Aller au contenu principal

Tu es porteur de paix et de bénédiction – prédication du 7 juillet 2019

stained-glass-1181864-1280-2

Cultes radiodiffusés depuis Travers – 7, 14 et 21 juillet 2019

Lien pour ouvrir le fichier pdf des textes du culte du 7 juillet 2019

EREN, paroisse du Val-de-Travers Culte du 7 juillet 2019 – Travers, radiodiffusé

A réécouter sur www.celebrer.ch – lien

Accueil

Que la paix du Seigneur soit avec vous. Que la paix du Seigneur porte en nous des fruits de bénédiction.

Salutations

Bonjour et bienvenue ici au temple de Travers ou nous sommes réunis pour rendre un culte à Dieu.

Vous faites halte entre la semaine passée et la semaine qui s’ouvre, que cela soit dans cette église, chez vous ou encore en route. Bienvenue aux auditeurs de la RTS – Espace 2 avec qui nous partageons aujourd’hui musique, réflexion, prière et méditation.

Là où nous nous trouvons, le Seigneur de la Vie nous précède et nous accueille. Il est déjà présent là où nous arrivons. Il est avec nous en chemin.

Prière de Confession

Seigneur, tu nous accueilles et tu nous ouvres un espace où respirer à pleins poumons.

Et nous nous essoufflons bien souvent, pressés par le temps, nos limites ou nos manques.

Seigneur, tu nous appelles à être tes témoins dans ce monde où les humains réussissent trop peu à vivre ensemble.

Renforce notre confiance. Renouvelle la vie en nous et entre nous, pour que ton souffle allège nos relations. Ouvre nos sociétés à davantage de respect dans la façon de vivre les uns avec les autres.

Tu nous envoies annoncer la Bonne Nouvelle autour de nous, mais nous hésitons à payer le prix de la solidarité.

Tu nous libères en Jésus Christ, mais cette liberté nous inquiète.

C’est pourquoi nous t’adressons notre prière : Seigneur, prends pitié de nous !

Redeviens notre joie et notre espérance…

Chant « Ô ma joie et mon espérance, le Seigneur est mon chant »

Parole de pardon

Si notre cœur nous condamne, Dieu est plus grand que notre cœur, et il discerne tout. (1 Jean 3,20)

Dieu est plus grand que notre cœur…

Il connaît nos faiblesses et nos tentations, nos peurs et nos hésitations, nos blessures et nos souffrances.

Jésus le Christ est plus grand que notre cœur.

Il a surmonté la tentation.

Il a combattu la crainte et la peur.

Il a guéri les blessures et les tourments.

L’Esprit-Saint est plus grand que notre cœur.

Il nous assiste dans nos tentations.

Il nous délivre de nos peurs.

Il nous accompagne dans nos épreuves.

Dieu, le Père, le Fils, et le Saint-Esprit, est plus grand que notre cœur.

Il nous relève.

Il nous pardonne.

Il nous envoie.

Amen.

Antoine Nouis, La Galette et la Cruche, tome 1, page 141

Chant « Joie pour des sœurs et des frères »

 

 

Prière avant la lecture de la Bible dite par Denise Lambercier

[liturgie du culte dominical et des fêtes, communion protestante luthéro-réformée, société luthérienne de mission, 2018,  p.231]

Seigneur, nous voici devant toi. Tu es la source de toute vie. Tu connais et tu sais ce qui nous habite.

Ouvre-nous à ta Parole, donne-nous une joie qui ne s’éteint jamais et fais-nous comprendre ce que tu attends de nous. Tu es béni pour les siècles des siècles. Amen.

Lecture de la Bible

Genèse 12,1-5

Luc 10,1-12

Prédication

Vivre ensemble.

La paroisse du Val-de-Travers a choisi de placer sous ce titre les trois cultes radiodiffusés qu’elle accueille aujourd’hui et les deux dimanches à venir.

Vivre devant Dieu, vivre en réponse au Dieu de la Vie et créateur de la vie, on peut imaginer que c’est bien naturel en Église.

Et l’Église, ce mot vient du grec ἐκκλησία[ekklesia] qui veut dire l’assemblée, la réunion.

Nous avons ici la base du vivre ensemble.

De là à penser que l’Église est bien placée pour donner des leçons de vivre ensemble, certains font ce pas. Ma lecture de l’Évangile d’aujourd’hui me demande d’être prudent à ce sujet.

Je n’ai pas à imaginer que je suis porteur du jugement sur les habitants qui rejettent le message que viens de transmettre.

Si je me mets à les condamner moi-même, ce que je vais découvrir au lieu du vivre ensemble cela risque bien d’être la solitude et le désespoir.

Je n’ai pas à porter ce jugement.

Jésus a des paroles sévères dans cet épisode. Mais elles ne font pas partie du message qu’il demande de porter. Ces mots durs, il les dit alors qu’il s’adresse à ses envoyés. Et il faudrait sûrement un peu de temps pour bien comprendre ce qu’il entend par là.

Ce que Jésus demande de transmettre figure dans le texte comme trois citations. Jésus donne sa consigne : « dites-leur… »

Dites-leur ceci :

  1. Paix à cette maison.
  2. Le Royaume de Dieu s’est approché de vous.

Et si cela devait mal se passer avec les personnes rencontrées :

  1. Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds. Pourtant, sachez bien ceci : le Royaume de Dieu s’est approché de vous.

Et même dans la troisième qui doit tenir compte de difficultés d’accueil et de vivre ensemble, il reste une promesse de vie, un rappel : « le Royaume de Dieu s’est approché de vous. »

C’est avec un souhait de paix et une promesse de vie que les envoyés prennent la route.

Nous voilà avec deux ou trois problèmes quand nous lisons ces mots dans la situation qui est la nôtre.

D’abord, nous sommes des sédentaires ici en Suisse. La route, nous la prenons provisoirement, pour les vacances, ou brièvement pour nos activités de loisirs pour rendre visite à la famille et aux amis. Du coup, nous semblons plutôt concernés par la manière d’accueillir les personnes qui viennent chez nous que par le souci d’être bien ou mal accueilli ailleurs. Dans l’Évangile, Jésus envoie les disciples avec une mission particulière et nous, nous attendons plutôt de recevoir le message et la bénédiction.

Voilà un problème devant ces paroles.

Un autre problème est lié à notre méfiance de l’autre. La première parole que propose Jésus est une parole de paix. Dites : « Paix à cette maison. »

Et notre souci, dans la rencontre est de ne pas être dérangés et de préserver nos ressources. Nous avons appris à voir l’autre comme une menace pour nos biens, nos ressources, nos revenus ou notre tranquillité. Aujourd’hui dans ce culte, la Bible évoque deux fois des personnes qui sont porteuses de belles choses : Abraham est porteur de bénédiction.

Les disciples envoyés par Jésus sont porteurs de paix et de l’annonce du Royaume de Dieu.

Verrons-nous aussi l’autre, le migrant, la nouvelle arrivée, le nouveau collègue de travail, la nouvelle compagne du fils comme porteurs de bénédiction et de paix au lieu d’empêchements à la tranquillité ? Ou resteront-elles des personnes avec je n’ai ni envie ni intérêt à partager quoi que ce soit ?

Je nous trouve bien durs et bien timides dans la rencontre avec l’autre. Si elle est porteuse de la paix et de l’annonce que le Royaume de Dieu s’est approché, pourquoi en aurais-je peur ? S’il est prêt à repartir en me laissant même la poussière de chez moi du moment que nous ne nous entendons pas, pourquoi aurais-je peur de perdre face à lui ?

Et ce n’est même pas de l’angélisme naïf. Dans les mots de Jésus, il y a déjà le constat que la relation ne marche pas à tous les coups. La compréhension réciproque mène parfois à de belles rencontres et est d’autres fois tout simplement impossible. Et je laisse Jésus juger lui-même de la malédiction ou de la bénédiction : dans le texte, c’est lui qui le dit. Quand il m’envoie, encore une fois, il m’invite à porter la paix et l’annonce que le Royaume de Dieu s’est approché.

Alors, nous les sédentaires, apprenons l’accueil et l’écoute de celles et ceux qui viennent à nous.

Ils peuvent être porteurs de la paix et de la promesse. Ce sont des richesses dont nous manquons parfois à l’intérieur de nous-mêmes et de nos maisons.

Ces richesses, les exilés d’aujourd’hui ne pensent pas non plus les porter en eux, bien souvent. Ils ont supporté la malédiction de la violence, de la guerre, de la rupture, de la pauvreté ou de la catastrophe.

Ils ne savent plus les richesses qu’ils ont en eux.

Dans un premier temps, ils savent plutôt ce qu’ils ont perdu que ce dont ils sont porteurs en matière de beauté et de partage. Ce sera peut-être parce que nous aurons su les rencontrer dans la paix et dans la confiance qu’ils sauront aussi donner ce qu’ils ont à partager de l’intérieur d’eux-mêmes.

Oser la confiance pour vivre ensemble la rencontre et le partage. Oser la confiance pour voir émerger les richesses de l’autre. Oser la confiance pour dépoussiérer nos richesses. Nos richesses intérieures sont souvent recouvertes de la poussières de celles et ceux qui ont souhaité la paix sur nous et nos maisons et que nous avons préféré renvoyer.

Nous autres croyants, nous voilà aussi envoyés à notre tour.

Nous vivons devant Dieu une confiance qu’une Vie plus grande que nous est offerte. Nous avons bénéficié d’un regard de paix sur nous. Nous avons reçu une bénédiction. Nous en voilà porteurs à notre tour. Nous voilà envoyés dans un voyage vers l’inconnu du vivre ensemble.

C’est un inconnu à découvrir parce que la force de la paix et de la bénédiction sont appelées à renouveler notre façon d’être avec nos proches et renouveler le vivre ensemble avec eux.

Je nous invite à recevoir les textes d’aujourd’hui comme un envoi qui nous est fait. Je nous invite à considérer ce jour comme un départ vers le reste de notre vie.

Personne ne reste sur place. Abraham entend le Seigneur lui dire « pars ». Abraham se met en route sans que le récit évoque ses états d’âme ni ses convictions.

Aujourd’hui, vous êtes en route. Vous avez pris un départ.

Abraham est devenu une figure, même discutée, des origines de la famille humaine. Par Abraham, les familles de la terre seront bénies, dit le texte. La mise en route que vous vivez aujourd’hui, je prie qu’elle vous mène sur un chemin où vous pourrez dire un jour qu’elle vous a fait approfondir votre humanité.

Je prie que ce départ vous mène sur une route et sur une terre où vous vivrez vous-aussi de la bénédiction promise à Abraham.

Vous l’avez peut-être remarqué, ce texte qui évoque le départ d’Abraham n’évoque pas sa confiance ou sa foi. Cet élément vient plus tard dans le récit. La foi d’Abraham peut être décrite comme une forme de relecture après coup de ce qui s’est passé. Vous n’êtes pas en route parce que vous avez la foi, que vous soyez croyant ou non. Vous êtes en route parce que vous êtes vivants.

A la manière d’Abraham, porteur de bénédiction et de promesse, à la manière des disciples, porteurs de paix et de promesse, allons, nous aussi.

Quels que soient votre entourage ou votre solitude, vous avez l’occasion de vivre ensemble. La prière, le chant et l’écoute de la radio nous mettent en lien aujourd’hui. Quand nous prierons le Notre Père dans quelques instants et quand nous partagerons le pain et le vin de la communion, nous serons aussi en train d’expérimenter un vivre ensemble qui nous relie à toutes celles et ceux qui vivent cela dans le monde et qui l’ont vécu au-travers de l’histoire.

Que ces expériences de vivre ensemble nous renouvellent, même mises en difficulté par les différences et toutes sortes de défis.

Paix à cette maison. Recevez la paix. Portez la paix et la bénédiction.

Amen.

Prière d’intercession

D’après « La force d’oser. Prières signées et anonymes », Ouverture·Olivétan·OPEC, 2018, p.66

Seigneur, donne-nous de voir les choses à faire sans oublier les personnes à aimer.

Donne-nous de voir les personnes à aimer sans oublier les choses à faire.

Donne-nous de voir les vrais besoins des autres.

C’est si difficile de ne pas vouloir à la place des autres, de ne pas répondre à la place des autres, de ne pas décider à la place des autres.

C’est si difficile, Seigneur, de ne pas prendre nos désirs pour les désirs des autres et de comprendre les désirs des autres quand ils sont si différents des nôtres !

Seigneur, donne-nous de voir ce que tu attends de nous parmi les autres.

Enracine au plus profond de nous cette certitude : on ne fait pas le bonheur des autres sans eux.

Nous ne savons pas à leur place ce dont ils ont besoin et nous voulons être proches d’eux : Seigneur, prends soin des personnes touchées par les catastrophes, comme les habitants du Val-de-Ruz victimes d’inondations il y a 2 semaines.

Nous sommes proches les uns des autres et en communion de prière dans ce temple ou à l’écoute de la radio : prends soin des participants à nos cultes.

Vivre ensemble, c’est avec les personnes proches de nous et c’est aussi avec l’humanité par toute la terre : prends soin des enfants, des femmes et des hommes du monde et en particulier dans les régions meurtries comme au Proche et Moyen Orient.

Seigneur, envoie ici et partout des femmes et des hommes confiants, porteurs de paix et de bénédiction dans leur entourage et dans toutes les régions du monde.

Seigneur, accueille notre prière. Amen.

 

 

Institution de la cène 46.004

DEFAP, texte d’un jeune canadien, in EEERV – Textes liturgiques 1997

Dis-leur ce que le vent dit aux rochers ce que la mer dit aux falaises.

Dis-leur qu’une immense bonté nous fait respirer plus à l’aise.

 

Dis-leur que Dieu n’est pas ce qu’on en croit ni ce qu’on en dit… bien souvent.

Dis-leur :

« Seule la voix de Dieu peut m’enseigner mon nom et sa Parole seule nous révéler son nom. »

 

Dis-leur :

« Dieu est comme un pain de froment ; il est un vin qu’ensemble on boit ; il est un festin partagé qu’il offre et que chacun reçoit ; et de ce fait tout est changé. »

 

Venez : tout est prêt !

Venez goûter le pain de la vie et le vin de la joie.

Chant : « Bénis, Seigneur, cette journée »

Bénédiction

Paix à cette maison.

Recevez la paix.

Portez la paix et la bénédiction.

Vous êtes maintenant ici au temple de Travers, ou à l’écoute d’Espace 2, vous êtes chez vous, en route, ou encore en séjour ici ou ailleurs.

Que le chemin s’ouvre sous vos pas.

Que le vent vous pousse en avant.

Que le soleil rayonne sa chaleur sur votre visage.

Que les pluies tombent avec douceur sur vos champs.

Et jusqu’à notre prochaine rencontre, que Dieu vous garde dans la paume de sa main.

Il est Père, Fils et Saint-Esprit.

Amen.

Paix à cette maison – Luc 10,1-12

Lecture au culte du 7 juillet 2019 à Travers

la-paix-espoir-corps-ecrits

Après cela, le Seigneur choisit soixante-douze autres hommes et les envoya deux par deux devant lui dans toutes les villes et tous les endroits où lui-même devait se rendre.

Il leur dit : « La moisson à faire est grande, mais il y a peu d’ouvriers pour cela. Priez donc le propriétaire de la moisson d’envoyer davantage d’ouvriers pour la faire. En route ! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. Ne prenez ni bourse, ni sac, ni chaussures ; ne vous arrêtez pas en chemin pour saluer quelqu’un. Quand vous entrerez dans une maison, dites d’abord : “Paix à cette maison.” Si un homme de paix habite là, votre souhait de paix reposera sur lui ; sinon, retirez votre souhait de paix. Demeurez dans cette maison-là, mangez et buvez ce que l’on vous y donnera, car l’ouvrier a droit à son salaire. Ne passez pas de cette maison dans une autre. Quand vous entrerez dans une ville et que l’on vous recevra, mangez ce que l’on vous présentera ; guérissez les malades de cette ville et dites à ses habitants : “Le Royaume de Dieu s’est approché de vous.” Mais quand vous entrerez dans une ville et que l’on ne vous recevra pas, allez dans les rues et dites à tous : “Nous secouons contre vous la poussière même de votre ville qui s’est attachée à nos pieds. Pourtant, sachez bien ceci : le Royaume de Dieu s’est approché de vous.” Je vous le déclare : au jour du Jugement les habitants de Sodome seront traités moins sévèrement que les habitants de cette ville-là. »

Luc 10,1-12 – La Bible en français courant

Invitation à chanter pour les cultes radio « vivre ensemble »

La Sainte-Cène : Soyons des témoins vivants et des acteurs de l’amour du Christ ! – prédication d’Eric Bianchi 22-23 juin 2019

20190625peinture_2_eglise_la_madeleine_a_evreux_c_b._noblet_

image tirée de acofrance.fr

Message d’Eric Bianchi pour les cultes des 22 juin 2019 à Môtiers et 23 juin à Fleurier

Lien pour télécharger la prédication d’Eric Bianchi en format pdf

Lecture de la Bible

Genèse 14,18-20
1 Corinthiens 11,23-26
Luc 9,11-17

La Sainte-Cène : Soyons des témoins vivants et des acteurs de l’amour du Christ !

Voilà 3 textes qui ouvrent l’appétit ! Du pain en suffisance, des poissons, du vin…

Oui, voilà qu’on commence à ressentir quelques gargouillis à l’estomac… Mais vous savez, je pense que le lien entre ces 3 histoires nourrit bien autre chose, et que ce quelque chose lui aussi, réclame d’être nourri.

Aujourd’hui, lorsqu’on allume la télévision sur la RTS à 19h30, Darius Rochebin nous raconte beaucoup de choses. Lorsqu’on ouvre notre journal quotidien, lorsqu’on écoute la radio, nous avons une part, mais alors une toute petite part, de ce qui lie le roi Melkisédec, l’apôtre Paul et l’évangéliste Luc. Et nous aussi, nous sommes reliés à ces 3 textes bien plus qu’on ne pourrait l’imaginer.

Vous savez quel est ce lien ? C’est le témoignage… Le mot est lâché ; mais attention, c’est un mot important, il faut le manier avec prudence, avec précaution car son sens et sa portée sont précieux.

Oui, les médias, les journalistes témoignent de ce qui se passe dans nos régions, dans notre pays et plus largement, dans notre monde. Ils sont les témoins directs et indirects, et nous avec, des joies et des drames qui rythmes la vie de nos contemporains.

Lorsqu’on prend la première lecture, nous découvrons le personnage énigmatique du roi-prêtre Melkisédec. Énigmatique parce qu’on ne parle de lui furtivement que 2 fois dans l’Ancien Testament. Et pourtant, son nom veut dire « roi de Justice », lui qui est le souverain de Salem, qui signifie « Paix ». On sait qu’il honore Abraham pour sa victoire sur ses ennemis. Il apporte en offrande à Dieu du pain et du vin, chose qui n’était pas habituelle à cette époque ; on utilisait plutôt des animaux.

Du pain et du vin… Je pense que ça doit vous rappeler quelque chose ? Oui, nous sommes en train de commencer à tisser le fil conducteur qui va suivre les deux autres textes.

Mais quel est le lien ici avec le témoignage ? Il est double : Premièrement, Melkisédec témoigne de sa foi auprès d’Abraham en le bénissant par le Dieu Très-haut et Abraham témoigne de la foi de Melkisédec en lui offrant la dîme. Certains théologiens voient en ce roi l’image du Christ. On l’a dit, un souverain de Justice qui règne sur la Paix. Un homme plein de mystère dont on ne connaît ni d’où il vient, ni comment et quand il s’en va… comme s’il n’était pas soumis aux contraintes du temps.

Mais plus que cette image, c’est ce témoignage et son offrande qui nous interrogent. Nous y reviendrons.

 

Dans l’épître de Paul, l’apôtre témoigne de l’enseignement du Christ. Ce n’est pas rien : c’est primordial ! Mais il témoigne plus encore dans ce que le texte que nous avons entendu ne nous dit pas. En effet, Paul est avant tout le témoin du déchirement qui frappe l’Église de Corinthe. Lorsque la lettre a été écrite, aux alentours de l’an 57, il n’existait pas d’églises comme celle dans laquelle nous sommes ici aujourd’hui. Non, les premiers chrétiens se réunissaient dans des maisons appartenant à de riches membres de la communauté. Deux thèses existent donc selon certains spécialistes. Dans la 1ère, on imagine qu’un grand repas était alors préparé à la communion en mémoire du Christ. Les plus aisés, arrivés tôt dans l’après-midi, prenaient place dans la salle à manger et y faisaient bombance, alors que les croyants de conditions modestes, arrivés en fin de journée, devaient se contenter d’un repas disons… plus simple, plus frugal ; en fait, ils avaient faims alors que d’autres étaient plus que repus.

Une autre option avancée, était que chacun amenait ses propres denrées, ce qui créait donc une inégalité entre les croyants riches et les croyants pauvres. La communion était alors devenue un moment de fracture sociale, un moment de division. Voilà pourquoi Paul recentre l’esprit de la Cène. Et quel est le cœur de ce message ? Lorsque Jésus dit : « ceci est mon corps, qui est pour vous » ; « cette coupe est la nouvelle alliance de Dieu, garantie par mon sang » … Il signifie la puissance du pardon, la puissance de l’amour qui dépasse toute haine. Une puissance qui réduit toute division au silence. Et lorsque nous faisons mémoire de sa mort, comme nous le ferons tout à l’heure, nous témoignons nous aussi, de la grandeur de cet amour !

Quant à la multiplication des pains chez Luc…. Eh bien… Ils ont dû faire une drôle de tête les disciples… Oui, mettons-nous à leur place. D’abord, rappelons-nous que peu avant cette parabole, les disciples étaient envoyés dans une mission confiée par Jésus. Ils devaient donc être harassés par ce voyage et cette longue journée qui nous a été contée… Ils voient que la nuit tombe et très logiquement, ils se soucient du devenir de ces milliers de gens. Ils font alors remarquer à Jésus qu’il faudrait bien que toute cette foule aille dans les villages et les fermes alentours pour y trouver « à se loger et à se nourrir ». Et que leur répond Jésus ? « Donnez-leur vous-même à manger ! » Eh bien ! Avec 5 pains, 2 poissons au milieu de nulle part, avec qui plus est 5’000 personnes à nourrir, ils ne devaient pas en mener bien large les disciples… Mais ils ne cèdent pas à la panique. Remplis d’un grand pragmatisme pleinement humain, ils demandent à Jésus s’ils devaient aller acheter des vivres pour tous ces gens. Heureusement, celui-ci ne les a pas envoyés faire leurs courses à la superette du coin… Non ! Ce à quoi toutes et tous ont assisté ce jour-là, dépassait de loin le plus inimaginable des scénarios. Ils ont été témoins d’un véritable coup de « Maître », oserais-je dire. Non seulement cette foule immense a été nourrie, rassasiée et en plus : il en restait encore… Mais que nous dit Luc en vérité ? Les disciples ont été les témoins de bien plus. Jésus, au lieu de laisser tous ces gens se disperser à la nuit tombée, il les a rassemblés, il les a fait s’asseoir par groupe de 50. Car ainsi est la volonté de Dieu : rassembler au lieu de disperser. Alors, Jésus ne les abandonne pas. Non ! Il en appelle à leur foi. Pas seulement à une foi en lui, mais à une foi dans leurs propres capacités. Que fait-il ? Il prend la nourriture, il lève les yeux vers le ciel et remercie Dieu pour ces aliments. Il les partage ensuite et les donne aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Et le plus étonnant, c’est qu’au bout du compte, il en reste encore 12 corbeilles pleines. 12 corbeilles, comme les 12 tribus d’Israël. Dieu dit ici qu’il rassasiera toujours son peuple, qu’il sera toujours là pour lui. Oui, il sera toujours là pour les rassasier de pain et de poissons, mais les rassasier plus encore de la Parole et de son amour inconditionnel, toujours renouvelé. Les disciples sont envoyés vers les gens pour les nourrir. Ainsi, ils ne se sont pas que les uniques témoins d’une action miraculeuse de Jésus. Non, celui-ci les envoie, il les invite à être acteurs de ce témoignage, autrement dit, les disciples sont témoins et témoignent à leur tour. Et c’est très important ! On peut recevoir, on peut accueillir quelque chose, sans pour autant donner à son tour. Et c’est là que le message du Christ se construit au travers ses 3 textes.

Melkisédec témoigne de sa foi et va à la rencontre d’Abraham pour le bénir et pour bénir Dieu. Abraham témoigne de cette foi et est acteur en versant la dîme. Paul : Paul témoigne du message reçu par le Christ et en devient l’acteur auprès des Corinthiens. Dans Luc, les disciples aussi vont plus loin que la simple réception. Tous ont été témoins et acteurs de leur foi. Et qu’en est-il pour nous ? Qu’en est-il pour moi ? Je suis aussi invité, nous sommes toutes et tous invités, à faire mémoire de la mort du Christ et par-là même, à être les témoins vivants de son amour pour nous.

Aujourd’hui, dans notre société, nous ne comptons plus les fractures sociales dont nous sommes les témoins. Fractures multiples entre les femmes et les hommes, créées par d’inacceptables disparités. Fracture sociale entre des riches toujours plus riches et des classes moyennes et pauvres, toujours moins moyenne et toujours plus pauvres. Fractures entres les continents d’Afrique, d’Europe, entre les peuples, en Israël, en Palestine, en Syrie, en République centrafricaine où des gens se font massacrer, En Ukraine, à Hong-Kong où les gens se battent pour leur liberté et en tellement d’autres lieux. Mais aussi, fractures au sein des familles, fractures entre certaines de nos Églises aussi.

Je me demande dans tout cela, quel témoin je suis ? Suis-je un témoin actif ? Suis-je un témoin de circonstances, qui voit sans voir ? Qui reçoit sans agir en détournant les yeux ? Suis-je le témoin que le Christ appelle à être lorsque je fais mémoire de lui au moment de la Cène ? Je m’interroge. Ce qui est sûr, ce qui est solide, plus que toutes les pierres de cette église, c’est que le témoignage d’amour dont nous sommes les bénéficiaires est un cadeau. Il dépasse nos seules personnes, il transcende les peurs et la mort, il réclame d’être à son tour offert, gratuitement et il appelle à l’unité. Unité de la communauté lors de la Cène, unité dans l’Église universelle et au-delà. Soyons tous, en ayant foi en nos capacités, porteurs de cet amour auprès de chacune et de chacun. Soyons-en des témoins vivants !

Car finalement, c’est bien là l’esprit auquel nous invite la Sainte-Cène. C’est un geste de témoignage toujours vivant de l’Amour universel et indéfectible du Christ pour toutes et tous, qui nous exhorte à nous rappeler de cet amour et à en être plus que des témoins : des acteurs. Chacune et chacun à sa mesure, chacune et chacun à son rythme, chacune et chacun avec les forces et les faiblesses qui le composent, mais chacune et chacun sur le même chemin et dans la même direction.

Amen.

Donnez-leur vous-mêmes à manger! Luc 9,11-17

Texte lu aux cultes des 22 et 23 juin 2019 à Môtiers et Fleurier

20190625crowd

Jésus les accueillit, leur parla du Royaume de Dieu et guérit ceux qui en avaient besoin. 12 Le jour commençait à baisser ; alors les douze s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Renvoie tous ces gens, afin qu’ils aillent dans les villages et les fermes des environs pour y trouver à se loger et à se nourrir, car nous sommes ici dans un endroit isolé. » 13 Mais Jésus leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger !» Ils répondirent : « Nous n’avons que cinq pains et deux poissons. Voudrais-tu peut-être que nous allions acheter des vivres pour tout ce monde ?» 14 Il y avait là, en effet, environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. » 15 Les disciples obéirent et les firent tous asseoir. 16 Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, leva les yeux vers le ciel et remercia Dieu pour ces aliments. Il les partagea et les donna aux disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. 17 Chacun mangea à sa faim. On emporta douze corbeilles pleines des morceaux qu’ils eurent en trop.

Luc 9,11-17 – La Bible en français courant

Melkisédec apporta du pain et du vin – Genèse 14,18-20

Texte lu au culte les 22 et 23 juin 2019 à Môtiers et Fleurier

20190625abrahamrencontre

18 Melkisédec, qui était roi de Salem et prêtre du Dieu très-haut, apporta du pain et du vin. 19 Il bénit Abram en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut qui a créé le ciel et la terre ! 20Merci au Dieu très-haut qui a livré tes ennemis en ton pouvoir ! » Alors Abram lui donna un dixième de tout le butin.

La Bible en français courant, Genèse 14,18-20

Viens chanter gospel