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Respect et tolérance – prédication de David Allisson 3 novembre 2019

Dimanche de la Réformation

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Lecture de la Bible

Romains 14,1-12
Marc 16,1-11

Prédication de David Allisson 

Le jeune homme à robe blanche qui se trouvait là dit aux deux femmes : « Ne soyez pas effrayées ; vous cherchez Jésus de Nazareth, celui qu’on a cloué sur la croix ; il est revenu de la mort à la vie, il n’est pas ici. Regardez, voici l’endroit où on l’avait déposé. Allez maintenant dire à ses disciples, y compris à Pierre : « Il va vous attendre en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit. » »

L’Église est dans la même situation que les disciples.

Après des temps forts avec Jésus qui ont fait sentir très intensément la proximité de Dieu, voilà que Jésus a été crucifié. Il est mort lamentablement et voilà les disciples en deuil.

Cherchant le mort, les femmes ne trouvent qu’un tombeau vide et un messager qui leur affirme que Jésus est vivant et qu’elles vont le retrouver sur leur chemin. Elles doivent passer le mot aux autres disciples.

Les disciples reçoivent un rendez-vous. Nous recevons un rendez-vous. Jésus est vivant. Il est ressuscité. Il va nous attendre en Galilée.

La Galilée, c’est notre lieu d’origine et le lieu où nous avons déjà vécu des choses très fortes avec Jésus. Ce n’est pas un lieu totalement inconnu. Ce qui s’est déjà passé a de la valeur. Par contre, la vie de Dieu, la vie du Christ ressuscité, c’est quelque chose de totalement nouveau, à redécouvrir. Nous ne reconnaîtrons pas complétement la Galilée que nous avons déjà parcourue avec Jésus.

Il est possible de vivre d’autres choses. Il est possible d’exprimer sa foi autrement.

Dans l’Épître aux Romains, Paul fait appel à une attitude ouverte. « Accueillez le prochain qui croit autrement que vous et ne le critiquez pas. » De ce premier enseignement dépend le reste.

Il s’agit ici de respect et de tolérance même si Paul n’utilise pas explicitement ces deux expressions : respecter l’autre dans sa manière de pratiquer la foi, tolérer celles et ceux qui vivent leur foi autrement. Respecter et tolérer l’autre, c’est facile à dire, mais si difficile à pratiquer. Bien qu’on puisse penser que la foi devrait engendrer le respect et la tolérance, c’est souvent le contraire qui se produit chez les croyants : ce qui est bon pour moi sera aussi bon pour les autres et c’est ce que je vais chercher à imposer.

Le respect et la tolérance font fréquemment défaut et ceci déjà à l’époque des premières communautés que Paul interpelle.

Pourquoi ? Pourquoi ce besoin de certains croyants de déclarer leur manière de croire comme étant la seule référence ? Est-ce seulement une question de pouvoir ? Il y a de cela ; celui qui décide de la bonne façon de croire se retrouve en une position de pouvoir. Je pense pourtant que ce n’est pas la seule et unique raison pour laquelle des croyants ont du mal à respecter et à tolérer celles et ceux qui croient autrement. A mon avis, un élément important se trouve dans le fait que la foi, la confiance en Dieu se localisent en premier en nous, dans notre cœur, dans notre pensée. La foi étant avant tout quelque chose d’invisible, chaque croyant a le besoin de se chercher des formes visibles pour montrer, affirmer, extérioriser sa foi.

Les pratiques religieuses, le culte commun, la vie de paroisse, la lecture commune de la Bible – ce sont des formes extérieures et visibles de la foi, des formes qui permettent à notre foi intérieure de s’affirmer, de devenir visible, compréhensible, saisissable. Le problème que posent ces différentes formes visibles de la foi apparaît quand la diversité des formes n’est pas vécue comme un enrichissement, mais plutôt comme une menace, une remise en question radicale. C’est comme si lorsque quelqu’un affirme sa foi autrement que moi, alors ce n’est pas seulement la forme, l’affirmation qui diffère mais certainement aussi la foi elle-même. On déduit que s’il y a différence extérieure, il doit aussi y avoir différence intérieure. Paul cherche un autre chemin. Selon lui, les différentes formes extérieures sous lesquelles la foi s’affirme ne nous donnent pas le droit de juger de la qualité ou de la quantité intérieure de la foi de l’autre.

Regardons donc le texte de plus près. Paul fait allusion à un conflit qui a dû se produire dans la communauté de Rome. Il s’agissait de savoir si une vie plus ou moins ascétique était indiquée pour les croyants. Cette ascèse se montrait spécialement en deux points : dans des règles alimentaires et dans le respect de certains jours de jeûne durant lesquels ces règles alimentaires devaient être appliquées encore plus strictement. Le conflit s’est produit parce que certains croyants prétendaient qu’il n’était pas indiqué pour un chrétien de manger de la viande. Il aurait dû vivre une ascèse totale ou au moins respecter des jours d’abstention de viande. D’autres prétendaient au contraire qu’un chrétien était totalement libre de manger ce qu’il voulait et de le manger quand il le voulait.

Dans les deux cas, la pratique était une affirmation de la foi personnelle : pour l’un, s’abstenir de viande signifiait respecter Dieu et marquait le changement total que la conversion à la foi chrétienne avait provoqué par rapport à sa vie antérieure. Pour les autres, cette conversion avait un effet tout à fait différent, car grâce à elle, ils découvraient la liberté par la foi. Cette liberté leur permettait de ne pas respecter les règles alimentaires et les journées de jeûne. Il est intéressant que Paul ne prenne pas position dans ce conflit, ce qu’il fait facilement à d’autres occasions, mais qu’il exhorte les deux partis au respect et à la tolérance. Pour l’Apôtre, ce respect et cette tolérance ne se vivent pas dans l’idée d’un laisser faire quelconque. Paul suit un autre but qui invite à l’accueil mutuel : dans notre passage, il rappelle aux deux partis de ne pas se perdre dans des détails, mais de revenir à l’essentiel.

Quel est l’élément essentiel que les croyants devraient retrouver selon Paul ? Tout simplement la foi ! La foi en Christ est essentielle car elle subsiste au-delà de tout conflit, au-delà de toute pratique extérieure qui pourrait séparer les croyants.

Paul dit ainsi aux chrétiens de Rome : « Il n’est pas important de savoir quelle pratique religieuse vous suivez. Ce qui importe, c’est que vous vous attachiez corps et âme au Seigneur ; autrement dit : que votre foi personnelle en Christ soit sincère et profonde. Si vous croyez en la profondeur et en la sincérité de votre foi et si vous croyez qu’il en va de même pour vos frères et sœurs, vous surmonterez les tensions extérieures car votre dialogue sera porté par le respect, par la tolérance et par la confiance. »

Pour souligner cette idée, Paul mentionne en particulier deux éléments qui peuvent conduire les croyants à cette attitude de respect et de tolérance :

Premier élément : tout croyant est d’abord le serviteur de Dieu.

Nous ne sommes pas les maîtres de nos frères ou de nos sœurs – nous sommes toutes et tous égaux vis-à-vis de Dieu car nous sommes ses serviteurs et lui, il est le maître. Paul dit par conséquent qu’un serviteur n’a jamais le droit de se prendre pour le maître.

Ainsi, ce n’est pas à nous de décider sur le sens d’une pratique religieuse ; ce n’est pas à nous de savoir si cette pratique est importante ou pas. Chaque pratique qui est soumise à la volonté de Dieu, qui est comprise comme étant au service de Dieu exige respect et tolérance.

Deuxième élément : c’est la pratique de la prière qui nous unit.

Ceci est très important : Paul dit que peu importe la pratique du croyant si elle est soumise à Dieu dans la prière. C’est par la prière que nous nous soumettons à la volonté de Dieu, que nous cherchons à trouver la bonne direction de nos actes. Nous essayons ainsi de donner une valeur spirituelle à notre travail quotidien et à notre engagement. L’essentiel est de relier nos actes à Dieu dans la prière. C’est dans ce sens que Paul constate simplement : « Celui qui mange de tout le fait pour le Seigneur, en effet, il rend grâce à Dieu. Et celui qui ne mange pas de tout le fait pour le Seigneur, et il rend grâce à Dieu. » Rm 14,6

Cet enseignement sur l’importance de la prière peut aussi nous aider dans notre vie d’église, car grâce à la prière, nous sommes prêts à donner une valeur spirituelle à notre pratique et nous pourrons accepter celles et ceux qui font de même. L’essentiel est de mettre nos actions en relation avec Dieu. La prière ne fait rien d’autre que de chercher cette relation.

Ce dernier point nous conduit à la conclusion de notre passage : si la prière nous met en relation avec Dieu, c’est la recherche de relation personnelle avec lui qui est vraiment l’essentiel dans la vie d’un croyant et non pas une pratique extérieure.

Car ce qui importe pour Dieu n’est pas la réussite d’une belle pratique religieuse ou notre manière de nous conduire correctement dans la communauté ; selon Paul, l’essentiel de la foi c’est que dans la vie comme dans la mort, donc dans notre existence entière, nous soyons à Dieu, c’est-à-dire que nous soyons liés à lui en Christ, en relation avec lui du plus profond de nous-mêmes.

C’est finalement ce qui nous relie les uns aux autres au-delà de nos pratiques religieuses, au-delà des affirmations de notre foi. Nous sommes toutes et tous en relation avec Dieu, nous sommes toutes et tous entièrement à lui, dans la vie comme dans la mort. Cette unité est plus forte que nos différences ; elle nous incite à nous rencontrer dans le respect et dans la tolérance mutuelle.

Ne nous laissons pas séparer par ce que nous faisons différemment les uns ou les autres. Apprenons à reconnaître et apprécier le fait que nous sommes les uns et les autres animés par la foi en Christ ressuscité et que nous essayons, chacun à notre manière de vivre concrètement cette foi dans notre vie.

Ce qui importe, c’est que nous n’oubliions jamais l’essentiel : la foi qui relie fondamentalement chacun et chacun d’entre nous à Dieu. Cette foi commune fait qu’au-delà de toute différence, nous sommes et resterons l’Église, le corps vivant du Christ.

Amen.

Il vous rejoint chez vous – Marc 16,1-11

Texte lu au culte dimanche 3 novembre 2019 – fête de la Réformation

Quand le jour du sabbat fut passé, Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, et Salomé achetèrent des huiles parfumées pour aller embaumer le corps de Jésus. 

Le dimanche de grand matin, au lever du soleil, elles se rendent au tombeau. 

Elles se disaient l’une à l’autre : « Qui roulera pour nous la pierre à l’entrée du tombeau ? »  Mais quand elles lèvent les yeux, elles voient qu’on a déjà roulé la pierre, qui était très grande.  Elles entrèrent alors dans le tombeau ; elles virent là un jeune homme, assis à droite, qui portait un vêtement blanc, et elles furent effrayées. 

Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié ; il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé.Allez maintenant dire ceci à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.” » 

Elles sortirent alors et s’enfuirent du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et stupéfaites. Et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

Ressuscité le dimanche matin, Jésus apparut tout d’abord à Marie de Magdala, de laquelle il avait chassé sept démons. Elle alla l’annoncer à ceux qui avaient été avec lui. Ils étaient en deuil et pleuraient. Mais quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu, ils ne la crurent pas.

Marc 16,1-11 – Nouvelle français courant

Accueillez! – Romains 14,1-12

Texte lu au culte dimanche 3 novembre 2019 – fête de la Réformation

Accueillez la personne qui est faible dans la foi, sans critiquer ses opinions.

Par exemple, l’un croit pouvoir manger de tout, tandis que l’autre, qui est faible dans la foi, ne mange que des légumes. Que celui qui mange de tout ne méprise pas celui qui ne mange pas de viande, et que celui qui ne mange pas de viande ne juge pas celui qui mange de tout, car Dieu l’a accueilli lui aussi.

Qui es-tu pour juger le serviteur d’un autre ? Qu’il demeure ferme dans son service ou qu’il tombe, cela regarde son maître. Et il demeurera ferme, car le Seigneur a le pouvoir de le soutenir.

Pour une personne, certains jours ont plus d’importance que d’autres, tandis que pour une autre ils sont tous pareils. Que chacun soit bien convaincu de ce qu’il pense. Celui qui attribue de l’importance à un jour particulier le fait pour honorer le Seigneur ; celui qui mange de tout le fait également pour honorer le Seigneur, car il remercie Dieu pour son repas. La personne qui ne mange pas de tout le fait pour honorer le Seigneur et elle aussi remercie Dieu. En effet, aucun de nous ne vit pour soi-même et aucun ne meurt pour soi-même.

Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur. Car le Christ est mort et il est revenu à la vie pour être le Seigneur des morts et des vivants. 

Mais toi, pourquoi juges-tu ton frère ? Et toi, pourquoi méprises-tu ta sœur ? Nous aurons tous à nous présenter devant Dieu pour être jugés par lui. 

Car l’Écriture déclare :
« Moi, le Seigneur vivant, je l’affirme :
tous les humains se mettront à genoux devant moi,
et tous reconnaîtront Dieu publiquement. »

Ainsi, chacun de nous rendra compte à Dieu pour ses décisions.

Romains 14,1-12 – Nouvelle français courant

Eglise en route ! Dates annulées

Eh oui, voici une chose qui arrive et que fort heureusement, on ne peut pas commander… La météo n’étant pas favorable pour les dates prévues initialement, le projet est repoussé au :

vendredi 29 novembre 2019 et au samedi 30 novembre 2019

Nous espérons que vous serez présents pour ces moments de rencontres et de partages !

Bien cordialement à vous toutes et tous !

L’équipe de l’Eglise en route

Vente paroissiale réformée à la Fleurisia 8-9 novembre 2019

La paroisse réformée se réjouit de vous rencontrer à l’occasion de sa vente, vendredi 8 novembre et samedi 9 novembre 2019 à la salle Fleurisia à Fleurier.

Echange et convivialité avec boissons, gaufres et pâtisseries à craquer!
Boutique d’artisanat
Tombola gagnante
Vendredi de 14h à 17h
Samedi de 9h à 16h, avec repas à midi – Vol-au-vent, riz, salade
un tour de loto samedi à 13h30 – prix: bons chez des commerçants du Vallon

Vendredi soir, en invité cette année, la Compagnie La Marelle avec son spectacle Marie-Madeleine de Santiago à 20h. Venez découvrir comment les questions de la vie et de la foi sont décortiquées par une chanteuse de cabaret, un barman et un prêtre client du cabaret. Vous y trouverez une étonnante actualisation des interpellations de la vie et de belles interprétations de chansons cubaines!
Détails à découvrir sur le spectacle en cliquant sur ce lien.

Marie-Madeleine de Santiago – Théâtre La Marelle

Vendredi 8 novembre à 20h à la salle Fleurisia de Fleurier, le Val-de-Travers reçoit la Compagnie La Marelle dans le cadre de sa tournée 2019-2020!

Soirée théâtrale à l’occasion de la vente paroissiale protestante

Marie-Madeleine de Santiago
de Jean Naguel
Avec Lidia Ana LARRINAGA, Séverin BUSSY, Pierre-Philippe DEVAUX

De toutes les femmes qui apparaissent dans les pages de la Bible, il en est peu qui aient soulevé autant de passions que Marie-Madeleine. Et pourtant, la recherche du « Jésus historique », même au théâtre, est délicate. Marie-Madeleine de Santiago ne met pas en présence Jésus de Nazareth et la femme pécheresse de l’Evangile mais un prêtre, une artiste de cabaret et un barman. Là où ces personnages rejoignent ceux de la Bible, c’est lorsque l’esprit d’ouverture du prêtre et sa lecture de l’Evangile permettent à l’artiste de cabaret et au barman de revisiter les clichés de leur catéchisme et de remplacer les jugements et les condamnations par des paroles d’espérance et de vie. Dans cette pièce, il sera question de blessure et de manque, de doute et de foi, de recherche de soi, et de l’autre et finalement de recherche de Dieu. Lidia Larrinaga, l’interprète du rôle de Marie-Madeleine, est d’abord chanteuse et danseuse. C’est dire que dans ce spectacle, la musique jouera un rôle prépondérant.

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« Eglise en route » dans le journal « Réformés »