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En route vers Pâques : un temps à vivre en familles

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Le monde tourne au ralenti. Prendre le temps d’un arrêt pour retrouver où donner de la tête

Evangile et Liberté a publié le 17 mars dernier un article de Caroline Cousinié, pasteure de l’Eglise Protestante Unie de France un article intitulé « Je ne sais plus où donner de la tête », texte à retrouver par ce lien.

Depuis quelques jours, je remarque que je m’agite en me demandant beaucoup ce que je peux apporter aux autres et comment faire à distance ce que nous faisons d’habitude en proximité ou en réunion.

Mais au fond, qu’est-ce que les autres attendent de moi? J’aimerais faire un temps d’arrêt et me demander:

– je me demande où est Dieu dans tout ce que nous sommes en train de vivre?
– de quoi ai-je besoin maintenant dans cette période où la consigne est de rester chez moi?
– de qui ai-je besoin pour vivre ce que j’attends en réponse à mes besoins?
– de qui est-ce que je me préoccupe en ce moment?
– comment est-ce que je peux entendre les besoins de celles et ceux dont je me préoccupe?

Je me réjouis de lire vos commentaires à cet article où vous partagerez vos éléments de réponses à ces questions que je me pose.

David Allisson, pasteur

Des bougies à la fenêtre : l’EERS et la CES appellent à poser un signe commun d’espérance.

Lien pour télécharger le papillon de l’EERS

Eglise Evangélique Réformée de Suisse EERS – communiqué du 26 mars 2020

Les Eglises évangélique réformée et catholique romaine de Suisse donnent ensemble un signe de communion et d’espérance en cette période de crise du coronavirus. Tous les jeudis jusqu’au Jeudi Saint, des bougies seront allumées sur les rebords de fenêtres, à 20h00, dans tout le pays et les gens sont invités à formuler une prière.

Magasins et institutions fermés, messes, cultes et manifestations supprimées : la crise du coronavirus touche la société suisse tout autant émotionnellement et spirituellement qu’au niveau de la santé et de l’économie.

Action œcuménique : allumer un océan de lumières

En signe d’espérance et de communion, la Conférence des évêques suisses, la CES, et l’Eglise évangélique réformée de Suisse, l’EERS, appellent chacune et chacun, dans un message commun, à allumer une bougie chaque jeudi soir à 20h00, à la placer de manière visible à la fenêtre et à prier, par exemple un Notre Père : pour les victimes du virus, pour celles et ceux qui travaillent dans le domaine de la santé et pour toutes les personnes menacées d’isolement dans la situation actuelle. « Nous demandons l’aide de Dieu pour toutes ces personnes et nous exprimons de cette manière notre communion avec elles », explique Mgr Gmür. L’objectif est de créer un océan de la lumière de l’espérance à travers tout le pays. Cette action durera jusqu’au Jeudi Saint. « L’Eglise est plus qu’une maison – elle est une mission, celle de veiller les uns sur les autres, tout particulièrement quand il y a une menace », dit Gottfried Locher. Ce souci des autres dans notre pays va plus loin : au soir du Jeudi Saint toutes les cloches des deux Eglises sonneront à 20h00 pour la prière du soir ; il en sera de même le dimanche de Pâques.

Restez à la maison. Sauvez des vies.

Lien vers l’affiche de lOFSP « Restez à la maison, sauvez des vies »

Suspension des réunions jusqu’à nouvel avis – service adapté

lien pour ouvrir le document en format pdf

Durant la période des mesures liées à la situation extraordinaire de l’épidémie de COVID-19 du coronavirus, les réunions ne sont plus possibles. N’hésitez pas à appeler par téléphone l’un·e des pasteur·e·s de la paroisse.

Ecoutez le culte à la radio sur Espace 2 ou en ligne. Utilisez le lien suivant: le culte à la RTS – lien

Prenez soin de vous et soyez solidaires en respectant les consignes et recommandations rappelée sur les pages accessibles par les liens suivants:
Office fédérale de la santé publique – OFSP
Etat de Neuchâtel, santé publique, page dédiée au coronavirus
Eglise Réformée Evangélique du canton de Neuchâtel – EREN

Voyez aussi: Comment se comporter face au coronavirus – ArcInfo

Suspension des activités y compris les cultes jusqu’au 4 avril au moins

Le Conseil synodal communique ses décisions urgentes prises ce jour en lien avec le coronavirus Covid-19:

Toutes les activités proposées par l’Église (y compris les cultes) sont suspendues jusqu’au 4 avril. Il est fort probable que cette échéance soit retardée. Restez informés – lien.

Toutes les activités en lien avec les enfants et la jeunesse sont suspendues, conformément aux mesures cantonales, jusqu’au 30 avril au moins.

Les services funèbres se font dans l’intimité (max. 20 personnes). Les ministres offrent à la famille la possibilité d’une cérémonie publique, avec ou sans urne, lorsque la situation le permettra.

Les visites de deuil ont lieu dans des locaux paroissiaux suffisamment grands et non au domicile des familles.

Aucune description de photo disponible.
Dans la paroisse du Val-de-Travers :
Il n’y aura donc pas de culte aux Bayards ce dimanche.
Pour ceux et celles qui souhaitent un contact, le pasteur Patrick Schlüter sera atteignable ce dimanche 15 mars entre 9h et 12h au 032 863 34 24 ou 079 657 25 12 (WhatsApp) ou via les réseaux sociaux. Le texte biblique du jour nous invite à « adorer Dieu en esprit et en vérité » plutôt que dans un lieu précis. Expérimentons donc une nouvelle forme de communion!
Prenez soin de vous et restons en lien!😀

Message apporté lors de la célébration dans la communauté de Grandchamp, le 12 mars 2020

Message de Véronique Tschanz A, selon textes bibliques : Hébreux 3, 7-15 et Matthieu 20, 29-34

Au temps de Jésus, les aveugles sont socialement exclus parce qu’ils sont différents, impurs. On attribuait leur cécité à des péchés ou aux  fautes de leurs parents.  

Ces 2 aveugles sont assis, au bord du chemin… belle métaphore pour dire que leur vie est en arrêt, en dehors. Malgré eux, ils ne peuvent s’intégrer.

Il ne leur reste rien… ou sinon leurs CRIS.

Définition : Le cri sert à exprimer une émotion, une sensation. Crier amène à exprimer un sentiment avec vigueur et force.

Qu’est-ce qu’expriment les cris des 2 aveugles ? La souffrance, la solitude, le sentiment d’injustice ?

Mais leurs cris expriment aussi l’espoir… de croiser en ce Jésus leur dernière chance.

Ces cris témoignent également de leur certitude que cet homme inconnu est « Maître, Fils de David », donc le seul à même de les sortir de leurs ténèbres physiques, morales et sociales.

Nous connaissons beaucoup d’autres CRIS de souffrance et de désespoir dans la Bible :

  • Le Christ sur la Croix (Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », emprunté au Psaume 22
  • Bartimée
  • Job qui crée son désespoir d’être né et en appelle à mourir

Les CRIS n’appartiennent pas seulement à la Bible. De tous temps, des femmes, des hommes ont crié pour dénoncer l’injustice, pour clamer la peur la souffrance.

Je pense à Dietrich Bonhoefer, à Martin Luther King, à l’abbé Pierre, aux Mères de la Place de Mai, aux manifestants de la place Tian’anmen, à Greta Thunberg et bien d’autres.

Dans notre récit, il est dit que ces cris gênent. Les disciples et les badauds veulent empêcher les 2 aveugles de s’exprimer.

Ces CRIS sont dérangeants parce qu’ils proviennent de gens considérés comme impurs, qui n’ont pas droit à la parole.

Ces CRIS sont embarrassants car ils troublent l’ordre établi, bousculent le chemin bien tracé des disciples et du peuple juif.

Et de nos jours ??… je crois que les CRIS des opprimés et de ceux qui subissent des injustices gênent toujours, et pour les mêmes raisons qu’à l’époque : ils nous renvoient à nos propres incohérences, ils dérangent nos routines et remettent en question l’ordre établi.

Mais je pense aussi que nous avons 3 problèmes autour des CRIS :

  1. Les CRIS sont étouffés par les bruits incessants et les informations qui surgissent de partout. Nous avons perdu l’habitude du silence et du recul. Nous sommes devenus les otages de nos technicités. Tous les CRIS se confondent, nous ne savons plus trier ni même entendre.
  • Peut-être que nos CRIS sont devenus timorés, nos prières muettes. Ou c’est peut-être pire : nous ne crions plus !

Nous avons tout à disposition. Et si nous connaissons la vie essentiellement sous l’aspect de la consommation et des plaisirs, nous n’avons pas besoin de crier et surtout pas envie d’entendre les CRIS des pauvres autour de nous !

  • Le 3ème souci autour du CRI, je l’entends souvent en tant qu’aumônière : c’est l’absence de réponse.  A quoi bon crier si personne, ne nous écoute, ne nous répond ! On me parle souvent du silence de Dieu et du silence des êtres humains.

J’aimerais développer un peu plus ce point du silence de Dieu.

Cela peut paraître blasphématoire de juger Dieu silencieux. Mais le Christ lui-même a crié son désespoir devant le silence de son Père.

Honnêtement, n’est-ce pas ce que nous ressentons dans nos moments de « creux », de dépression, de souffrance extrême ?

Cela me parait normal, propre à l’être humain et dans le milieu hospitalier, j’insiste sur cet état normal d’éprouver un silence de Dieu.

Dans ces temps de gouffre, nos forces sont focalisées sur notre mal-être. Il ne nous reste plus de ressources pour prendre du recul et pour voir, entendre, toucher Dieu.

Et pourtant, je crois que Dieu agit dans ces périodes d’intenses désolations.

Jamais il n’a promis de nous épargner les aléas de la vie. Par-contre, ce qu’il promet c’est de nous porter durant ces moments et de ne pas nous laisser nous noyer (Lire Esaie 43, 1-4)

La réponse de Jésus aux cris des 2 aveugles est immédiate, opérante directement.

Mais beaucoup d’autres témoignages parlent de la découverte de la réponse de Dieu après que le plus fort de la crise soit passée.

On se souvient du Psaume 23, « l’Eternel est mon berger »… c’est le récit imagé d’une marche douloureuse dans une vallée d’ombres et de mort. Mais le Psalmiste témoigne de la présence de l’Eternel, tel une Lumière non perçue immédiatement, comme une source de vie non détectée sur le moment.

Et cette vallée de ténèbres débouche sur une autre expérience de la vie. Il ne s’agit pas d’un bonheur total et acquis une fois pour toutes, mais une vie normale, marquée par une trace réelle, visible de bonheur et de paix.

Quand tout semble bouché, obscur et sans issue, il est difficile d’entendre des encouragements. Il est presque impossible de voir une lumière. C’est compliqué de sentir la présence de Dieu… et même des celles et ceux qui gravitent autour de nous !

Et pourtant, il nous reste le CRI : oser crier à Dieu son désespoir, prendre le risque de demander de l’aide, hurler dans le silence.

Je dis toujours aux gens endeuillés que je côtoie que CRIER à Dieu est une bonne idée car :

  • Dieu seul est capable de recevoir nos cris, nos colères, nos insultes en continuant de nous aimer et sans nous juger.
  • Dans le brouhaha de la vie quotidienne, Dieu est le premier à entendre nos CRIS et à y répondre, certes de façon mystérieuse.

J’aimerais terminer avec un autre CRI qui est tout aussi représentatif des psaumes : le CRI Alléluia !

Ce cri, inconnu des autres livres bibliques, définit mieux que tout autre le climat de la prière biblique. Idéalement, toute prière tend à la louange.

Celle-ci demeure la vocation ultime non seulement du peuple des psaumes mais de l’ensemble de la création : « Que tout être vivant chante louange au Seigneur. Alléluia ! »

En guise de conclusion, je vous propose des extraits du Psaume 145 : Lire Ps 145, 1-5 + 10-21. Amen