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Allumer une bougie – faire mémoire

Un geste qui était prévu lors du culte du souvenir du 21.11.2020

Ce samedi 21 novembre aurait dû avoir lieu le culte du souvenir à l’église de Môtiers. Celui-ci ayant été repoussé en raison de la situation sanitaire, la paroisse du Val-de-Travers vous propose un geste symbolique pour accompagner les familles en deuil et nous soutenir les uns les autres dans cette période de pandémie. En allumant une ou plusieurs bougies, samedi 21 novembre à 17h (ou à un autre moment du week-end si vous n’en avez pas la possibilité), vous pouvez penser à une ou des personnes décédées durant l’année écoulée et soutenir par votre prière les familles endeuillées qui ont dit adieu à un proche dans des circonstances parfois compliquées par la situation de pandémie.

Allumer une bougie en pensant à un défunt symbolise ce que la personne décédée nous a apporté et qui continue de vivre en nous. La lumière nous rappelle également le Christ, venu pour être la lumière du monde et accompagner tout ce que nous vivons.

Les ministres de la paroisse restent à disposition de toute personne qui souhaite parler ou échanger. N’hésitez pas à nous contacter !

Pour la paroisse du Val-de-Travers, Patrick Schlüter, pasteur

Cheminement de deuil

Méditation prévue pour le culte du dimanche 22.11.2020

Texte biblique : Genèse 23, 2 – 19

Message

Le culte du 22 novembre devait faire suite à la soirée réservée aux endeuillés. C’est la raison d’avoir choisi le texte de la sépulture de Sara ; une invitation à cheminer ensemble lors de la perte d’un être aimé.

Pour cette épouse courageuse, 127 années de vie est un généreux parcours, cela ne minimise pas le détachement à effectuer. Abraham est un immigrant, un résident temporaire chez les Hittites. Cette simple phrase décrit en un miroir, ce que nous révèle la Covid 19 :

La fragilité de nos sociétés hypersophistiquées à tous les points de vue. Professionnels, transports, hôpitaux, etc… Vraiment de quoi être reconnaissants et rassurés… quand tout va bien.

En quelques petites semaines, tout est chamboulé, même les autorités sont déboussolées par cette nouveauté brutale. L’ébranlement de nos certitudes bien établies nous transforme tout à coup en voyageurs itinérants. Pourtant, rien de nouveau sous le soleil rappelle l’Ecclésiaste « Dès le matin sème ta semence et le soir ne laisse pas reposer ta main car tu ne sais point ce qui réussira ». (11.5)

Ce n’est pas du fatalisme mais le sentier de la sagesse lors du labeur des œuvres humaines soumises à des lois cycliques qui nous dépassent largement. La sécurité de nos institutions – si bonnes en soi – devient un piège. Comme l’animal domestiqué a perdu son instinct de survie, la population a oublié sa dépendance à l’incertitude de notre condition de mortel.

Donc, en ce mois de novembre, nous faisons partie de la même famille qu’Abraham ; confrontés nous-mêmes à la résidence temporaire. C’est dans ce pèlerinage incertain qu’Abraham perd son épouse. Voilà aussi un coup de projecteur envers les endeuillés privés du détachement physique lors des cérémonies d’adieux. Abraham sollicite la bienveillance des Hittites pour ensevelir sereinement Sara. Il achète un champ où se situe une grotte. C’est là que repose celle qui l’a accompagné pendant de longues années éprouvantes.

Il y a un passage important dans ce texte, d’ailleurs répété deux fois dans la bouche d’Abraham, « ensevelir le corps de ma femme et l’éloigner de moi » (verset 4 et 8). Cette répétition nous invite à bien séparer la mort – qui nous poursuit – d’avec le travail du deuil qui est la reconstruction d’un chemin différent.

La mort a enveloppé le corps inerte, c’est le vivant qui doit s’éloigner pour continuer la route. S’éloigner ne veut pas dire abandonner. C’est prendre soin d’un corps inanimé par l’opportunité d’une sépulture. Les Hittites sont en bons termes avec le migrant, ils lui offrent un lieu gracieusement. Abraham insiste pour l’acheter. Cela peut surprendre. Pourtant, il y a là un besoin de « garder » Sara dans son patrimoine terrestre. Il n’y a rien de prétentieux, juste un besoin impérieux de prendre soin du lieu de la dépouille conjugale, même si lui, va continuer sa route.

Ainsi le deuil peut commencer à prendre possession d’Abraham. Déchirure il y a certes, mais la cicatrisation peut faire son œuvre de guérison. La mort a pris Sara, le linceul est en repos dans la grotte. Abraham peut s’éloigner loin du sentiment d’abandon, car toute sa vie est imprégnée de l’aura de Sara. Le deuil accompli, c’est garder l’image vivante qui continue de parfumer son voyage.

Il me semble que la Covid 19 nous incite à revisiter le sens profond de la mort d’un proche en sachant que le deuil n’est ni l’oubli, ni l’idolâtrie mais un cheminement solitaire en gardant précieusement l’héritage de biens immatériels, comme le dit si bien le Cantique des cantiques :

« Je mange mon rayon de miel avec mon miel, ceci issu du mélange greffé de l’un à l’autre au temps béni. » (5.1)

« Mets-moi un sceau sur mon cœur, car l’amour est plus fort que la mort. » (8.6)
Le sceau de l’amour à cultiver, c’est l’empreinte de Dieu pour relier le temporel et l’intemporel.

André Chédel

Une sépulture en chemin

http://la-bible.eklablog.com/genese-chapitre-23-a102961301

Lecture pour la méditation prévue le dimanche 22 novembre 2020

02 Sara mourut à Kiriath-Arba, c’est-à-dire à Hébron, dans le pays de Canaan. Abraham s’y rendit pour le deuil et les lamentations.

03 Puis il laissa le corps pour aller parler aux Hittites qui habitaient le pays :

04 « Je ne suis qu’un immigré, un hôte, parmi vous ; accordez-moi d’acquérir chez vous une propriété funéraire où je pourrai enterrer cette morte. »

05 Les Hittites répondirent à Abraham :

06 « Écoute, mon seigneur. Tu es, au milieu de nous, un prince de Dieu. Ensevelis ta morte dans le meilleur de nos tombeaux. Aucun d’entre nous ne te refusera son tombeau pour y ensevelir ta morte. »

07 Abraham se leva et se prosterna devant le peuple de ce pays, les Hittites.

08 Puis il leur parla en ces termes : « Si vous acceptez que j’ensevelisse cette morte, alors écoutez-moi. Intervenez pour moi auprès d’Éphrone, fils de Sohar,

09 pour qu’il me cède la caverne de Macpéla qui lui appartient et qui se trouve au bout de son champ. Qu’il me la cède contre sa valeur en argent, comme une propriété funéraire au milieu de vous. »

10 Éphrone était assis parmi les Hittites. Éphrone le Hittite répondit à Abraham de façon à être entendu des Hittites et de tous ceux qui entraient par la porte de la ville. Il dit :

11 « Non, mon seigneur ! Écoute-moi ! Le champ, je te le donne ; et la caverne qui s’y trouve, je te la donne ; aux yeux des fils de mon peuple, je te la donne : ensevelis ta morte ! »

12 Alors, Abraham se prosterna devant le peuple du pays.

13 Il parla à Éphrone de façon à être entendu par le peuple du pays. Il dit : « Si seulement tu voulais m’écouter ! Je te donne l’argent pour le champ. Accepte-le de moi. Et là j’ensevelirai ma morte. »

14 Éphrone répondit à Abraham :

15 « Écoute-moi, mon seigneur ! Un terrain de quatre cents pièces d’argent, qu’est-ce donc entre toi et moi ? Ensevelis donc ta morte ! »

16 Abraham écouta Éphrone et pesa pour lui l’argent dont il avait parlé de façon à être entendu des Hittites : quatre cents pièces d’argent au taux du marché.

17 Ainsi, le champ d’Éphrone qui se trouve à Macpéla, en face de Mambré, le champ et la caverne, avec tous les arbres qui y poussent, sur toute sa superficie, tout devint

18 possession d’Abraham, aux yeux des Hittites et de tous ceux qui entraient par la porte de la ville.

19 Après quoi, Abraham ensevelit sa femme Sara dans la caverne du champ de Macpéla, qui est en face de Mambré c’est-à-dire à Hébron, dans le pays de Canaan.

Genèse 23, 2-19, traduction du lectionnaire catholique sur https://www.aelf.org

Quand la peur nous empêche d’aimer

Message du dimanche 15 novembre 2020

Chèr.e.s ami.e.s, si le Covid nous contraints une nouvelle fois à suspendre nos cultes, il ne nous empêchera pas de partager ensemble ces moments importants pour notre communauté. Voici ci-après, l’essence du message qui devait être présenté ce dimanche à Travers, lors d’un culte du temps ordinaire, 33ème semaine.

Lectures bibliques : Matthieu 25, 14-30 (la parabole des talents)

                                     1 Corinthiens 3, 9

Message

Beaucoup d’entre vous connaissent mon attachement à mon chien Sugus ! Mais voilà, il arrive sur ses 12 ans et pour un Labrador, c’est déjà un beau parcours. Il faut apprivoiser l’idée que cette complicité aura une fin assez proche.

Parfois, on me demande si je reprendrai un chien après Sugus. Et je me surprends à penser que je suis indécise… Par peur de trop m’attacher à nouveau, par peur de ne pas retrouver les mêmes liens qu’avec Sugus, par peur de ne pas avoir assez d’énergie pour offrir à un nouveau chien de longues balades, par peur…

C’est en étudiant la parabole des talents (Matthieu 25, 14-30) que je me suis aperçue que je raisonnais comme le 3ème serviteur ! Car c’est la peur qui a dicté sa conduite et qui me fait hésiter à reprendre un chien.

La peur n’est pas toujours négative. Elle peut même nous sauver la vie quand elle nous dicte de partir en courant face à un agresseur. Mais il y a la peur, pas toujours rationnelle, qui nous empêche d’avancer, qui bouche notre horizon, qui sclérose notre créativité et nos élans.

Mais revenons à notre parabole avec d’abord une précision historique et linguistique : le mot latin « talentum » désigne un poids et une somme d’argent considérable, l’équivalent de 17 années de travail pour l’époque ! Ce qu’il faut retenir, c’est que le maître confie probablement toute sa fortune à ses 3 serviteurs.

Relisez donc encore une fois cette histoire et vous arriverez aux mêmes observations que moi : le maître part très loin, longtemps, sans donner ni consignes, ni recommandations à ses serviteurs. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le maître :

  • a une confiance illimitée en ses serviteurs
  • leur offre la totale liberté de faire ce qu’ils veulent de cet argent
  • prend en compte leurs limites respectives, puisqu’il leur donne une fortune « selon leur force »

Bref, les serviteurs ont reçu les pleins pouvoirs, et cela parait complètement irréel !

Puis le maître revient faire les comptes. Les 2 premiers serviteurs ont fait fructifier la fortune. Ils ont accompli des démarches, ils ont palabré, échangé, bref, ils ont OSE « remettre en jeu » le trésor. Ils ne se sont pas demandé s’ils sauraient, s’ils  pourraient. Ils ont fait confiance.

Le 3ème cache et enterre son capital-trésor. Par peur de le perdre ? Par peur de la réaction de son maître ? Il est comme empêché d’agir, il renonce, il n’ose pas. Il passe à côté de quelque chose qui aurait pu changer sa vie. C’est comme s’il refusait la confiance, la liberté et la responsabilité qui lui ont été offertes par le maître. Il est prisonnier de l’image qu’il se fait de celui-ci, qu’il croit être exigeant, intransigeant, arbitraire. Et le maître le lui reproche. Personnellement, je m’achoppe avec le jugement et la punition annoncée, mais peut-être qu’un jour, je comprendrai cette partie-là !

Toujours est-il que comme dans toute parabole, celle-ci contient un sens caché. Je n’ai pas la prétention de vous donner la signification exacte de ce qu’a voulu exprimer l’Evangéliste Matthieu. Il s’agit de pistes, de réflexions à poursuivre.

Le maître de la parabole, c’est le Christ. Il donne tout ce qu’il possède. Et on ne parle pas de qualités ni de charismes, mais de la Parole de Dieu qui a été transmise par la foi, l’espérance, l’amour.

Les serviteurs, c’est nous ! Nous avons les pleins pouvoirs et la liberté de choisir ce que nous voulons faire de ce trésor. Quand je me laisse guider par la peur (peur de mal faire, de ne pas savoir, de trop aimer, de mal aimer, peur d’être déçu, peur de souffrir ou de se voir voler le trésor), je risque de me recroqueviller, de me fermer et de ne jamais reprendre de chien après Sugus ! Je peux aussi me laisser guider par la confiance et la foi que le cadeau fabuleux de Dieu est pour moi, qu’il me fait confiance et que je peux réellement être une de ses co-ouvrières ! (1Corinthiens 3, 9). Alors, « selon ma force », je pourrai donc encore recevoir et donner de l’amour à un autre chien !

44-04 A toi, Jésus, mon Rédempteur.bmp

       

    Notre prière pour :

   – Les personnes et les familles en deuil

  – Les personnes qui souffrent de la

     pandémie

  – Le personnel des EMS et des hôpitaux

   – La population des USA

Sous un autre regard ?

https://www.eper.ch/project-explorer?text=sillons+d%27espoir

Culte « Terre Nouvelle » du dimanche 08.11.2020

Chers frères et sœurs, chers lecteurs et lectrices,

L’équipe de Terre Nouvelle de notre paroisse qui a élaboré ce culte, n’avait pas imaginé lors de sa préparation, que nous ne pourrions le vivre toutes et tous ensemble…

Cette réalité ne doit cependant pas nous faire oublier celle des enfants des rues de Kigali au Rwanda, des enseignants et des écoliers de ce pays, lesquels s’engagent dans et pour l’avenir avec des infrastructures et des moyens insuffisants ou encore les préoccupations des populations paysannes de la Grand’Anse en Haïti, pour qui il est compliqué d’acheminer sur les marchés, des denrées issues de leurs cultures, faute d’ouvrages routiers suffisamment bien entretenus.

La campagne conjointe de DM – Echange et Mission et d’EPER, est axée en cet automne 2020 sur deux projets importants que nous vous présenterons plus loin, lesquels reflètent l’investissement humain et durable de personnes courageuses, pour qui la lutte et l’espérance ne sont pas que de vains mots.

Beaucoup des textes que vous découvrirez sont issus d’une brochure rédigée avec soin par les initiateurs de la campagne. Un immense merci à eux, ainsi qu’à tous les auteur.e.s inspiré.e.s qui y ont participé.

Soyez toutes et tous les bienvenus dans ce culte pensé, écrit et transmis avec la profonde conviction d’être reliés ensemble par la Source éternelle.

Le groupe paroissial « Terre Nouvelle » du Val-de-Travers

Nicole Pizzotti, Francine Butschi, Rosemarie Fragnière, Christine Piazza, Stéphanie Perregaux, David Allisson et pour l’occasion, Eric Bianchi

Accueil informel

L’ESSENTIEL

L’Essentiel est caché…
on n’en parle pas dans les écoles…
on n’en parle pas à la télévision…
on ne le trouve pas sur Internet…

L’Essentiel est sans éclats…
ne suscite pas les applaudissements…
ne fait pas l’unanimité…

L’Essentiel ne va pas de soi…
on s’en laisse distraire facilement…
très souvent l’Essentiel dérange…

L’Essentiel est gratuit…
ne se met pas en réserve…
ne se marchande pas…

L’Essentiel est ce qui est le plus fragile…
le plus menacé…
le plus désarmé…

L’Essentiel est difficile
et tout à fait à la portée d’un enfant…
l’enfant que j’ai été en savait autant que moi sur l’Essentiel…

Heureux ceux qui vivent l’Essentiel !!!

André Hippolyte Buffet, via www.prier.be
(Brochure « Sillons d’espoir », Campagne DM – EPER 2020, Rwanda-Haïti, p. 26)

Prière d’invocation

D’une présence espérée Tu es la chaleur de chaque instant
D’un espoir tant rêvé Tu es le bâtisseur de nos jours
D’un demain dessiné sur l’horizon Tu es le peintre des ciels
D’un crépuscule redouté Tu es la lumière de vie.

Par Ton amour Seigneur, enveloppe-nous.

D’une angoisse irrationnelle Tu es la main qui apaise
D’un oiseau en partance Tu es le vent qui le porte
D’une brise légère Tu es la douceur du murmure
D’un sol qui se dérobe Tu es la main qui rassure

Par Ta miséricorde Seigneur, accueille-nous.

D’une solitude indicible Tu es le langage qui délivre
D’une pluie interminable Tu es l’abri de toujours
D’un cœur fatigué Tu es le métronome attendu
D’une richesse perdue Tu es le trésor des trésors

Par Ta présence Seigneur, relie-nous toutes et tous.

Amen.

Acte de repentance et annonce du pardon

Psaume – De la détresse à une réponse

Je m’appelle Yves.
Le 1er jour du génocide, mon père nous rassemble
ma mère, mon frère, mes sœurs et moi.
Il dit : Il faut partir, il faut fuir.

A la porte, un homme avec un fusil, il tire.
Je vois mon père par terre.
Alors dans mon cœur, c’est la guerre

Courir avec les miens
Coups de feu, rafales, bombes, mitraillettes.
Dans mon cœur c’est la guerre, autour de moi, la solitude, la mort.
Courir encore et, maintenant, sans les miens.

La pluie, le froid, la faim, c’est là mon quotidien.
J’apprends : dormir dans des maisons en ruine, voler ma nourriture,
contourner les cadavres
Je m’habitue à l’odeur, à la faim, à l’horreur.

Plus tard, une rumeur : la guerre est terminée.
«Tu dois fuir» a dit mon père. Mais, chez moi, je vais rentrer.
A la maison, ma mère, mes sœurs, mon frère.
Toute cette solitude et, eux, ils étaient là.

Et puis, d’autres hommes et les mêmes fusils :
ma mère est arrêtée, elle est emprisonnée.
Dans mon cœur, c’est la guerre : ma mère est une génocidaire.

Aux cadavres, je suis habitué. A la faim, j’ai survécu.
Mais ma mère génocidaire ! dans mon cœur, c’est vraiment la guerre.
Et reviennent les mots de mon père : «Tu dois fuir !»

Et je fuis mon foyer. A la décharge, je me suis réfugié.
Je fuis loin de ma tribu
Pour nourriture, juste des détritus et la vie de la décharge et de la rue.

Un jour, une femme étrangère entre dans la décharge,
revient à la décharge, nous parle à nous dans cette décharge.
Je ne la comprends pas mais je vois son sourire.
Avec elle, un homme, un homme sans fusil,
Rwandais comme moi, réfugié comme moi.
Et voilà un autre programme : accueil, repas, dortoir, école, musique,
formation
et Jésus, fils de Dieu.

Dans mon cœur, c’était la guerre
Un jour, j’avais quitté l’enfance
Mais j’ai retrouvé la confiance
Et dans mon cœur, j’ai accepté un autre Père.

Témoignage d’Yves(pseudo),»transformé» en psaume,
tiré de «De la détresse à l’espérance» un recueil de témoignage
d’ancien-ne-s bénéficiaires du CPAJ (Centre presbytérien d’amour des jeunes, Kigali/Rwanda), à paraître bientôt.

(Brochure « Sillons d’espoir », Campagne DM – EPER 2020, Rwanda-Haïti, pp. 27-28)

Psaume 16

JE N’AI DE BONHEUR QU’AVEC DIEU

Protège-moi, Dieu, je viens me blottir tout contre toi. Je dis à mon Dieu : « Tu es celui qui me fait grandir ; je n’ai de bonheur qu’avec toi.»

Autrefois j’admirais les grands de ce monde, les stars, les personnalités d’exception. Mais j’ai vu les limites de ce système. Je ne m’engagerai plus dans leurs campagnes. Je tire un trait sur tout ça.

Je n’en ai plus besoin, car tu es la chance de ma vie. Tu es ce que j’ai reçu de plus précieux, car contrairement aux autres, tu te soucies véritablement de mon sort. Et c’est ce qui fait mon bonheur.

Je n’ai que du bien à dire de toi, car tu me conseilles. Même lorsque je n’y vois plus clair, je suis mystérieusement dirigé du plus profond de moi-même.

De mon côté, je m’efforce de garder le cap que tu me donnes. Et comme tu es toi-même à mes côtés, ce n’est pas si difficile.

Je suis à la fois heureux, confiant et serein.

Même la mort ne me fait plus peur puisque tu m’accompagnes, et que sans cesse, tu m’ouvres des chemins de vie.

Cela me procure une joie inaltérable. Grâce à toi, je découvre comme un parfum d’éternité à ma vie.

Christian Vez «Les Psaumes tels que je les prie »
Editions Ouverture-Olivétan-Opec, 2019.
(Brochure « Sillons d’espoir », Campagne DM – EPER 2020, Rwanda-Haïti, p. 29)

Prière d’illumination

Seigneur nous voulons être entre tes mains comme de la semence dans les mains du semeur. Donne-nous ton Esprit, ouvre nos cœurs et que ta Parole fasse germer autour de nous l’espérance en abondance, dans le nom de ton Fils, Jésus-Christ, Notre Seigneur. Amen.

(Brochure « Sillons d’espoir », Campagne DM – EPER 2020, Rwanda-Haïti, p. 36)

Texte biblique
Mt 25, 31-46 (tiré de la Bible en français courant)

31 «Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire avec tous les anges , il siégera sur son trône royal. 32 Tous les peuples de la terre seront assemblés devant lui et il séparera les gens les uns des autres comme le berger sépare les moutons des chèvres ; 33 il placera les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche. 34 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, et recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. 35 Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais étranger et vous m’avez accueilli chez vous ; 36 j’étais nu et vous m’avez habillé ; j’étais malade et vous avez pris soin de moi ; j’étais en prison et vous êtes venus me voir. 37 Ceux qui ont fait la volonté de Dieu lui répondront alors : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé et t’avons-nous donné à manger, ou assoiffé et t’avons-nous donné à boire ? 38 Quand t’avons-nous vu étranger et t’avons-nous accueilli chez nous, ou nu et t’avons-nous habillé ? 39 Quand t’avons-nous vu malade ou en prison et sommes-nous allés te voir ? » 40 Le roi leur répondra : « Je vous déclare, c’est la vérité : toutes les fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. 41 « Ensuite, le roi dira à ceux qui seront à sa gauche : « Allez-vous-en loin de moi, maudits ! Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! 42 Car j’ai eu faim et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’ai eu soif et vous ne m’avez pas donné à boire ; 43 j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison et vous n’avez pas pris soin de moi. 44 Ils lui répondront alors : « Seigneur, quand t’avons-nous vu affamé, ou assoiffé, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison et ne t’avons-nous pas secouru ? » 45 Le roi leur répondra : « Je vous le déclare, c’est la vérité : toutes les fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, vous ne l’avez pas fait à moi non plus. » 46 Et ils iront subir la peine éternelle, tandis que ceux qui ont fait la volonté de Dieu iront à la vie éternelle. »

Message / Prédication

Pour ne pas avoir nourri les affamés, ces petits, pour ne pas avoir étanché leur soif, pour ne pas avoir accueilli ceux d’entre eux qui étaient étrangers, pour ne pas les avoir vêtus, pour ne pas en avoir pris soin alors qu’ils étaient malades ou enfermés, on dira à certains : « Allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges ! ».

Jugement, sanction et punition. Bien fait, me direz-vous ! Non mais, c’est vrai après tout ! C’est bien de leur faute non ? S’ils avaient été parfaits comme tout le monde, eh bien, ça ne leur serait pas arrivé !

J’imagine qu’en lisant ce texte, vous devez abonder dans mon sens, donnant raison à cet « épilogue » à grand renfort de hochements de tête et d’applaudissements. Non ?…

En fait, chers frères et sœurs, en lisant ce passage je me pose moi aussi quelques questions… En réalité, ce ne sera pas moi que vous verrez jeter la première pierre à ces condamnés…

Mais tout d’abord quelques réactions et je vous prie de pardonner mon insolence… Mais quand même, on a l’impression que Martin Luther et Jean Clavin (entre autres) ont dû sauter à pieds joints cet épisode dans la lecture de la Bible… Par la foi seule dit-on ? On a plutôt l’impression dérangeante que ce sont les faits et eux seuls qui comptent, car pas à une seule reprise il n’est question de foi ou de grâce, mais bien de « l’agir ».

Ensuite : où est passé le Christ, figure d’amour et de compassion du Père ?! Une fois encore, je vous serais reconnaissant d’excuser cette question, mais j’avoue que c’est une des premières qui m’est venue à l’esprit… Un président de tribunal à l’air impitoyable sûrement, mais Jésus de Nazareth…

Pour finir, je ne sais pas combien d’humains – car il est bien dit : tous les peuples de la terre (et pas seulement les chrétiens) – auront la chance d’être considérés comme des moutons… Car voyez-vous, j’imagine comme assez dense la taille du troupeau des chèvres. En tout cas c’est sûr, et j’espère que personne ne sera déçu en lisant ce message, il y a fort à parier que je me verrais bien lors du tri, assis bêtement les yeux écarquillés aux côtés de l’animal du M. Seguin de l’histoire !

Alors tout d’abord soyez rassurés : personne, à de rares exceptions, ne peut être uniquement catalogué « 100 % mouton » ou « 100 % chèvre », n’en déplaise aux éleveurs qui me liront ! Toutes et tous nous portons ou nous porterons cette double casquette, à la fois pécheurs par notre condition humaine, et justes par la lueur divine qui brille en chacune et en chacun de nous. Et pour vous l’exprimer autrement, je vais pousser le raisonnement un tout petit peu plus loin.

Il est question dans le texte d’êtres assoiffés, affamés, dévêtus, malades, étrangers et emprisonnés. Alors, pas besoin d’aller bien loin pour trouver ces gens, ces « plus petits ». Ce frère ou cette sœur (aussi !) du Christ, vous pourrez le ou la regarder droit en face… dans un miroir…

Oui, parfaitement ; car qui de nous n’a jamais eu soif d’autre chose que d’eau ? N’avez-vous jamais eu par exemple soif d’amour ? Faim de Justice ? Ne vous êtes-vous jamais sentis dénudés intérieurement ? N’avez-vous jamais été en proie à un chagrin si intense qu’il vous a semblé presque en mourir ? Ne vous vous êtes-vous jamais sentis emprisonnés de vous-mêmes, comme incapables de vous libérer de barreaux invisibles ? Ne vous êtes-vous jamais sentis comme « étrangers », pas à votre place au milieu d’autres personnes ? Et avez-vous reçu chaque fois l’aide espérée ? Non, pas toujours n’est-ce pas ?

Car en fait, nous sommes à la fois ces petits auxquels Jésus s’identifie, et à la fois, nous sommes appelés à apporter notre aide. Et c’est aussi une des raisons qui fait que les gens du texte, qui ont ou qui n’ont pas aidé « ces petits », n’ont pas vu en eux le visage du Christ. Comment en effet serait-il possible de reconnaître Jésus en l’autre, alors qu’il m’est impossible de me sentir digne de le reconnaître en moi ? Une autre raison, bien moins reluisante, c’est que pour voir le Messie dans celui qui demande implicitement ou pas de l’aide, il faut le regarder avec des yeux « sans filtres », désembués de mépris, d’a priori, de jugements de valeur… Bref, avec des yeux de compassion et d’amour… Et ce n’est pas toujours simple.

Car combien de foi moi-même n’ai pas vu dans l’autre le Christ lui-même ?! Et quelle importance, lorsque l’on entend Jésus nous dire que de se désintéresser de ceux qui souffrent (aussi bien intérieurement que physiquement), c’est aussi paradoxal et grave que de se désintéresser de lui-même !

Alors, ne pensez surtout pas que ce texte incite aux bonnes œuvres pour gagner la faveur du Seigneur ; c’est tout le contraire ! Parce que l’amour inconditionnel de Dieu, manifesté en Christ, est entièrement gratuit. Et agir selon sa volonté, c’est donner à notre tour, parce que nous sommes transformés par cet amour ! C’est parce que notre cœur porte l’empreinte d’une compassion gratuite qui elle-même appelle à être partagée avec celles et ceux qui en ont besoin.

Et cette compassion, cet amour, il perdrait assurément son caractère de gratuité si nous avions eu dans l’idée d’agir pour obtenir le Salut. Parce que sinon, tout le monde aiderait tout le monde, parce que ça lui rapporterait des points bonus avec Dieu ! On pourrait même imaginer des cartes de fidélité pour super sauveurs, avec des autocollants à collectionner… Mais alors, la seule couronne à laquelle nous aurions droit, est celle du roi ou de la reine de l’hypocrisie ! C’est sûr, c’est beaucoup plus pratique et facile que d’agir parce qu’un jour, et au jour le jour, nous avons placé une confiance absolue dans l’idée qu’un amour gratuit était amené à changer notre regard. Et ce regard transformé, c’est exactement là où nous mène notre texte.

Assurément, au jour dernier, nous ne serons pas jetés dans les flammes d’un Enfer qui a bien trop longtemps, été brandi comme l’étendard servant à exploiter la peur des fidèles. Ce qui sera jeté au feu, ce dont on nous débarrassera, ce sera de cette part qui en nous, nous sépare de Dieu, nous éloigne de Lui, de ce qui nous divise intérieurement.

L’objet de la campagne de « Terre Nouvelle » n’est donc pas une occasion de se donner « bonne conscience ». Elle est bien au contraire, l’occasion de reconnaître dans ces populations haïtiennes et rwandaises, des frères et des sœurs d’humanité.

Imaginons un instant que nos enfants ou nos petits-enfants aillent à l’école de Fleurier, de Buttes, de Couvet, de Travers ou de Noiraigue dans des classes de 100 élèves, avec 1 pupitre pour 5 enfants, 1 cahier pour 2 et de l’eau qui coule sur leur tête… Imaginons que nos paysans de la Côte-aux-Fées, des Verrières et des Bayards ne puissent plus descendre dans le bas-vallon parce que les routes sont impraticables…

Mais non, nous avons la chance d’avoir des écoles qui ne tombent pas en ruine, de beaux locaux et de belles routes bien goudronnées.

Alors n’oublions pas que ce qui apparaît comme étant inacceptable ici, doit aussi nous apparaître comme étant inacceptable ailleurs.

Ainsi je nous exhorte, et moi en tout premier, à ôter ces œillères qui cachent autour de nous, la misère sociale qui nous entoure ; la souffrance morale chez les toxicomanes, chez les personnes homosexuelles, transgenres ; la solitude inacceptable des veuves et des veufs, des étrangers, des personnes parquées en marge d’une société dans laquelle nos peurs dictent nos actes ; dans laquelle les craintes de la différence, se justifient par le seul fait que l’on ne souhaite pas être dérangé dans le confort intérieur de nos vies bien rangées.

Je nous souhaite de voir, auprès des personnes retraitées, des personnes au « bénéfice » d’une rente sociale, non pas le reflet d’un égocentrisme qui rejette au rang d’« improductifs » celles et ceux qui n’entrent pas dans les cases d’un modèle individualiste, mais le regard d’un frère et d’une sœur.

Je nous exhorte à regarder vers le Rwanda, vers Haïti et vers tellement d’autres lieux encore, avec d’autres regards que ceux issus d’une compassion de complaisance.

Je veux pouvoir ouvrir la brochure de « Terre Nouvelle » en ne voyant pas l’occasion de me montrer « bon chrétien », mais en pleurant sur les photos de ces enfants parce que j’y reconnais les miens. Parce que le seul visage qui m’apparait, chers frères et sœurs, est tout simplement celui du Christ. Amen.

Présentation de la campagne Terre Nouvelle d’automne 2020

Le projet au Rwanda

Partenaire de DM-échange et mission, l’Église presbytérienne au Rwanda (EPR) compte environ 400 000 fidèles réparti·e·s dans 212 paroisses, elles-mêmes regroupées dans 7 presbytères, et gère des activités sociales pour améliorer les conditions de vie de la population.

Le programme de collaboration 2017-2020 entre l’EPR et DM-échange et mission contribue au développement et au renforcement des compétences des établissements qui dépendent de l’EPR pour qu’ils puissent offrir un encadrement de qualité aux jeunes Rwandais·e·s. Si le Centre presbytérien d’amour des jeunes (CPAJ) qui accueille les enfants des rues est situé en ville, une grande majorité des écoles est localisée dans les zones rurales, auprès des paysan·ne·s en situation de précarité.

Le projet se divise en trois axes :

1) Améliorer l’éducation
2) Renforcer les compétences du corps enseignant
3) Accompagner les enfants des rues dans leur réinsertion scolaire
ou professionnelle

Le projet en Haïti

Le projet contribue au développement et au renforcement des compétences des petits paysans en les incitant à produire des semences reproductibles et à développer l’élevage et la production fruitière, tout en favorisant la biodiversité. L’idée est de rendre les communautés plus autonomes. Le projet concerne principalement la production, la commercialisation et la protection de semences reproductibles. L’approche est participative et inclusive pour l’ensemble des parties prenantes locales, avec un accent mis sur les femmes. Il s’agit aussi de permettre la préparation conjointe de réponses de relève rapides en cas de catastrophe, aussi indépendantes que possible des aides extérieures, notamment sur les points essentiels de la production agricole. Cette intervention cible 11 000 personnes du département de la Grand’Anse, l’un des plus reculés du pays.

Le projet se divise en trois axes :

1) Assurer des semences reproductibles
2) Renforcer la production durable et la commercialisation de produits
fruitiers et d’élevage
3) Étude et valorisation de la biodiversité locale

(Brochure « Sillons d’espoir », Campagne DM – EPER 2020, Rwanda-Haïti, pp. 4-12)
Pour plus d’informations : www.eper.ch/dm-eper

Prière d’intercession

Seigneur, tu nous dis :
à chaque fois que nous avons fait du bien à l’un
de ces plus petits, c’est à toi que nous l’avons fait,
nous voulons te dire merci pour l’engagement des œuvres d’entraide
et de mission,
et de tous ceux qui témoignent de ton amour partout dans le monde
en donnant à manger aux affamés, à boire aux assoiffés,
en visitant les prisonniers et les malades.

Merci de nous accorder le privilège d’être proches des petits
par l’accueil, le partage et la solidarité :
un petit geste peut rallumer les rêves dans le cœur
des enfants et du corps enseignant au Rwanda ;
un coup de main peut permettre aux paysans d’Haïti
de vivre dignement de leurs terres ;
une aide peut faire germer l’espoir pour ceux et celles
que la crise sanitaire a propulsés dans la pauvreté.
Dans nos engagements solidaires,
accorde-nous l’humilité de voir ce que les petits sont capables d’offrir,
donne-nous de tracer ces sillons d’espoir avec eux,
avec leurs richesses et leurs forces
en vue de l’amélioration de leurs propres conditions de vie.
Accorde-nous de les regarder comme toi, tu nous regardes,
avec un cœur aimant et un regard bienveillant.

Pour nous-mêmes, dépose en nous les graines
de l’espérance, de la foi et de l’amour qui font reculer les inégalités,
les injustices, les peurs et qui nous donnent de travailler avec
persévérance
pour la joie de ton Royaume.
A toutes et tous donne la paix, la paix de ceux dont le cœur,
peut se reposer en toi et dans ton amour. Amen.

Yvena Garraud Thomas, pasteure
Responsable cantonale Terre Nouvelle EREN
(Brochure « Sillons d’espoir », Campagne DM – EPER 2020, Rwanda-Haïti, p. 30)

Notre Père

Seigneur Notre Dieu, par les mots de ton Fils, nous nous unissons avec les chrétiens de tous lieux et de tous temps pour te dire :

Notre Père qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi,
A ceux qui nous ont offensés,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne,
La puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles,

Amen.

Annonces

Cette semaine bien entendu, aucun culte ne sera célébré dans notre paroisse. Cependant, chaque semaine, notre blog paroissial accueillera un culte ou une méditation préparé.e par l’une ou l’un de nos ministres.

Nous vous transmettons la feuille d’annonces, avec des intentions de prières pour votre temps de recueillement personnel :

Cette semaine, l’offrande de notre paroisse était destinée au projet « Haïti » de Terre Nouvelle (Numéro de projet et titre : n° 830.388, Projet de développement et de renforcement de capacités en gestion de ressources naturelles). Nous vous invitons si souhaité, à faire votre don directement auprès de l’organisme de campagne en cliquant ici.

Vous avez également la possibilité en parallèle, de vous rendre sur les liens suivants pour entendre ce chant avec un chœur ou avec de l’orgue.

Bénédiction

Seigneur bénis-nous, nous t’en prions.
Bénis celles et ceux qui vivent dans la rue,
Ceux et celles qui sont obligés de braver le confinement pour chercher leur pain quotidien.
Et bénis particulièrement les plus fragiles
Les enfants, les personnes âgées, les malades.
Ouvre nos yeux et nos cœurs,
Afin que nous puissions reconnaître ton visage dans celui et celle que nous croisons
Et garde-nous dans ta bonté. Amen.

(Brochure « Sillons d’espoir », Campagne DM – EPER 2020, Rwanda-Haïti, p. 38)

L’équipe ministérielle de la paroisse réformée du Val-de-Travers vous adresse ses sincères messages d’espérance et de sérénité dans ces temps difficiles. Nous sommes à votre entière disposition pour un moment de partage ou d’écoute.

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Interruption de la célébration du culte #coronavirus

3 audaces – prédication des 24-25 octobre 2020

Lien pour ouvrir les textes du culte en format pdf

24-25 oct. 2020 – Môtiers et Les Verrières

Ouverture

Le Seigneur est déjà là quand nous entrons.

Le Seigneur est avec nous quand nous avançons.

Le Seigneur reste avec ceux que nous avons laissé derrière nous.

Il nous accueille pour ce temps de recueillement, de prière, de chant et de rencontre.

Dans ce culte, je nous inviterai à l’audace. Parce que nous vivons avec le Christ, nous sommes envoyés. Cela peut être là où nous sommes ou plus loin. Nous sommes tous concernés. Nous sommes tous appelés.

Psaume 9,2.10-15

Lecture de la Bible

Exode 17,8-13
2 Timothée 4,1-8
Luc 12,8-12

Prédication de David Allisson

Vous avez peut-être déjà pensé ceci :

Je n’ose plus écouter, lire ou regarder les infos : il n’y a que des mauvaises nouvelles dans ce monde. C’est trop déprimant, je préfère fermer le journal et éteindre le poste.

Oui…

Je suis d’accord pour ce qui est des infos relayées par les médias. Vous pouvez vous dire ce genre de choses. Mais vous êtes là aujourd’hui et un des médias les plus importants, c’est vous-mêmes. Vous venez au culte entendre une Bonne Nouvelle. Du moins, cela devrait être le cas, puisque c’est le sens du mot Evangile, celui que nous entendons quand nous nous rassemblons pour le culte.

Alors, qu’est-ce qui vous empêche d’approfondir et de faire fructifier cet héritage en le partageant autour de vous ?

Vous verrez, entretenir l’héritage et partager la Bonne Nouvelle qui en est la partie principale, c’est une des audaces auxquelles nous sommes appelés aujourd’hui.

(…)

Je suis sûr que vous avez déjà réfléchi à la question de la place de l’Eglise dans notre société.

Les textes bibliques qui viennent de nous être lus peuvent tous nous y faire réfléchir et je choisis comme porte d’entrée celui de la deuxième lettre à Timothée.

Cette lettre fait partie des épîtres dites « pastorales » avec la première à Timothée et la lettre à Tite. Paul, ou l’un de ses héritiers dans la mission de proclamer la Bonne Nouvelle qu’est l’Evangile, s’adresse aux futurs responsables de la communauté chrétienne. Ils veulent organiser l’Eglise, maintenant qu’il semble que la venue du Christ en gloire tarde. Ces trois lettres forment comme un groupe dans le Nouveau Testament. Elles donnent des directives aux responsables de l’Eglise qui est en train de se mettre en place. Voilà pourquoi elles sont appelées de ce nom général de « pastorales ». Elles veulent interpeller les pasteurs. (…)

Même si vous n’êtes pas pasteur, continuez d’écouter ! Je relis le dernier verset du passage : Le prix de la victoire m’attend : c’est la couronne du salut que le Seigneur, le juste juge, me donnera au jour du Jugement – et pas seulement à moi, mais à tous ceux qui attendent avec amour le moment où il apparaîtra –. 2Tm 4,8

Pas seulement le pasteur, mais tous ceux qui vivent de l’amour du Christ. Voilà. Maintenant que vous y êtes aussi, je peux continuer.

La lettre est adressée à Timothée qui va prendre la responsabilité de l’Eglise et par lui à toutes celles et ceux qui s’engagent dans une relation vivante au Christ. Alors, en écoutant ce qui lui est écrit, comment va-t-on situer l’Eglise dans la société d’aujourd’hui ?

Timothée est appelé à trois audaces, et l’Eglise aussi avec lui :

Oser reprendre l’héritage.

Oser s’engager intensément.

Oser résister durablement.

(…)

Oser reprendre l’héritage.

Ces audaces sont aussi celles que l’Eglise doit assumer aujourd’hui. Et vous sentez bien qu’il faudra que tout le monde participe. Pour vaincre les Amalécites, cela n’a pas suffi d’envoyer le pasteur Moïse diriger les opérations. Ils ont dû se mettre à deux pour l’aider à brandir le bâton en un geste qui allait donner la victoire à son peuple.

Jésus envoie tous ses disciples, même s’ils ont l’impression qu’ils ne trouveront pas les mots, comme de nombreux prophètes au moment d’être envoyés. C’est le complexe d’Elie et des prophètes dont Marion Muller-Colard a fait le titre d’un livre récent : le prophète est choisi justement parce qu’il n’a rien de plus que les autres et qu’il se sent à côté de la plaque. Il est choisi justement parce qu’il se dit « je ne veux pas y aller, la tâche n’est pas pour moi. Il faut quelqu’un de plus compétent ou de mieux instruit que moi. »

Eh, bien ! Non ! C’est Moïse que Dieu a choisi, C’est Jonas qu’il a rappelé alors que celui-là voulait s’enfuir dans la direction opposée, c’est Paul qu’il a envoyé avec son écharde dans la chair, ses mots maladroits et son sale caractère, c’est cette équipe de bras cassés que formaient ses disciples que Jésus a envoyés.

Alors pourquoi pas vous et moi en fin de compte ?

Quand nous nous retrouvons, nous le petit nombre, nous voyons bien qu’il faut faire quelque chose. Jésus a rencontré les enfants, les femmes et les hommes de son temps et leur a ouvert des perspectives de vie qu’ils n’imaginaient plus. Ils étaient enfermés dans les lois religieuses, sociales, politiques. Jésus a su s’adresser aux uns et aux autres pour leur révéler une vie qui a du sens, une vie ouverte à différents possibles, une vie placée sous le signe de l’amour.

Jésus a souffert sous Ponce Pilate, il a été crucifié, il est mort, il a été enterré et le troisième jour de sa mort, il est ressuscité. Il est ressuscité, cela veut dire que cette vie dont l’avenir est ouvert est encore possible, parce que le destin tragique qu’a connu Jésus n’est pas la fin de tout, mais au contraire marque l’ouverture à cette vie toujours possible.

Et c’est exactement ça, l’Evangile, la Bonne Nouvelle : on ne peut pas tuer la vie, parce que c’est la mort que Jésus a tuée.

L’Eglise trouve sa place dans notre société quand les chrétiens, celles et ceux qui vivent de l’amour du Christ répondent à l’envoi qui leur est adressé.

Voilà l’héritage qu’il vous faut oser reprendre, partager et faire fructifier. Cette vie qui vous nourrit, elle va nourrir d’autres personnes. Dans le texte de l’épître, Paul arrive au bout de sa course. D’autres vont prendre le relais : « L’avenir est entre tes mains, moi j’ai terminé mais la course de l’Evangile continue… » – Osons reprendre l’héritage.

Oser s’engager intensément.

En lisant 2 Timothée, on peut penser que Paul met la pression : Je te le demande solennellement (…) : prêche la parole de Dieu avec insistance, à temps et à contretemps ; sois persuasif, adresse des reproches ou des encouragements, en enseignant avec une patience parfaite. (2Tm 4,1-2)

Remplis ton ministère.

Remplis ta vie.

Oui, il y du travail et de quoi nous rendre hyperactif au point de perdre le sens de ce que nous faisons. On le dit parfois à propos de la médecine actuelle : les progrès médicaux ont permis d’ajouter des années à la vie et maintenant nous cherchons comment ajouter de la vie aux années. Il faut que ces années à vivre permettent un sens à ce qui est vécu.

Plutôt que de remplir notre emploi du temps avec ce qui est demandé ici, il s’agit de donner un véritable contenu à notre engagement.

Et si cela commençait  par la redécouverte du lien de personne à personne avec le Christ ? Etre engagé dans l’Eglise n’implique pas un savoir : cela peut facilement être remplacé par les légendes dont parle la lettre (2Tm 4,4). Etre engagé dans l’Eglise n’implique pas un savoir-faire : il y a déjà toutes sortes de paroles agréables à entendre qui circulent dans notre monde et déjà à l’époque du Nouveau Testament.

Etre engagé dans l’Eglise, c’est d’abord un « vivre avec le Christ ». Et là réside l’enjeu d’une réalité de l’Eglise, à toutes les époques. Vivons avec le Christ et discutons de ce que cela nous fait – osons nous engager intensément.

Oser résister durablement.

De nos jours et dans notre contexte de société, nous voyons bien que l’Eglise comme telle n’a plus la cote. Il faut aller à contre courant pour relever les éléments importants de cette Bonne Nouvelle qui fait vivre les chrétiens. Et cela coûte des efforts et un engagement sur le long terme.

Le temps viendra où les gens ne voudront plus écouter le véritable enseignement, mais ils suivront leur propres désirs et s’entoureront d’une foule de maîtres qui leur diront ce qu’ils aiment entendre. (2Tm 4,3)

Le temps de la résistance est aussi à comprendre comme une résistance contre nous-mêmes. Nous aimons nos temples, nos salles de paroisses et nos cures, mais notre mission n’est pas de préserver cela, ni non plus une pureté de doctrine pour laquelle nous serions prêts à mourir ou à tuer.

Je te le demande solennellement devant Dieu et devant Jésus Christ, qui jugera les vivants et les morts, je te le demande au nom de la venue du Christ et de son Royaume : prêche la parole de Dieu avec insistance, que l’occasion soit favorable ou non ; sois persuasif, adresse des reproches ou des encouragements, en enseignant avec une patience parfaite. (2Tm 4,1-2)

Peut-être que nous devrons renoncer à un certain nombre de temples un jour. Peut-être que nous n’aurons plus autant de salles de paroisse à disposition pour nos réunions. Ce n’est pas grave, parce que c’est la vie en Christ qui doit être favorisée. L’autre jour, je parlais avec une jeune femme qui me disait qu’elle est chrétienne et qu’en même temps elle n’aime pas en parler comme d’une appartenance. Pour elle, parler d’appartenance, c’est créer des exclusions. Il y a ceux qui en sont et il y a ceux qui n’en sont pas. Son engagement chrétien est inclusif dans le sens où elle se reconnaît fille de Dieu et tous les humains sont enfants de Dieu. Ce n’est pas à elle de définir les appartenances et les exclusions.

Vivre l’Eglise comme ça, c’est entrer en résistance par rapport aux besoins actuels d’identifier les bons et les méchants, les vrais réfugiés des faux, les travailleurs indigènes ou les étrangers, les travailleurs locaux et les frontaliers, etc.

Jésus a quitté ses disciples qui ont dû organiser leur vie et leur espérance en son absence.

Paul est l’un des successeurs. Lui-même s’apprête à se retirer, c’est ce que nous lisons dans la deuxième lettre à Timothée. Timothée à son tour va organiser sa vie et son espérance en l’absence de Paul.

Entrons nous aussi dans cette persévérance et dans cette résistance. Vivons aujourd’hui notre relation avec le Christ dans les dimensions de la vie, de l’espérance et de l’ouverture. Osons résister durablement.

J’ai combattu le bon combat, je suis allé au bout de la course, j’ai gardé la foi. (2Tm4,7)

Cette phrase est parfois citée sur des faire-part de deuil.

Elle est d’abord appelée à affermir le courage, la persévérance et l’audace des vivants que nous sommes.

Peu importent les contrariétés, nos sentiments de faiblesses, nos complexes ou notre manque de volonté. Jésus a envoyé ses disciples en leur demandant de ne pas se faire de souci pour les mots qu’ils auront à prononcer. Ils savaient bien que la relation au Christ les rendait vivants et ouverts. C’est de cette vie qu’ils auraient à témoigner. Qu’il en soit de même pour nous. Nous venons nous nourrir de la Bonne Nouvelle qu’est l’Evangile. Nous propagerons cette Bonnes Nouvelle autour de nous et d’autres la recevront, se l’approprieront et la transmettront à leur tour. Et ce n’est pas grave si ce n’est pas exactement de la même manière que nous. 

Eux aussi auront ces trois audaces :

Oser reprendre l’héritage.

Oser s’engager intensément.

Oser résister durablement.

Allons-y pour eux et avec eux. Le Saint-Esprit vous enseignera ce que vous devez exprimer.(Luc 12,12) Quiconque reconnaît publiquement qu’il est mon disciple, dit Jésus, le Fils de l’homme aussi reconnaîtra devant les anges de Dieu qu’il est à lui. (Luc 12,8)

Le Saint-Esprit vous enseignera ce que vous devez exprimer.

Amen.

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Réformation et 20 ans de l’orgue de Couvet

Silence, on frappe! théâtre par la compagnie La Marelle

Représentation annulée. Nouvelle annonce à venir dès que le spectacle aura été reprogrammé. Merci de votre compréhension.

Spectacle théâtral par la compagnie La Marelle

Vendredi 13 novembre 2020 à 20h à la salle Fleurisia

Dans le salon lavoir où règne Lucia, la sicilienne au franc parler, on y lave son linge mais pas que ! On y rit aussi, on y pleure, on y échange, on se confie, bref, on y vit ! 

Madeleine, une habituée de longue date, évoque souvent ses difficultés de couple ou de mère d’ados. Elodie, étudiante en architecture semble loin de ces préoccupations mais toutes deux n’hésitent pas à partager leurs difficultés à la patronne dont l’humour et le bon sens font du bien. Au fil des rencontres, une amitié se crée et avec elle, l’envie de s’entraider quand la vie devient difficile !

Et malgré cela, quelques semaines plus tard, un drame fait les gros titres de la presse locale… 

En Suisse, tous les 15 jours, une personne meurt en conséquence de la violence domestique. 70% sont des femmes.

« Silence, on frappe !» est une contribution de la Compagnie de la Marelle pour lever le silence sur une réalité dont on ne parle jamais assez.

Lien vers l’agenda de la tournée de Silence, on frappe!
et les dates dans le canton de Neuchâtel – lien

Être riche de Dieu – culte des récolte du 4 octobre aux Bayards

Culte des récoltes présidé le dimanche 4 octobre 2020 au temple des Bayards par Séverine Schlüter et André Chédel
Musique : Jean-Samuel Bucher (orgue) et groupe Cornucopia (cor des Alpes), mené par Pierre Juvet
Lectures et service : Rose-Marie Fragnière

Accueil et invocation

Plusieurs aspects nous rappellent que cette année, ce culte aura une saveur bien particulière : je ne verrai pas vos visages, nous ne serons pas réunis autour du pain et du vin, nous n’échangerons pas nos produits de nos jardins potagers ou du verger à la fin du culte.

Et pourtant, il y a de quoi se réjouir, et vivre ce moment dans la fête : le temple est bien décoré, les musiciens sont prêts à égayer ce moment… et vous êtes là, devant moi ; nous sommes là avec nos regards à échanger, et la présence de Dieu, fidèle, parmi nous.

Comme nous nous sommes accueillis les uns les autres, c’est aussi Lui qui nous reçoit et nous emplit de son Esprit.

Réjouissons-nous dans sa présence avec les paroles du Psaume 104 :

Que tes œuvres sont nombreuses, Seigneur,
toutes avec sagesse tu les fis,
la terre est remplie de ta plénitude,
toute la création espère en toi.

Tu envoies ton souffle créateur,
tu renouvelles la face de la terre.
À jamais soit la gloire du Seigneur,
que le Seigneur se réjouisse en ses œuvres !

Je veux chanter au Seigneur tant que je vis,
je veux jouer pour mon Dieu tant que je dure.
Puisse mon langage lui plaire,
moi, j’ai ma joie dans le Seigneur.

Lectures bibliques : 

Prédication à deux voix : Être riche de Dieu

  • Séverine Schlüter, sur le texte du Deutéronome :

«Lorsque tu mangeras et te rassasieras, garde-toi d’oublier l’Éternel, ton Dieu»

(v. 12 et 11).

Les Israélites sont en effet à un tournant de leur histoire.

Après des années passées à errer dans le désert, les voici aux portes d’un nouveau pays, plein de promesses…

L’heure est à la réjouissance – mais aussi à la mise en garde, face à ce qui les attend.

Bien sûr, on peut penser aux inconnues et dangers potentiels qui sont devant eux : ce pays est habité, et ils risquent d’y rencontrer de l’adversité… c’est un lieu qu’ils ne connaissent pas, et qu’ils devront apprivoiser… de nomade, ils vont apprendre à devoir être sédentaires. Tout est encore à construire !

Autant de paramètres qui pourraient les inquiéter. Pourtant, la mise en garde ne concerne par les difficultés qu’ils risquent de rencontrer – mais au contraire l’abondance dans laquelle ils vont entrer !

«…lorsque tu bâtiras et habiteras de belles maisons, lorsque tu verras multiplier ton gros et ton menu bétail, s’augmenter ton argent et ton or, et s’accroître tout ce qui est à toi, prends garde que ton cœur ne s’enfle, et que tu n’oublies l’Éternel, ton Dieu, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude…» (v. 12b-14)

Cela m’a rappelé les débats que nous avions, à l’époque, avec mes camarades du groupe de jeune de ma paroisse : à quel moment risque-t-on le plus de mettre Dieu de côté : quand on traverse une passe difficile, et qu’on se sent abandonné de lui, ou au contraire quand tout va bien, et qu’on oublie sa présence dans nos vies ??? La réponse n’est pas facile à donner, et nous n’étions pas tous d’accord entre nous.

Et après tout, qu’importe. Car ce qui se joue dans les deux cas, c’est sensiblement la même chose : le défi qui nous est lancé de savoir compter sur la présence de Dieu, pas après pas, comme celui qui nous guide, quelles que soient des péripéties qui traversent nos vies…

A l’heure où ils vont prendre possession de leur nouveau pays, Dieu exhorte ainsi son peuple à ne jamais oublier d’où ils viennent : ils ont fait l’expérience de l’esclavage en Égypte, puis des scorpions, du manque d’eau et de nourriture. dans le désert… et pourtant Dieu n’a pas cessé de les accompagner, pour leur faire traverser ces épreuves, et arriver dans ce pays d’abondance.

Ils ont dû apprendre la confiance, au jour le jour – confiance que chaque matin Dieu serait là pour les mener un peu plus loin. Mais maintenant, alors qu’ils n’auront plus à s’inquiéter de leur subsistance, comment va se jouer leur relation à Dieu ? Sauront-ils se rappeler des valeurs essentielles que Dieu leur a confiées ?

Semer, planter, prendre soin, récolter ne devront pas être un prétexte pour se considérer comme : s’ils l’oublient, Dieu saura leur rappeler qu’au départ, c’est lui qui a créé leur environnement, qui les y a placés, qui leur a donné les conditions et la force nécessaire pour obtenir tout cela !

Nous voici dans un autre contexte. Mais nous avons aussi une interpellation à entendre.

 Ce culte est traditionnellement celui où nous rendons grâce pour les récoltes, pour tous les biens que nous avons reçus. Nous sommes invités à notre tour à ne pas oublier que tous ces dons ne sont pas un dû, et ne vont pas de soi.

Nous voici aussi à un carrefour, à un tournant, en ce qui concerne notre environnement et l’urgence climatique.

La terre est mise à mal de bien des manières.

Le réchauffement planétaire, la surexploitation des ressources, les inégalités qui se creusent sont les témoins d’une vision du monde qui arrive à ses limites : une vision du monde qui nous a fait croire que nous étions propriétaires de cette terre.

Il nous faut changer de regard, et se rappeler que cette terre nous a été donnée, et que nous y avons été placés pour l’habiter.

Un défi nous est lancé : saurons-nous garder ou retrouver les valeurs essentielles que le Seigneur nous a confiées ? C’est-à-dire reconnaître les traces de sa présence au travers de notre environnement et respecter les êtres qui la peuplent ?

Le texte de Luc qui a été lu tout à l’heure nous invite justement à nous tourner vers l’essentiel…

  • André Chédel, sur le texte de Luc :

Cette parabole est le reflet de la prévoyance à outrance – c’est-à-dire se calfeutrer contre la disette improbable.

L’épisode du semi-confinement de février en est un exemple : “dévaliser les magasins sans mesure à cause de la peur de l’inconnu.”

En première lecture ce texte n’est rien d’autre que de la dynamite : il fait exploser notre système de prévoyance.

Dès le berceau on est éduqué à épargner, prendre soin des choses ; respecter la nourriture, c’est le sens profond d’un culte des récoltes.

Travaille pour gagner ton pain.

Paresseux, va vers la fourmi, observe son anticipation de l’hiver.

Si tu n’œuvres pas, tu ne manges pas.

Même le grand Jacob de l’Ancien testament doublait son cheptel avec sa tisane de feuilles de peuplier, d’amandier et de platane. IL s’y connaissait le bougre en chimie naturelle. Il mettait en pratique les 3 éléments de la “trinité humaine” : le peuple, l’amande (donc l’aliment) et le bien-être, la sécurité.

Et que penser de la richesse de Salomon ? Mais ce roi a compris que cela ne suffit pas : c’est le premier élément pour comprendre le texte de Luc.

Aujourd’hui, c’est un merci pour la récolte annuelle afin de passer l’hiver sereinement avec la générosité de la nature nourricière.

En cas d’abondance, que faire du surplus à emmagasiner ? C’est bien là la vraie question. Faut-il acheter un frigo plus grand ? Louer un grenier ? Joseph l’a bien fait en Égypte suite à un songe salutaire pour une multitude.

Alors c’est quoi cette parabole-dynamite du succès ?

Pour aller au cœur du message, il faut lier la première phrase avec la dernière du texte lu : “La terre d’un homme riche avait beaucoup rapporté ,mais lui-même n’était pas riche pour Dieu”. Voilà la malédiction prophétique d’Esaïe 5.8 : “Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison et qui accumulent champ après champ jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’espace”.

Plus d’espace… même pour eux. Pas de place pour respirer, pour bouger, apprécier : bref une prison dorée sans avenir réel. Pourquoi cette folie de possession illimitée ?

L’assèchement du lac des Brenets dû à la sécheresse est un indice de l’angoisse de l’homme riche. Le fond du lac n’est pas étanche, donc l’eau se perd dans le sous-sol.

Le sol de l’homme riche n’est pas fiable, son âme sera enlevée cette nuit-même.

Les biens de la terre sont à honorer, c’est une bénédiction et non un capital assuré.

Les années ne sont pas égales, les éléments naturels variables, les parasites, erreur de culture.

Difficile d’évaluer les futures réserves.

La peur viscérale de manquer, c’est la prétention de tout gérer, tout contrôler. En un mot, se prétendre unique artisan de la réussite.

La richesse personnelle et une citerne précieuse mais ce n’est pas une source.

Saint-Paul l’affirme : “j’ai planté, Appolos a arrosé, mais Dieu a fait croître” (1 Corinthiens 3.6). Être riche de Dieu, c’est camper vers la source d’eau vive afin que ma terre ne souffre pas de la sècheresse. L’abondance c’est se laisse irriguer par la grâce divine. Au lieu de bâtir de nouveaux greniers, ce trop-plein se partage avec l’orphelin, la veuve et l’étranger ; c’est-à-dire, le chômeur, le licencié ou le pèlerin.

Dieu est certitude dans la ronde des saisons. Soyons reconnaissants et, comme l’huile de la veuve de Sarepta, les récoltes annuelles ne s’épuisent pas.

Amen.

Prière de reconnaissance – antiphonée avec l’assemblée 

Rose-Marie : Voici maintenant un moment que nous voulons vivre dans la reconnaissance. Je vous invite à prier.

DANS “RECONNAISSANCE”, IL Y A LE FAIT D’ÊTRE RECONNAISSANTS, DE DIRE MERCI POUR CE QUI NOUS A ÉTÉ DONNÉ.

Ainsi, Nous te rendons grâce, Dieu de bonté, pour toutes les merveilles de ta Création :

Assemblée :   Pour la beauté du ciel, de la terre, de la mer,

Pour la splendeur des montagnes, des plaines et des rivières,

Rose-Marie : pour la couleur des fleurs et le goût des fruits mûrs,

la douceur des blés et la palette des légumes de nos potagers, 

Assemblée :   pour le chant des oiseaux et le souffle du vent,

pour la chaleur du soleil et la fraicheur des pluies,

                    et l’ombre des forêts.

TOUS :         Merci pour la vie !

Rose-Marie : Nous te louons pour ces dons généreux, et nous t’en prions, aide-nous à les conserver à nos descendants.

Assemblée :   Accorde-nous de continuer à profiter avec reconnaissance de ta création si riche et si diverse.

TOUS :         En l’honneur et à la gloire de ton Nom, maintenant et toujours. Amen. »

Séverine :      DANS “RECONNAISSANCE”, IL Y A AUSSI LE FAIT DE RECONNAÎTRE SES LIMITES, D’ÊTRE LUCIDE SUR NOS MANQUEMENTS ET NOS ERREURS.

Nous reconnaissons, Seigneur, que nos choix et notre façon de vivre mettent en danger ce monde que tu as créé pour le bonheur et pour la vie.

Assemblée :   Tu as voulu faire de nous des partenaires, les gardiens et les jardiniers de ta Création. Pourtant, nous avons tendance à l’exploiter au lieu de la cultiver. A nous comporter comme des souverains absolus de ce monde, alors que tu en es le seul Seigneur et que nous n’en sommes qu’une infime partie.

Séverine :      Guéris nos vies, pour que nous soyons des protecteurs du monde et non des prédateurs, pour que nous semions la beauté et non la pollution ni la destruction.

Assemblée :   Ô Dieu des pauvres, aide-nous à secourir les abandonnés et les oubliés de cette terre qui valent tant à tes yeux.

Séverine :      Dieu d’amour, nous te prions pour tous ceux qui souffrent du feu et de l’eau, des tremblements de terre et des tempêtes. Qu’ils gardent espoir malgré les difficultés.

Assemblée :  Dieu d’amour, nous te confions tous ceux, en particulier les plus jeunes, qui mettent en œuvre de nouveaux projets devant l’urgence climatique.

Séverine :      Fais grandir en nous la détermination à respecter toute forme de vie et à prendre notre part de responsabilité dans la transformation du monde. Donne-nous un regard critique et constructif sur notre mode de vie.

Assemblée :   Ne laisse pas le fatalisme ni le défaitisme venir à bout de nos convictions.

TOUS :         Merci parce que tu es avec nous tous les jours ; soutiens-nous, nous t’en prions, dans notre lutte pour la justice, l’amour et la paix..

André :         DANS “RECONNAISSANCE”, IL Y A ENCORE LE FAIT DE SAVOIR RECONNAÎTRE, DISCERNER, SAVOIR LIRE DES SIGNES DANS CE QUI NOUS ENTOURE.

Assemblée :   Dieu de la vie, dans laCréation, tout nous parle de toi.

André :         Apprends-nous à découvrir la valeur de chaque chose, à contempler, émerveillés, à reconnaître que nous sommes profondément unis à toutes les créatures sur notre chemin vers ta lumière infinie.

Assemblée :   Nous te louons, Père, avec toutes tes créatures, qui sont sorties de ta main puissante. Elles sont tiennes, et sont remplies de ta présence comme de ta tendresse. Loué sois-tu.

André :         Fils de Dieu, Jésus, toutes choses ont été créées par toi.
Tu t’es formé dans le sein maternel de Marie, tu as fait partie de cette terre, et tu as regardé ce monde avec des yeux humains. Aujourd’hui tu es vivant en chaque créature avec ta gloire de ressuscité.
Loué sois-tu.

Assemblée :   Esprit-Saint, qui par ta lumière orientes ce monde vers l’amour du Père et accompagnes les plaintes de la Création, tu vis aussi dans nos cœurs
pour nous inciter au bien. Loué sois-tu.

André :         Et comme Jésus-Christ nous l’a enseigné, nous disons ensemble :

TOUS :         Notre Père qui est aux cieux,

que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés,
et ne nous laisses pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal,
car c’est à toi qu’appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
pour les siècles des siècles.

Amen.

Envoi et bénédiction

Prière de frère Alois de Taizé :

Esprit Saint, tu nous rends libres, libres pour aimer ceux que tu nous confies, libres aussi pour porter un regard nouveau sur la création. Tout ce qui est créé vient de toi, comme un don que tu nous confies.

Bénédiction (tirée de “Saison de la Création 2019, Toucher et être touché”)

Que votre cœur se repose dans l’immense amour du Père. Que les années, les saisons et les heures ne puissent s’écouler sans vous rapprocher de lui. Que parole et silence ne vous séparent jamais de nos frères et sœurs. Et que sur la terre, vous soit toujours donné un cœur qui aime Dieu, ses enfants et sa Création tout entière.

Amen.