrétienne qu’entre les séminaristes du lieu et nous, les étudiants protestants ! Tout intimidés, nous sommes entrés dans une salle où nous attendaient une rangée de jeunes gens en soutane noire, chez qui la méfiance était palpable. Nous n’étions pas beaucoup plus à notre aise. Après un échange assez fermé, le directeur de l’institut a mis un terme à la rencontre : c’était l’heure pour les séminaristes d’aller prier le rosaire. « Eh bien, nous allons prier avec vous », a répondu notre professeur. Lorsque nous avons quitté la chapelle après la prière, l’ambiance était totalement changée. En priant ensemble, nous nous étions reconnus les uns les autres comme frères et sœurs en Christ. La prière partagée avait fait fondre la glace là où la discussion était restée impuissante. Elle nous avait fait cheminer ensemble à un point que ni eux, ni nous n’aurions cru possible.

Alors, j’aimerais nous inviter à prendre au sérieux cet engagement œcuménique à la prière partagée qui nous est rappelé aujourd’hui. Je crois profondément que, pour avancer vers l’unité des chrétiens, il n’y a pas de meilleur moyen que de se tourner ensemble vers Celui qui accueille toutes nos prières, quelle que soit la manière dont nous les lui adressons. Car dans le grand jardin des Eglises chrétiennes, s’il y a de multiples jardiniers pour planter et arroser, c’est Dieu seul qui fait croître.

 

Amen.

Eté oecuménique dans les cultes de la paroisse réformée du Val-de-Travers

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Cet intitulé demande immédiatement un petit clin d’oeil: la paroisse réformée du Val-de-Travers prétend-elle à l’oecuménisme toute seule? Certainement pas!

Dans une série thématique durant les cultes du mois de juillet, la paroisse reviendra sur les engagements oecuméniques, à relire ou à découvrir grâce à ce lien, prononcés en août 2017 par l’Eglise réformée évangélique, l’Eglise catholique romaine, l’Eglise catholique chrétienne, la Fédération des Eglises évangéliques, l’Eglise orthodoxe et l’Eglise anglicane réunies à l’initiative des communautés Don Camillo de Montmirail et des soeurs de Grandchamp pour une célébration à Chézard-St-Martin. Lien pour accéder à l’émission Passerelles consacrée à la célébration du 20 août 2017.

La paroisse sera en lien de pensée et de prière avec les Eglises du canton de Neuchâtel et d’ailleurs en méditant le sens de ces engagements dans le cadre de son témoignage chrétien.

Voici, par les titres attribués, comment les membres du colloque du val-de-Travers ont commencé d’évoquer ces engagements:
– Prier ensemble et pour les autres, avec Julie Paik, 1 juillet – Les Verrières – 10h
– S’engager dans une action sociale, avec René Perret, 7 juillet – Môtiers – 17h30, avec Séverine Schlüter, 8 juillet – Couvet – 10h culte avec les jeunes musiciens du Festival de musique
– Être ouverts et se connaître davantage, avec David Allisson, 14 juillet – Môtiers 17h30 et 15 juillet – Fleurier – 10h
– Se référer au témoignage biblique, avec Patrick Schlüter, 21 juillet – Môtiers 17h30 et 22 juillet – Travers – 10h
– Reconnaître une mission commune, avec René Perret, 28 juillet – Môtiers 17h30 et 29 juillet – Buttes – 10h

Au plaisir de vous rencontre lors de ces cultes!

 

Journée de reconnaissance des bénévoles de l’EREN

20180322 Journée reconnaissance bénévoles1

Lien pour accéder au papillon et programme en format pdf

Participez à la journée de reconnaissance des bénévoles de l’EREN

Samedi 25 août 2018, 10h, La Rouvraie Bevaix

  • 10h accueil café-croissant
  • 10h30 spectacle humoristique de Benjamin Cuche
  • 12h apéritif maison suivi d’un repas convivial
  • 14h animations
  • 15h fin du programme

Annoncez-vous à votre paroisse ou à communication[at]eren.ch