Aller au contenu principal

Un Dieu roi qui nous ouvre aux autres – Prédication du 7 août 2022

Vue depuis le Vanil des Cours (FR), photo PS

Texte : Psaume 96 (95)[1], 1-13

Prédication « Un Dieu roi qui nous ouvre aux autres »

de Patrick Schlüter

Aujourd’hui, nous célébrons les 100 ans de l’orgue de Noiraigue. Pour cette occasion, j’ai choisi un psaume de louange. Dans ce que nous vivons actuellement, il m’a semblé important de prendre le temps de méditer sur la louange pour élargir notre regard.

Les psaumes constituent un livre riche, rempli de toutes les expériences humaines heureuses et malheureuses, personnelles et collectives. Dans l’histoire de l’Église, les psaumes ont été modèle de la prière, personnelle, mais aussi communautaire. Ils ont enrichi nos liturgies, ils sont devenus des cantiques. 

Ce livre des Psaumes est plein de découvertes à faire, de mystères à percer. Très souvent, on ne sait pas quand les psaumes ont été écrits, ni pour quelle occasion.

Il y a de nombreuses années, j’avais eu l’occasion de travailler le psaume 96 quand je faisais partie de l’équipe de rédaction du cours biblique par correspondance.

Dans ce psaume, un chant nouveau est à chanter au Seigneur par toute la terre. Ce psaume est tout entier un mouvement de louange qui semble partir du peuple d’Israël pour aller tout de suite vers les nations, vers tous les peuples. C’est le Seigneur qui est Dieu et qui assure la stabilité du monde. De nombreux qualificatifs parlent de Dieu : gloire, force, splendeur, puissance, honneur. Chacun est invité à le reconnaître et à entrer dans son sanctuaire.

Après une nouvelle invitation à la louange, vient la proclamation centrale du psaume : le Seigneur règne, le Seigneur est roi, un roi qui juge avec justice.

La louange s’élargit alors une nouvelle fois à la création : le ciel, la terre et la mer et tout ce qu’ils contiennent. Même les arbres des forêts crient de joie, car le Seigneur est venu. Il est le juge de la terre.

Je disais tout à l’heure que les psaumes reflètent beaucoup de genre de prières. Quand nous les lisons, certains nous semblent proches de nous, alors que d’autres nous semblent incompréhensibles et ne nous disent rien. Notre lecture peut évoluer au fil de notre vie et de nos expériences.

Quel effet le psaume 96 a-t-il eu sur vous quand vous l’avez entendu ?

Dans ma lecture du Psaume 96, je ressens deux choses en moi. Tout d’abord, je suis impressionné par cette louange qui se déploie à travers tout le psaume. Je ressens de l’admiration et comme une invitation à participer à ce concert de louange de la création. En même temps, un deuxième sentiment m’habite : tout ce concert, cette affirmation du règne de Dieu manifesté dans toute la création me semble bien loin de mon expérience quotidienne.

Pour prendre une image, je ressens ce psaume comme une belle œuvre d’art que j’aime regarder, mais une fois sorti du musée, je n’y pense plus beaucoup, car elle est trop loin de ma vie quotidienne.

En essayant d’aller plus loin dans la lecture, je découvre d’autres choses. Je vous disais que souvent, on ne sait pas quand les psaumes ont été écrits. C’est aussi le cas pour celui-ci. Une hypothèse intéressante est que ce psaume a été écrit après la prise de Jérusalem et la destruction du Temple en 587 avant Jésus-Christ. Le peuple a été exilé et c’est une catastrophe nationale. Plus tard, il y aura le retour et la reconstruction du Temple, mais les choses ne sont plus comme avant. Il n’y aura plus vraiment de dynastie royale en Israël et le nouveau Temple n’égale pas l’ancien. Israël sera souvent sous la domination d’autres peuples.

Si cette hypothèse est la bonne, il y a alors derrière cette louange du psaume une expérience douloureuse et des affirmations fortes et nouvelles.

Le Psaume 96 affirme le règne de Dieu présent aujourd’hui dans toute la création, alors que le peuple n’aura plus jamais un roi comme avant. On se détache de l’attente d’un nouveau roi pour se concentrer sur Dieu en qui l’on met son espoir, car la royauté a échoué et a déçu. Ce n’est plus une vision guerrière d’Israël envers les autres peuples, mais un universalisme qui affirme que tous les peuples sont sous le règne de Dieu.

Le psaume 96 affirme la stabilité du monde, car Dieu règne. Si ce psaume a bien été écrit après l’exil, le peuple d’Israël vient justement de faire l’expérience que le monde n’est pas stable du tout, que les envahisseurs peuvent ravager et déporter comme bon leur semble. Cette affirmation de la stabilité du monde qui semble sereine dans le psaume serait alors une confession de foi. On met toute son espérance en Dieu qui devient la référence dans un monde où tout bouge.

Et pour nous aujourd’hui ?

Si cette hypothèse sur la période du psaume est juste, la situation du peuple d’Israël n’est pas si différente de la nôtre. Notre monde aussi bouge et les choses qui nous semblaient stables il y a peu deviennent tout à coup mouvantes. Il y a largement de quoi être désécurisé aujourd’hui !

Pour moi, l’invitation du psaume est double. D’abord, nous sommes invités à prendre appui sur la fidélité de Dieu, sur sa solidité comme dit le psaume. Le Seigneur est la référence dans la tempête. La lecture des psaumes, le culte, la prière personnelle et communautaire sont là pour nous le rappeler et nous aider à nous appuyer sur Le Seigneur qui est venu et qui vient dans nos vies et dans notre monde.  Le psaume ne doute absolument pas de cela et il utilise un temps particulier dans les verbes qui disent que Dieu vient. C’est le temps de l’accompli, quelque chose d’absolument certain qui est déjà présent !

Prendre appui sur la solidité de Dieu, c’est la première invitation du psaume. Il y en a une deuxième qui va avec. C’est l’ouverture. Si le psaume s’appuie sur la solidité de Dieu, ce n’est pas pour se replier sur lui-même, sur le peuple d’Israël, mais pour s’ouvrir à toutes les nations, à tous les peuples, à toute la création qui sont dans la même dépendance envers Dieu. En prenant appui sur Dieu, nous sommes invités à l’ouverture au monde. Le psaume parle de tout cela de manière assez générale, avec des mots larges pour nous puissions y entrer à notre manière, chacun et chacune.

L’ouverture aux autres, à la nature, la capacité de croire qu’un avenir est possible au-delà de la guerre et des changements climatiques : tout cela est fondamental aujourd’hui. Le psaume 96 nous invite à une espérance qui va plus loin que les espoirs à vues humaines.

Il nous invite à une ouverture qui va au-delà des logiques guerrières dont nous sommes prisonniers aujourd’hui.

C’est le Seigneur qui est roi nous rappelle le psaume 96. Jésus a aussi parlé du Royaume de Dieu qui est tout proche. Il nous promet sa présence au cœur de toutes les tempêtes du monde. Il nous offre sa main pour avancer malgré toutes les instabilités d’aujourd’hui.

Alors chantons au Seigneur un chant nouveau et laissons le Royaume de Dieu grandir dans nos vies.

Amen.


[1] Il existe 2 numérotations des Psaumes : celle qui suit le texte hébraïque et celle qui suit la traduction grecque. Les bibles protestantes suivent en général la numérotation hébraïque et les bibles catholiques la numérotation grecque. Ce psaume porte le numéro 95 dans les bibles catholiques.

Le Seigneur est roi – Psaume 96 (95)

Lecture du culte du 7 août 2022

Chantez en l’honneur du Seigneur un chant nouveau ;
gens du monde entier, chantez pour le Seigneur.

Chantez en l’honneur du Seigneur,
remerciez-le d’être votre Dieu.
Jour après jour annoncez qu’il est le Sauveur.

Parlez de sa gloire à tous les hommes,
chez tous les peuples, racontez ses merveilles.

Le Seigneur est grand et mérite bien qu’on l’acclame.
Il est plus redoutable que tous les dieux.

Les dieux des nations sont tous des nullités,
tandis que le Seigneur a fait le ciel.

Il rayonne de grandeur et de majesté,
son temple est rempli de puissance et de splendeur.

Peuples de tous pays, venez honorer le Seigneur
en proclamant sa gloire et sa puissance.

Venez proclamer sa gloire,
entrez dans les cours de son temple en apportant vos dons.

Courbez-vous jusqu’à terre devant le Seigneur,
quand il manifeste qu’il est Dieu,
tremblez devant lui, gens du monde entier.

Dites à tous les hommes : « Le Seigneur est roi,
la terre est donc ferme, elle tiendra bon.
Il juge les peuples avec justice. »

Que le ciel se réjouisse, que la terre s’émerveille,
que la mer mugisse, avec ce qu’elle contient !

Que la campagne soit en fête, avec tout ce qui la peuple !
Que tous les arbres des forêts poussent des cris de joie devant le Seigneur, car il vient,
il vient pour rendre la justice sur terre.
Il sera un juste juge pour le monde,
un arbitre sûr pour les peuples.

Psaume 96 (95), 1-13, la Bible en français courant

Catéchisme des adolescents – soirée de présentation et inscription du 23 septembre 2022

Article en construction

Image

Annonces paroissiales

Pourquoi et comment témoigner

Prédication des cultes des 23-24 juillet 2022 (Couvet et Buttes)

De Véronique Tschanz Anderegg

Introduction au message avec photos

Il y a 3 semaines, j’ai eu l’occasion de mener 1 groupe au Grand St Bernard, puis un 2ème sur la route des Cols alpins. Le voyage nous a amenés à voir des paysages magnifiques, mais également des constructions humaines impressionnantes :

Ici, la paroisse réformée de Martigny. Des vitraux

magnifiques, lumineux signés Hans Aerni qui

illuminent la ville de Martigny.

Ici l’hospice du Grand St Bernard.

Le premier groupe a atteint l’hospice du Grand St Bernard… un bâtiment impressionnant, à vocation d’accueil pour les pèlerins. Une construction qui a connu beaucoup d’agrandisse-ments. Au départ, les matériaux ont été montés à dos d’hommes ou éventuellement de mulets !

Le 2ème groupe a gravi des pentes vertigineuses pour atteindre la Cabane Saleinaz. Cette dernière appartient au Club Alpin de Neuchâtel. Elle avait été d’abord construite en ville de Neuchâtel afin de la montrer à la population, puis démontée et remontée, à dos d’hommes, planche par planche, poutre par poutre à une altitude de 2791 mètres. De même pour la croix au sommet

Les gorges du Durnand.

Des gorges impressionnantes, sauvages. Et pourtant, des hommes, des femmes ont eu l’énergie, l’envie et le courage d’aménager des ponts, des escaliers pour offrir à d’autres personnes le spectacle saisissant de ces gorges.

Message

Ces ouvrages et constructions rencontrés sur nos chemins m’ont amenée à me poser la question : « Pourquoi des gens choisissent-ils de mettre tant d’énergie pour construire de telles constructions ? »

Une de mes hypothèses, c’est que des gens qui sont passionnés par quelque chose (la musique, le sport, paysage) ne peuvent pas s’empêcher de faire partager cette passion aux autres.

Quand on aime quelqu’un ou quelque chose, on a envie d’en parler, de le faire connaître, d’offrir ce qui est beau et bon pour nous.

C’est là que je fais le lien avec la foi.

Sommes-nous assez passionnés pour témoigner de notre foi ?

Pourquoi témoigner de notre foi ?

Pour certains, elle est de l’ordre des convictions intimes qui ne regardent que soi.

Pourtant, nous sentons bien que cette découverte et cette expérience du Christ sont une richesse que nous ne pouvons pas garder pour nous tout seuls.

Dans l’Évangile il est beaucoup question de témoignage. Le premier témoin, c’est le Christ lui-même. Puis Jésus associe les disciples à ce témoignage :

Ceux qui étaient réunis auprès de Jésus lui demandèrent alors : « Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétabliras le royaume d’Israël ? »

7 Jésus leur répondit: «Il ne vous appartient pas de savoir quand viendront les temps et les moments, car le Père les a fixés de sa seule autorité. 8 Mais vous recevrez une force quand le Saint-Esprit descendra sur vous. Vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout du monde.                                                                                              

Actes 1, 6-8

On pourrait dire que cet envoi en mission est seulement un fait historique qui n’a plus rien à voir avec notre réalité.

Or, les disciples ne sont pas envoyés comme les fondés de pouvoir d’un homme qui aurait disparu. Ils sont les serviteurs du Christ Ressuscité qui se rend présent en eux par son Esprit.

Dès lors, cette mission de témoigner nous concerne aussi. Jésus s’en remet totalement à nous pour se rendre présent au monde et à notre responsabilité pour signifier sa présence.

La mission n’est pas réservée à certains spécialistes. Chaque personne qui a goûté à la présence du Christ, qui a senti sa Force, qui a vu ses beautés, qui a expérimenté le cadeau de Son pardon est invité à témoigner du Christ.. à sa façon, avec les dons qui lui sont propres.

Après avoir posé la question « pourquoi témoigner de notre foi ? », j’aimerais lancer la 2ème question : « Comment témoigner ? »

Paul nous donne quelques pistes :

6 C’est pourquoi, je te le rappelle: maintiens en vie le don que Dieu t’a accordé quand j’ai posé les mains sur toi. 7 Car l’Esprit que Dieu nous a donné ne nous rend pas timides; au contraire, cet Esprit nous remplit de force, d’amour et de maîtrise de soi.

8 N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur; n’aie pas honte non plus de moi, prisonnier pour lui. Au contraire, accepte de souffrir avec moi pour la Bonne Nouvelle, en comptant sur la force que Dieu donne.

2 Timothée 1, 6-8

Paul demande à Timothée de ne pas avoir honte de sa foi, mais d’en être fier… la fierté, c’est la joie de témoigner de ce qui est beau, de ce qui est grand, de ce qui nous émerveille de ce qui nous a été donné gratuitement.

Dans un monde hyper sécularisé et parfois moqueur, nous avons à retrouver la fierté d’être chrétiens, la fierté d’être disciples de quelqu’un comme le Christ, d’être aimés par ce Dieu passionné pour toutes ses créatures.

Cette fierté n’est pas de l’orgueil ou un sentiment de supériorité. Car ce qui fait notre fierté, le Christ et son salut, n’est pas une propriété privée qui nous appartiendrait et qui ferait de nous des privilégiés.

Il est un don offert à tous. Tous peuvent l’accueillir et entrer dans cette fierté.

Un texte de l’Evangile de Luc nous donne une autre piste sur « comment témoigner de notre foi » :

11 « Quand on vous conduira pour être jugés dans les synagogues, ou devant les dirigeants ou les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ou de ce que vous aurez à dire, 12 car le Saint-Esprit vous enseignera à ce moment-là ce que vous devez exprimer. »          

Luc 12, 11-12

Ce texte parle de confiance…celle de ne pas être livrés à nos seules forces dans la mission que le Seigneur nous confie mais d’être soutenus par la force de son Esprit.

Le Christ promet sa présence, promet l’action de son Esprit dans l’apôtre qui témoigne mais aussi dans le cœur de ceux qu’il va rencontrer.

La 3ème piste nous est donnée par le Christ lui-même :

13 Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, qui se trouvait à environ deux heures de marche de Jérusalem. 14 Ils parlaient de tout ce qui s’était passé. 15 Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. 16 Ils le voyaient, mais quelque chose les empêchait de le reconnaître. 17 Jésus leur demanda : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, tout attristés. 18 L’un d’eux, appelé Cléopas, lui dit : « Es-tu le seul habitant de Jérusalem qui ne connaisse pas ce qui s’est passé ces derniers jours ? » – 19 « Quoi donc ? » leur demanda-t-il. Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth ! C’était un prophète puissant; il l’a montré par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple. 

Luc 24, 13-19

Il est question dans ce texte de témoigner en paroles et en actes. Les 2 pôles sont importants.

D’abord la parole : dans ces temps perturbés et anxiogènes, il faut que nous puissions rendre compte par la parole de l’espérance qui est en nous.

J’ai remarqué que les catéchumènes sont avides de témoignages de personnes qui ont vécu des expériences spirituelles, qui ont surmonté des difficultés. Ils ont besoin d’entendre, de rencontrer des personnes qui ont un bout d’expérience de vie et qui puissent leur montre un chemin.

Il est vrai que dans les milieux réformés, nous sommes parfois frileux ou pudiques pour raconter nos vécus.

Et pourtant, je pense qu’il est parfois bien et bon de parler des expériences spirituelles qui nous ont fait grandir.  Je partage avec vous cette tranche de vie :

Alors que j’étais adolescente, j’ai été victime d’un grave accident de voiture. Je me souviens du soutien de la paroisse, de la compassion du pasteur, des fleurs du groupe de catéchisme… ce sont probablement ces paroles et gestes qui sont à la base de ma vocation : j’ai eu à mon tour envie de partager ce que j’avais reçu comme un cadeau, un vécu porteur d’espérance et de forces.

Mais il est dit qu’à la parole doit être jointe l’action.

Par les réseaux sociaux, nous voyons que cette génération du 21ème siècle est très sensible au lien entre ce que l’on dit et ce que l’on vit.

On ne peut être les témoins de l’amour de Dieu sans vivre nous-mêmes de cet amour. L’évangéliste Jean est très explicite sur ce point : « Si quelqu’un dit : ‘J’aime Dieu’ et qu’il déteste son frère, c’est un menteur : celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne saurait aimer le Dieu qu’il ne voit pas. Oui, voilà le commandement que nous avons reçu de lui : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère » (1 Jn 4, 20).

Tout l’enjeu de la vie chrétienne est de se laisser transformer par l’amour. Nos vies doivent donner un avant-goût du Royaume, et incarner l’amour, la compassion de Dieu.

Les occasions ne manquent pas de témoigner en actes (migration, protection de la Création, lutte contre les injustices, accueil des plus fragiles et bien d’autres actes que nous pouvons poser !) avec, en point de mire, que notre monde s’humanise et soit davantage conforme au dessein de Dieu.

C’est un véritable travail de changement de structures, de modes de pensées, de modes de vie que nous avons à mener. Et cela fait partie de notre mission d’Église et de chrétiens.

Dans ce travail de fond, de patience et d’endurance, n’oublions pas que nous ne marchons pas tout seuls (et les 2 semaines de trek furent réellement l’illustration de cette conviction !).  Nous sommes précédés et par le Christ lui-même et accompagnés par la foule immense de témoins qui nous ont précédés.

Leur témoignage a porté du fruit. Ils nous appellent à être comme eux, nous aussi, aujourd’hui des « témoins du Christ pour le monde ».

Amen

Image

Annonces paroissiales

Faire le choix de ce qui est vraiment bon – prédication des 16 et 17 juillet 2022

Textes du culte du 16 juillet 2022 à Couvet – lien, thème également du culte en randonnant du dimanche 17 juillet 2022 aux Bayards

Lecture de la Bible

Genèse 18,1-10a
Luc 10,38-42

Prédication

de David Allisson

Le Seigneur se montre à Abraham. Il est trois hommes debout au moment le plus chaud de la journée.

Le Seigneur est trois visiteurs dans la plus grosse chaleur de la journée.

Le texte oscille entre la rencontre d’Abraham avec le Seigneur et l’hospitalité offerte à trois hommes. Rencontrer ces trois hommes, c’est rencontrer le Seigneur. S’activer pour offrir l’hospitalité à ces trois visiteurs, c’est prendre le temps du face à face avec le Seigneur et de son accueil.

Si Jésus avait été l’un des trois hommes, s’il avait été témoin de leur accueil par Abraham qui s’affaire tel Marthe dans la rencontre de l’Evangile de Luc, aurait-il aussi trouvé qu’Abraham s’inquiète pour beaucoup de choses et que Sarah qui observait depuis sous la tente a choisi ce qui est vraiment bon ?

Ce qui est montré en exemple dans les actions d’Abraham pour offrir l’hospitalité aux trois visiteurs est justement ce que nous pensons critiquable chez Marthe dans le Nouveau Testament.

En lisant ces deux textes ensemble, dans la Genèse et dans l’évangile selon Luc, je me suis dit en effet que c’est nous, lectrices et lecteurs de l’évangile, qui trouvons critiquable le travail pratique et concret de Marthe. En lisant ce récit, nous nous sommes mis dans la tête que la bonne attitude était l’écoute contemplative et attentive. Pourtant, Abraham et sa préparation de galettes avec 25 kilos d’excellente farine ne fait pas dans la dentelle du point de vue de l’énergie qu’il met pour accueillir les visiteurs. Jésus aurait pu critiquer son agitation à lui aussi.

Cela me fait revenir au texte de l’évangile pour le relire attentivement. Ce que Jésus reproche à Marthe, c’est d’être inquiète et de se faire du souci pour beaucoup de choses. Le souci explicite qu’elle se fait dans cette courte histoire, c’est que sa sœur ne se bouge pas pour l’aider. Elle s’est peut-être mise à la tâche dans un esprit généreux d’accueil et d’hospitalité. Mais ce qui la dérange tout à coup, c’est que sa sœur Marie ne s’inquiète pas avec elle de l’accueil de son hôte.

Ce que Jésus reproche à Marthe, ce n’est pas d’être agitée et de s’activer aux tâches pratiques de l’hospitalité alors que ce serait plutôt le moment de s’asseoir et d’écouter. Je me suis dit qu’il reprochait à Marthe d’être divisée en elle-même, partagée entre son engagement à bien faire et le besoin qu’elle ressent que Marie s’engage de la même façon qu’elle.

Et si Marthe avait rendu d’un cœur entier et généreux le service pratique qu’elle avait choisi ? C’est ce qu’Abraham a fait pour accueillir le Seigneur sous la forme de trois voyageurs en plein soleil de midi. Peut-être que Marthe aurait alors elle aussi choisi ce qui est vraiment bon. Personne ne lui aurait enlevé le cœur généreux avec lequel elle aurait pu accueillir Jésus.

L’enjeu est l’attention accordée à l’autre dans la rencontre qui se présente. Marthe s’inquiète d’elle-même et du fait que Marie n’a pas la même inquiétude. Elle était invitée à rencontrer Jésus, le visiteur de ce jour, qu’elle prépare à boire et à manger en s’activant dans la cuisine ou qu’elle écoute tranquillement sans bouger. Le souci qu’elle se fait pour bien se conduire et faire ce qui est juste, c’est cela qui détourne son attention de la rencontre et qui lui fait penser à elle-même avant tout.

J’aimerais nous laisser quelques minutes de méditation silencieuse pour réfléchir à ceci :

Je peux être active comme Marthe et avoir choisi ce qui est vraiment bon.

Je peux être calme et silencieuse comme Marie et être inquiète en me faisant du souci pour beaucoup de choses.

Je me demande comment je vais porter mon attention sur l’essentiel et comment je vais faire le choix de ce qui est vraiment bon.

Vous êtes passés près de moi pour reprendre des forces – Genèse 18,1-10a

Texte lu au culte samedi 16 juillet 2022 à Couvet et au culte en randonnant dimanche 17 juillet 2022 aux Bayards

1 Le SEIGNEUR se montre à Abraham près des grands arbres sacrés de Mamré. Abraham est assis à l’entrée de sa tente. C’est le moment le plus chaud de la journée. 2 Tout à coup, il voit trois hommes debout, près de lui. Aussitôt, depuis l’entrée de la tente, il court à leur rencontre. Abraham s’incline jusqu’à terre devant eux. 3 Il dit : « Je t’en prie, si tu veux m’accorder cette faveur, accepte de t’arrêter chez moi, ton serviteur. 4 On va apporter un peu d’eau pour vous laver les pieds. Puis vous vous reposerez sous cet arbre. 5 Je vais vous donner quelque chose à manger. Alors vous pourrez reprendre des forces avant d’aller plus loin. C’est bien pour cela que vous êtes passés près de moi, votre serviteur. » Les visiteurs répondent : « D’accord ! Fais ce que tu viens de dire. » 6 Alors, Abraham se dépêche d’aller trouver Sara sous la tente. Il lui dit : « Vite ! Prends 25 kilos de ta meilleure farine. Prépare la pâte et fais des galettes. » 7 Ensuite, Abraham court vers le troupeau. Il prend un gros veau bien tendre et il le donne à un jeune serviteur. Celui-ci le prépare vite. 8 Quand la viande est prête, Abraham la met devant les visiteurs, avec du fromage blanc et du lait frais. Ils mangent. Pendant le repas, Abraham se tient debout près d’eux, sous l’arbre. 9 Les visiteurs demandent à Abraham : « Où est ta femme, Sara ? » Il répond : « Elle est là, sous la tente. » 10 L’un des visiteurs dit : « L’an prochain, je reviendrai chez toi, à cette même époque, et ta femme Sara aura un fils. »

Genèse 18,1-10a – La Bible Parole de Vie

Image

Annonces paroissiales

Image

Groupe de soutien au deuil