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Je suis le bon berger – Jean 10,11-18

11 Je suis le bon berger. Le bon berger est prêt à donner sa vie pour ses brebis.

12 L’homme qui ne travaille que pour de l’argent n’est pas vraiment le berger ; les brebis ne lui appartiennent pas. Il les abandonne et s’enfuit quand il voit venir le loup. Alors le loup se jette sur les brebis et disperse le troupeau. 13 Voilà ce qui arrive parce que cet homme ne travaille que pour de l’argent et ne se soucie pas des brebis.

14 Je suis le bon berger. Je connais mes brebis et elles me connaissent, 15 de même que le Père me connaît et que je connais le Père. Et je donne ma vie pour mes brebis. 16 J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas dans cet enclos. Je dois aussi les conduire ; elles écouteront ma voix, et elles deviendront un seul troupeau avec un seul berger.

17 Le Père m’aime parce que je donne ma vie, pour ensuite l’obtenir à nouveau. 18 Personne ne me prend la vie, mais je la donne volontairement. J’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de l’obtenir à nouveau. Cela correspond à l’ordre que mon Père m’a donné. »

Jean 10,11-18 La Bible en français courant

Le Christ est ressuscité

Culte du 4 avril 2021 au temple de Travers

Dimanche de Pâques

Lien pour télécharger les textes du culte en format pdf

Accueil, salutations

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Bonjour et bienvenue à chacun·e,

Aujourd’hui, c’est la vie plus forte que la mort qui nous réunit.

Cette espérance coule en nous comme le sang dans nos veines : nécessaire à notre foi et à notre vie.

Cette espérance respire en nous comme l’air dans nos poumons : un souffle d’Esprit Saint nous ouvre un avenir qui commence dans la seconde qui vient.

Les chrétiens du monde disent à Pâques leur confiance en la vie. Une parole annonce une bonne nouvelle et je vous invite à joindre votre voix à cette parole. À l’annonce le Christ est ressuscité, répondez il est vraiment ressuscité.

Et faites-le tout au long de ce culte au rappel de la bonne nouvelle qui se trouve au commencement de la foi des chrétiens :

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Faites-le aussi, pourquoi pas ? en rencontrant des amis, des voisins, des membres de vos familles plus tard dans la journée ou dans la semaine :

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Invocation antiphonée Alléluia 64-64 ouverture 4

Avec le texte d’invocation qui se trouve sur votre feuille, plaçons-nous devant le Seigneur.

Officiant : Christ est ressuscité des morts !

Tous : par sa mort, il a vaincu la mort !

O : A ceux qui sont dans les tombeaux, il a donné la vie,

T : par sa croix, la joie est venue dans le monde.

O : Jésus s’est levé du tombeau comme il l’avait dit,

T : c’est lui qui nous donne la vie éternelle.

O : Venez et adorons celui qui est vivant aux siècles des siècles !

T : Venez et adorons le Christ ressuscité des morts ! 

Alléluia !

Louange

[D’après La liturgie du culte dominical et des fêtes, Communion Protestante Luthéro-Réformée, 2018, p.91]

Prions le Seigneur. Qu’il soit loué pour la lumière qu’il met dans notre nuit.

Seigneur Jésus, qui as traversé les profondeurs de la mort, tu nous prends par la main et tu nous conduis à la vie éternelle.

La ténèbre n’est point ténèbre, devant toi

Seigneur Jésus, qui es sorti vivant du tombeau, tu te manifestes aux tiens comme le Seigneur des vivants et des morts.

La ténèbre n’est point ténèbre, devant toi

Seigneur Jésus, qui est l’alpha et l’oméga, le premier-né d’entre les morts, tu es la résurrection et la vie.

La ténèbre n’est point ténèbre, devant toi

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Dieu vivant, aujourd’hui, par la victoire de ton Fils sur la mort, tu nous ouvres l’éternité.

Que ton Esprit nous donne de ressusciter chaque jour avec le Christ, qu’ainsi nous marchions en nouveauté de vie.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Amen

Lecture de la Bible

Jean 20,1-9

Jean 20,19-22

Prédication de David Allisson

Rappelez-vous 2019. Nous n’avions pas l’impression de vivre dans un monde particulièrement bon et beau. Les manifestations et grèves pour le climat exprimaient déjà l’inquiétude des jeunes pour l’avenir du monde. Les guerres faisaient couler des flots de sang et mettaient sur les routes des foules de réfugiés. Des abus étaient signalés : sexuels, de pouvoir, dans le monde du travail, dans les familles, dans le monde du cinéma ou du show-business. Il y avait des injustices à dénoncer, des colères à exprimer, des droits à affirmer.

Tout cela était bel et bien présent.

Pourtant c’était avant.

Comme les disciples qui ont vu mourir Jésus et qui se souviennent des moments passés avec lui en préférant éviter de penser à sa mort toute récente, nous avons envie que 2020 ne soit pas arrivée et que nous puissions être encore dans le partage et la rencontre d’avant la pandémie. Nous avions cru à un temps de présence, de rencontre et de partage. Les disciples avaient cru que Jésus manifestait la présence de Dieu une bonne fois pour toutes et qu’ils verraient l’accomplissement du Royaume de Dieu.

De nos jours, c’est vrai, le monde en général n’attend pas vraiment la réalisation du Royaume de Dieu.

L’idée de l’avancée toujours plus décidée du progrès humain est bien égratignée depuis un bout de temps, oui. Mais après que l’Europe se soit laborieusement relevée de la deuxième guerre mondiale, nous avions cru entrer dans une période de vie plus facile. Nous avons espéré des années glorieuses. Cela aurait pu être la moindre des choses après tous les efforts qu’il avait fallu déployer pour s’en sortir.

Et patatras, la nuit retombe à nouveau, d’une autre manière.

L’an dernier, nous n’avons pas pu fêter Pâques ensemble. C’est comme si 2020 avait été une année complète de vendredi saint. Et aujourd’hui, il fait encore sombre. La nuit n’est pas finie.

Il fait encore nuit, comme quand Marie de Magdala s’est rendue au tombeau ce jour-là, tôt le dimanche matin. Nous aimerions ôter nos masques, mais nous ne savons pas quand cela sera possible. Nous aimerions partager des repas tous ensemble, mais ce n’est pas encore à l’ordre du jour et le petit déjeuner du matin de Pâques, nous l’avons pris chacun·e chez nous aujourd’hui.

Nous aimerions que le vaccin permette à nouveau les rencontres, la convivialité et le partage sans craindre l’infection ou la transmission du virus. Mais il reste beaucoup d’inconnues sur cette transmission malgré le vaccin et sur la proportion nécessaire de la population vaccinée pour considérer que le risque est suffisamment faible.

Nous aimerions vivre pleinement les étapes importantes de la vie et accompagner nos proches au mieux ou être accompagnés par eux. Mais depuis plus d’une année maintenant, des familles ont souffert de ne pas pouvoir être avec leurs proches à l’hôpital ou de subir les restrictions sanitaires pour les cérémonies funèbres.

On parle d’augmentation des risques de maltraitance domestique, de dépressions plus nombreuses, de souffrances dues à la surcharge de travail ou à l’inoccupation, de difficultés économiques dans de nombreux secteurs et des obstacles pour envisager un avenir ouvert.

Ça paraît lourd et sombre, tout cela. Et ça l’est.

Notre situation peut ressembler à l’obscurité que les disciples ressentaient à la mort de Jésus.

Il faisait encore nuit. Le maître a été arrêté, condamné et exécuté avant d’avoir fini sa mission. C’est la déprime. En plus, Marie de Magdala découvre que le tombeau a été ouvert et que le corps a disparu. Elle a une réaction qui aurait pu être la nôtre : si le cadavre a disparu, c’est que quelqu’un l’a déplacé. Il ne s’est pas échappé tout seul. Un mort ne se déplace pas. Personne ne le croirait. Personne n’a jamais vu ça.

Voir.

Croire.

Dans le texte, il y a d’abord plusieurs fois le verbe voir. Il s’agit d’observer ce qui se présente différemment de ce à quoi on s’attendait.

Marie vit que la pierre qui fermait le tombeau avait été enlevée. Bizarre.

Le disciple qu’aimait Jésus a vu que les bandes de lin qui avaient enveloppé le corps de Jésus étaient par terre et que Jésus n’était pas là. Bizarre.

Pierre a vu cela aussi et est entré pour voir que le linge qui avait recouvert la tête de Jésus était enroulé à part, peut-être prêt à être rangé. Bizarre.

Et l’autre disciple, qui était arrivé en premier, est entré à son tour pour n’observer rien d’autre que ce que Pierre a vu, mais il se passe pour lui quelque chose de différent : il vit et il crut. Bizarre.

Qu’est-ce qu’il a bien pu croire ?

« Jusqu’à ce moment les disciples n’avaient pas compris l’Écriture qui annonce que Jésus devait se relever d’entre les morts. » Jean 20,9

Le disciple qu’aimait Jésus commence à croire que Jésus s’est relevé d’entre les morts.

Le récit situe les personnages dans une grande proximité avec les événements et avec la personne de Jésus. Pourtant, ce qu’ils peuvent voir, c’est surtout une absence de Jésus. Et même une absence de son corps mort. Il y a un épisode entre les deux parties du chapitre que nous avons lues ce matin qui montre Marie de Magdala rencontrer Jésus et se méprendre : elle ne le reconnaît pas et le prend pour le jardinier, ce qui lui fait demander où il a mis le corps de Jésus.

Ce n’est que lorsqu’il lui parle en l’appelant par son nom que Marie est capable de le reconnaître.

Il n’y a rien à voir, sauf le fait que Jésus est absent. Non seulement il est mort, mais en plus, son cadavre a disparu.

Et cela suffit au disciple qui avait couru le plus vite : il vit – c’est à dire qu’il ne vit rien, ni Jésus ni son cadavre – et il crut.

Quand les disciples tristes et apeurés s’étaient enfermés, Jésus s’est retrouvé mystérieusement parmi eux, comme un passe-muraille. Et de nouveau, c’est une parole qui le fait reconnaître et qui permet de constater sa présence : « La paix soit avec vous. »

Rien à voir.

Une parole qui ouvre à la foi.

Ne pas voir. Croire.

Nous en sommes à la même.

Nous proclamons ce matin la joie de la vie, la joie de la résurrection.

Pourtant nous n’avons rien à voir. Jésus n’est pas visible et son cadavre a disparu. Les disciples de la première heure sont comme nous, invités à croire que la vie est plus forte que la mort parce que le crucifié n’est plus dans son tombeau. Il en est sorti pour souffler la vie sur celles et ceux qui peuvent la recevoir. Cela ne nous est pas donné dans une grande et spectaculaire démonstration. Cela nous est proposé dans une parole que nous répétons depuis 2000 ans et que nous rappelons ce matin.

La paix soit avec vous !

Cette parole nous invite à croire à cette vie en nous, entre nous et dans le monde :

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

C’est d’une parole que nous recevons la nouvelle.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

C’est par cette parole que notre espérance renaît.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

C’est à l’écoute de cette parole que nous croyons et que nous savons que nous avons reçu une joie à vivre et à partager.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

La paix soit avec vous. Amen

Confession de foi Alléluia 64-72

dite en commun

Je crois en Dieu le Père, tout-puissant créateur du ciel et de la terre. 

Je crois en Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Il est venu vivre parmi nous, il est mort sur la croix, il est ressuscité.

Aujourd’hui et pour toujours, il est avec nous.

Je crois en l’Esprit saint qui nous rassemble dans l’Eglise et qui nous fait vivre.

Amen.

Intercession

[D’après La liturgie du culte dominical et des fêtes, Communion Protestante Luthéro-Réformée, 2018, p.91]

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Prions pour le monde, pour les autres et pour nous-mêmes.

Jésus, notre Sauveur, pierre rejetée par les bâtisseurs, devenue pierre d’angle, tu fais de nous les pierres vivantes de ton Église.

Nous te prions pour tous les chrétiens, afin qu’ils vivent de ta résurrection et soient signes visibles de ta présence.

Nous te prions pour la paix et la bienveillance en Suisse et dans notre population.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Nous te prions pour les responsables de ton Église, afin qu’ils célèbrent ta résurrection avec tous les croyants et soient fortifiés dans leur témoignage.

Nous te prions pour nos autorités fédérales, cantonales, communales.

Nous te prions pour les responsables des peuples, afin qu’ils luttent pour la justice et la paix et soient encouragés dans leurs actions.

Nous te prions pour les habitants de Turquie, de Syrie, de Lybie, de Birmanie.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Nous te prions pour toutes les personnes qui souffrent, afin que ta résurrection soit pour elles secours et réconfort.

Nous te prions pour les personnes qui souffrent d’une manière ou d’une autre de la pandémie.

Nous te prions pour les personnes qui ont vécu un deuil dans ces conditions difficiles.

Seigneur, accueille notre prière et aide-nous à nous engager pour la vie.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité ! Amen

Sainte Cène

Le pain que nous rompons est communion au corps du Christ.

La coupe que nous partageons est communion au sang du Christ.

C’est le corps mort de Jésus qui a été mis au tombeau ce vendredi-là.

C’est le corps vivant de Jésus que nous recevons dans la Sainte Cène.

Nous devenons le corps du Christ en recevant et en portant sa vie en communion les un·e·s avec les autres et avec le monde.

Bénédiction

Dieu nous bénit : Il est Père, Fils et Saint-Esprit.

Il nous accompagne, il reste avec nous, il nous relève comme il a relevé Jésus de la mort.

Le Christ est ressuscité !

Il est vraiment ressuscité !

Amen

Culte de Samedi Saint, 3 avril 2021

Culte du Samedi Saint, 3 avril 2021, Couvet, 17h30

Pasteur : Patrick Schlüter               Lectrice : Francine Bütschi             Orgue : Jean-Samuel Bucher

Lectures bibliques :

Accueil :

Bienvenue !

Nous voilà réunis ici pour ce culte du Samedi Saint.

D’ordinaire, je devrais vous accueillir de la part de Dieu et du Seigneur Jésus-Christ comme dans chaque célébration.

Mais puis-je faire aujourd’hui à Samedi Saint ?

Ce ne serait peut-être pas prendre au sérieux ce jour qui est celui de l’absence ou au moins, celui du silence de Dieu. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » a dit Jésus sur la croix.

Ce soir, entre vendredi et dimanche, prenons le temps d’être en samedi. Parole, silence et musique nous inviterons à explorer ce jour, à le prendre au sérieux pour notre foi, comme le fait ce texte d’un jeune de 19 ans qui peut résonner comme une prière qui ne sait plus bien à qui elle s’adresse :

Prière

De François, 19 ans

Je ne savais pas que tu pouvais mourir,

Mourir en moi.

Je ne crois plus en toi.

Il m’arrive même d’en rire.

Je t’avais pourtant aimé.

Tu m’aimais aussi: je le savais bien.

Maintenant, tu n’es plus rien.

Je t’ai même embaumé.

Il me reste pourtant un espoir

Que tu ne sois pas vraiment mort,

Ou qu’un autre Dieu naisse alors,

J’espère quand même te revoir.

Tu es mort, ce vendredi.

Dimanche peut-être viendra.

Mais le plus dur, tu vois,

C’est d’être en samedi.

Silence

Orgue

Prière pour tout remettre à Dieu :

Seigneur, nous sommes là, réunis tous ensemble en ce Samedi Saint. Nous sommes aussi présents, chacun et chacune avec notre vie et tout ce qui la constitue, de beau et de difficile, d’élan et de lourdeur, de lucidité et d’aveuglement.

Avec Jésus de Nazareth, mort hier, nous osons te demander « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

En t’interpellant sur ton absence, nous ne voulons pas nous contenter de celle-ci, mais rester présents dans la foi silencieuse. Peut-être Seigneur, ton absence est-elle silence pour nous appeler à aller plus loin, mais sans savoir où.

En restant avec Jésus, nous pouvons te confier nos vies comme elles sont, aussi dans ce qu’elles ont de plus sombres, car Jésus est maintenant avec nous au cœur de l’obscurité, au cœur de la mort-même.

Nous te confions notre impuissance face au mal, ces moments où nos vies ou celles de nos proches se déchirent, parfois jusqu’à avoir envie d’hurler, mais sans qu’un son ne puisse s’exprimer. Nous te confions nos questions face à la situation sanitaire, la crise écologique et les défis du monde et de nos vies.

Nous te confions nos lassitudes, nos complicités, notre indifférence, notre fascination-même face au spectacle du mal, de la haine, ou simplement du pouvoir.

Nous sommes présents, ô Dieu, dans la foi silencieuse, sans même savoir si nous croyons encore.

La Bible nous dit qu’au commencement, la terre était comme un grand tohu-bohu, à l’image de nos vies. C’était un abîme sombre et ton esprit planait au-dessus.

En ce Samedi, vas-tu parler Seigneur, pour donner sens et éclairer nos vies ?

Amen

Musique du chant n°33/18 « Splendeur et gloire sur la terre »

Lecture biblique : Psaume 22, 2-9

1ère méditation : le silence de Dieu

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Voilà que sur la croix Jésus exprime cette expérience humaine de la solitude et de l’abandon. Sa parole-même sur la croix est l’objet de moqueries. Le mal, la mort, la souffrance, voilà des raisons de ne pas croire en Dieu ou de plus croire en Dieu. Comment un Dieu d’amour, puissant et dont on dit qu’il veut le bien des hommes peut-il laisser le mal à l’œuvre, sur la terre, ou dans nos vies ?

Voilà ce que j’entends souvent comme motifs pour conclure que Dieu n’existe pas, est absent ou ne peut jouer aucun rôle dans nos vies. Et si je suis honnête avec moi-même, je peux confesser que cette expérience est aussi la mienne dans certains moments de ma vie.

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Par ces mots prononcés sur la croix, Jésus se place aussi dans la continuité de l’expérience de son peuple confronté à l’échec, à la perte d’autonomie politique, à l’exil, ainsi qu’à toutes les souffrances individuelles. Cette expérience est condensée dans les psaumes, ici celui qui porte le numéro 22.

Jésus porte toute la spiritualité d’Israël et la mène plus loin, au cœur de la mort-même de la manière la plus honteuse pour l’époque : la croix.

Ce qui est fort dans cette expérience, c’est que les mots évoquant l’abandon et l’absence de Dieu sont une prière qui refuse de se contenter de cela. On passe de l’absence de Dieu au silence de Dieu que l’on ne peut accepter :

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Et s’il fallait passer par le silence de Dieu pour laisser mourir nos illusions, nos fantasmes d’un Dieu magicien, au service de nos visées trop humaines ?

Et s’il fallait passer par le silence de Dieu pour naître à autre chose, découvrir une autre présence qu’on ne peut pas expliquer ?

Voici, Seigneur, face à ton silence, je fais, moi aussi, silence. Viens ou plutôt, fais-moi sentir que tu es déjà là !

Amen

Silence

Orgue

Lecture biblique : Luc 1, 76-79

2ème méditation : Jésus, solidaire avec nous

Nous venons d’entendre des mots de Zacharie, le père de Jean-Baptiste. Il les prononce juste après la naissance de son fils. Il vient en effet de retrouver la parole après l’expérience d’avoir été rendu muet pour n’avoir pas cru l’ange Gabriel qui lui annonçait la naissance de son fils Jean.

Zacharie vit une expérience difficile, sans mots. Une fois la parole retrouvée, il parle ainsi du messie à venir dont son fils sera le précurseur :

« Dieu a fait briller sur nous une lumière venue d’en haut, comme celle du soleil levant. Elle éclairera ceux qui vivent dans la nuit et dans l’ombre de la mort, elle guidera nos pas sur la route de la paix. »

Les chrétiens d’Orient ont médité le samedi Saint parlant d’une visite de Jésus dans le monde des morts pour y amener la puissance de la vie. Cela s’exprime sur les icônes, notamment celle de la résurrection. Par la mort et la résurrection de Jésus, la mort n’a plus le dernier mot. Le mouvement vers le bas de Jésus devient un mouvement vers le haut.

Avec la mort du Christ, Jésus, l’astre, la lumière venue d’en haut est descendue dans l’endroit le plus bas du monde, le monde des morts selon la représentation de l’époque. Ce qui semble être une défaite de Jésus, est en fait la victoire de la vie, réalisant les paroles de Zacharie.

« Dieu a fait briller sur nous une lumière venue d’en haut, comme celle du soleil levant. Elle éclairera ceux qui vivent dans la nuit et dans l’ombre de la mort, elle guidera nos pas sur la route de la paix. »

Comment cela se réalise-t-il ?

Dans certaines situations douloureuses, figées, bloquées, sans issue, comme la mort, la seule attitude possible, et ô combien difficile, est celle de la seule présence. Je suis là avec l’autre, sans pouvoir l’aider, sans pouvoir faire quoi que ce soit d’autre qu’être là.

Jésus est là, dans le plus sombre de nos vies, lui le fils de Dieu lui-même, totalement solidaire, totalement présent parce qu’il partage notre humanité dans ce qu’elle a de plus douloureux.

O Christ, toi l’astre d’en haut, tu es devenu le Très-Bas avec nous, victime silencieuse du mal et de la mort. Moi aussi je fais silence pour mieux sentir ta présence.

Amen.

Silence

Musique du chant n°33/20 « Jésus est notre ami suprême »

Lecture biblique : Mc 14, 27-31

3ème méditation : Ouverture vers Pâques

Samedi Saint, c’est l’espace entre Vendredi Saint et Pâques pour prendre au sérieux tout le parcours du Christ, toute l’épaisseur de notre vie humaine.

C’est le temps pour laisser nos illusions, reconnaître notre faiblesse, faire place à la puissance vivifiante de Dieu, non pas la puissance dont nous rêvons, mais la puissance de l’amour véritable, du don, de la cohérence.

Jésus, le Fils de Dieu est venu habiter notre humanité jusque dans la mort pour la transformer de l’intérieur, et non pas en surface.

Il faut bien un samedi pour cela, un sabbat, un jour à part, une nouvelle Pâques, pour ce passage de la mort à la vie, comme Israël est passé de l’esclavage à la liberté.

Il faut bien une vie humaine pour saisir ce que l’amour de Dieu a opéré ces 3 jours-là.

Peut-être que notre monde est comme en Samedi Saint, entre vendredi et Pâques.

Les forces de vie et de résurrection sont à l’œuvre, de manière invisible, dans le monde et dans nos vies.

Osons rejoindre le silence de ce jour-là pour en prendre la mesure et saisir toujours cette résurrection à venir !

O Dieu trois Saint, viens habiter notre silence et accomplir ton œuvre de vie en nous selon ta promesse !

Amen.

Silence

Orgue

Prière d’intercession :

De Francine Carillo

Au bout de l’horreur,

il est un pays que la lumière n’atteint plus.

Sous le ciel plombé par la haine,

l’horizon est parti en lambeaux,

et demain n’y ressemble plus à rien.

Dans les rues labourées de silence

un visage de femme,

– un seul, mais qui remplit l’univers –

se tient en agonie jusqu’à la fin des temps.

Souffrance sans nom, cri sans appel,

déchirure à jamais de tout ce qui fut vivant.

A l’insoutenable de ce regard

qui en résume tant d’autres,

nous mesurons, Seigneur,

l’abîme de notre impuissance

qui en résume tant d’autres elle aussi.

Et c’est de là que nous te parlons ce soir,

de ce lieu inconfortable

où notre culpabilité prend si facilement racine,

de ce lieu de notre incapacité radicale

à réparer la vie qui va mal.

De là, nous t’apportons nos questions, nos révoltes,

nos lassitudes et nos peurs pour demain aussi.

Et de te parler ouvre déjà en nous

un espace invisible à l’œil nu,

mais vibrant d’une présence

dont nous retrouvons peu à peu la mémoire :

Jésus, l’humilié de tous,

les mains ouvertes sur le bois de la croix

pour barrer la route aux démons de la terre.

Par lui, avec lui et en lui,

tu nous donnes, Seigneur, de retrouver

à travers les buissons de notre impuissance

l’élan et la joie de l’humilité

qui est de dire non pas « je ne peux rien »

mais « je crois, viens au secours de mon manque de foi ».

Par lui, avec lui et en lui,

tu ravives en nous l’énergie de demeurer veilleurs du bien sur le coin de terre qui est le nôtre.

Forts de cet élan, nous intercédons maintenant

Dans le silence de nos cœurs pour tout ceux et celles qui comptent sur notre prière et notre affection :

Silence

O Christ, souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton règne, apprends-nous toi-même à prier :

Notre Père qui es aux cieux

que ton nom soit sanctifié,

que ton règne vienne,

que ta volonté soit faite

sur la terre comme au ciel …

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses

comme nous pardonnons aussi

à ceux qui nous ont offensés,

et ne nous laisses pas entrer en tentation,

mais délivre-nous du mal,

car c’est à toi qu’appartiennent

le règne, la puissance et la gloire,

pour les siècles des siècles.

Amen

Musique du chant n°33/16 « Jour de douleur »

Bénédiction

En ce samedi Saint, recevez la bénédiction de Dieu :

Dieu le Père se donne à rencontrer dans le bruissement d’un léger silence.

Jésus le Christ est avec nous en plein cœur de notre humanité, aussi comme le compagnon silencieux de tous ces moments qu’aucun mot ne peut exprimer.

L’Esprit de Dieu, puissance de vie, plane sur tous nos abîmes, pour accomplir cette parole originelle : « Que la lumière soit ! »

Amen

Orgue

Jésus annonce sa mort, l’abandon de ses disciples et sa résurrection – Marc 14, 27-31

3ème lecture du culte de Samedi Saint, Couvet, 3 avril 2021

Jésus dit à ses disciples : « Vous allez tous m’abandonner, car on lit dans les Écritures : «Je tuerai le berger, et les moutons partiront de tous côtés ».

Mais, ajouta Jésus, quand je serai de nouveau vivant, j’irai vous attendre en Galilée. »

Pierre lui dit : « Même si tous les autres t’abandonnent, moi je ne t’abandonnerai pas. »

Alors Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité : aujourd’hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, toi, tu auras prétendu trois fois ne pas me connaître. »

Mais Pierre répliqua encore plus fort : « Je ne prétendrai jamais que je ne te connais pas, même si je dois mourir avec toi. » Et tous les autres disciples disaient la même chose.

Marc 14, 27-31, La Bible en français courant

Une lumière d’en haut pour éclairer ceux qui se trouvent dans la nuit et dans l’ombre de la mort – Luc 1, 76-79

2ème lecture du culte de Samedi Saint, Couvet, 3 avril 2021

(Zacharie, père de Jean-Baptiste dit : )

Et toi, mon enfant, tu seras prophète du Dieu très-haut,
car tu marcheras devant le Seigneur pour préparer son chemin et pour faire savoir à son peuple qu’il vient le sauver
en pardonnant ses péchés.

Notre Dieu est plein de tendresse et de bonté :
il fera briller sur nous une lumière d’en haut, semblable à celle du soleil levant, pour éclairer ceux qui se trouvent dans la nuit et dans l’ombre de la mort,
pour diriger nos pas sur le chemin de la paix. »

Luc 1, 76-79, la Bible en français courant

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? – Psaume 22, 2-9

1ère lecture du culte de Samedi Saint, Couvet, 3 avril 2021

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné  ?
Pourquoi restes-tu si loin, sans me secourir, sans écouter ma plainte ?

Mon Dieu, le jour je t’appelle au secours, mais tu ne réponds pas ;
et la nuit encore, sans repos.

Pourtant tu sièges sur ton trône,
toi, l’unique vrai Dieu, qu’Israël ne cesse de louer.

Nos ancêtres t’ont fait confiance,
et tu les as mis à l’abri ; 

ils t’ont appelé au secours, et tu les as délivrés ;
ils t’ont fait confiance, et tu ne les as pas déçus.

Moi, on me traite comme une vermine ; je ne suis plus un homme.
Les gens m’insultent, tout le monde me méprise.

Tous ceux qui me voient se moquent de moi,
ils font la moue, ils secouent la tête.

Ils disent de moi : « Il a remis son sort au Seigneur,
eh bien, que le Seigneur le tire d’affaire !
Le Seigneur l’aime, eh bien, qu’il le sauve ! »

Psaume 22, 2-9, la Bible en français courant

Vendredi-passion

Culte du Vendredi saint, 2 avril 2021 aux Verrières

Officiante : Séverine Schlüter / Lectures : Rosemarie Fragnière

Organiste : Jean-Samuel Bucher / Chantre : Ginette Chédel

Bienvenue en ce Vendredi saint, jour où nous faisons mémoire de la Passion du Christ.

La Passion (ou Passiflore), c’est aussi le nom donné à une fleur par les missionnaires jésuites d’Amérique du Sud, qui s’en servaient pour expliquer les événements liés à la mort de Jésus auprès des indigènes.

L’histoire de cette fleur va nous accompagner dans nos méditations de ce jour… (les textes inspirés librement

du site https://www.curioctopus.fr/read/18117/passiflora-:-voici-la-curieuse-symbolique-qui-lie-cette-fleur-a-la-passion-du-christ.)

On dit qu’à l’aube de la Création, toutes les plantes avaient fleuri à l’aube de la première source chaude du monde, toutes sauf une, appelée Passiflore, qui affligée par son destin solitaire, priait Dieu: “Seigneur, laissez-moi aussi m’épanouir.”

Et il répondit: “tu fleuriras aussi”

Et elle demanda alors: “Quand?”

Et un voile de tristesse frappa les yeux du Seigneur lorsqu’il dit: “Un jour…”

Au moment du récit de la Passion que nous relirons ce matin, ce jour est bientôt arrivé.

En ce temps-là, Jésus se rendit dans un jardin à l’extérieur de la ville avec ses disciples. Judas, qui avait décidé de le livrer, arriva avec une troupe armée. Pierre, voulant défendre son maître, tira son épée – mais Jésus lui ordonna de la remettre dans son fourreau, et se laissa ligoter et emmener pour être interrogé par le grand-prêtre. Pierre le suivit. Cependant, par 3 fois, aux personnes qui lui demandaient s’il n’était pas le disciple de cet homme, il répondit ne pas en être… avant que le coq chante et ne le révèle à ses faiblesses humaines.

Dieu notre Père, toi qui par ton Fils est venu nous rejoindre au plus profond de notre humanité, vient réveiller nos consciences à ta présence, même là, dans les lieux les plus sombres de notre vie.

Nous nous recueillons tout d’abord en musique :

Orgue

Chant : «Roi couvert de blessures» (Psaumes et Cantiques n° 287/Alléluia 33-13bis)

Le bouton de Passiflore attendait toujours le jour de son éclosion. Et voilà qu’elle commença à sentir que quelque chose se passait en elle. 10 embryons de pétales et de sépales se mirent à pousser. Ses feuilles se mirent à se teinter par endroits, et des vrilles commencèrent à orner ses tiges… mais quelque chose n’allait pas: toutes ces transformations lui étaient source de désagrément, la picotaient et lui laissaient un goût amer…

Les 5 pétales et 5 sépales de la Passiflore, pour les missionnaires jésuites de l’époque, évoquaient les apôtres. Pourtant, on n’en compte que 10, et non 12 !

Il m’est assez facile d’imaginer pourquoi ces mêmes missionnaires ont choisi d’écarter Judas, suite à sa trahison. La trentaine de taches rondes ornant l’intérieur de la fleur est par ailleurs associée aux 30 pièces d’argent que Judas reçut pour prix de cette trahison… alors que les vrilles représentaient les coups de fouets subits par Jésus.

Il m’est plus malaisé d’admettre que Pierre ait lui aussi été mis de côté… certes, par 3 fois il a renié Jésus. Mais pourtant, dans la plupart des évangiles, il est le seul qui ait osé accompagner Jésus sur le lieu de son interrogatoire (seul l’évangile de Jean mentionne “l’autre disciples” qui le suivait aussi) – alors que les autres semblent s’être évanouis dans la nature… il sera aussi l’un des premiers, après les femmes, à se rendre au tombeau 3 jours plus tard.

Il s’est d’ailleurs amèrement reproché sa faiblesse. Et Jésus a continué malgré tout de lui accorder sa confiance…

Il n’a  même pas écarté Judas de la table du repas, alors qu’il connaissait ses intentions. Est-ce dès lors notre rôle de juger l’attitude des uns et des autres ?

Mais peut-être que ces deux “places vides” sont une occasion de nous rappeler que nos choix de vie ne sont pas indifférents. Que notre présence ou non à la souffrance des autres n’est pas anodine, mais qu’elle compte, et qu’elle peut faire la différence – à l’image de ce Jésus qui, par son accueil de l’autre, a su donner une nouvelle direction de vie à nombre de personnes ayant croisé son chemin…

Orgue

Chant : «Ô Jésus par tes blessures » (Psaumes et Cantiques n° 284/Alléluia 33-22)

A sa question de savoir quand elle fleurirait, le Seigneur lui avait dit: “Un jour…”. Les années passèrent et finalement ce jour-là arriva, accompagné d’un écho de cris, de pleurs et de gémissements.

Et la plante le vit: entouré et humilié par une foule bruyante, un homme avançait, courbé en deux par la douleur, couvert de plaies et dégoulinant de sang.

Comme les épines tressées autour de la tête de l’homme de Nazareth, les 72 filaments de couleur qui ornent la partie centrale de la plante forment une couronne…

La couronne d’épine et le manteau de pourpre dont Jésus est affublé étaient une manière de l’humilier, de se moquer de sa prétention – ou de la prétention de ceux et celles qui le suivaient – à une quelconque souveraineté.

Ils n’avaient pas saisi le sens des paroles de Jésus à Pilate : « Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. (…) Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Son royaume ne repose pas sur la recherche absolue du pouvoir et sur la violence, comme plusieurs « royaumes » du monde. Son royaume s’appuie sur d’autres valeurs universelles, principalement l’amour, la miséricorde et la solidarité.

Un Royaume où une petite graine de foi peut faire pousser un arbre, où un Père accueille son fils aux mœurs dissolues es bras ouverts, où le semeur jette ses promesses de vie à tout va, un Royaume qui invite à bâtir sa vie sur des valeurs solides, où ce qui paraissait impossible trouve un chemin, qui fait lever en nous qqch d’insoupçonné dans notre pâte humaine, où l’on quitte tout pour aller chercher celui qui est perdu, où personne n’est exclu qui rassemble tous ceux qui reconnaissent sa voix…

Voudrons-nous reconnaître cette voix, qui nous invite à entrer dans ce Royaume-là, à vivre de ce pouvoir-là ?

Orgue

Chant : «Torrent d’amour » (Alléluia 43-09)

L’image de l’homme attendrit grandement la petite Passiflore, qui souhaitait pouvoir pleurer afin de partager sa souffrance, et l’aider à la porter. Quand l’homme passa à côté, une larme violette tomba de son visage sur la plante: soudain, elle fleurit, s’épanouissant avec des formes et des couleurs éclatantes qui porterait jusqu’à la mémoire éternelle, la Passion dont la plante avait été un témoin.

Au centre de la fleur, on peut apercevoir son pistil et ses 3 brins ressemblant à s’y méprendre aux clous de la croix, ainsi que cinq étamines teintées de rouge, faisant échos aux plaies reçues par le Christ.

Le centre : c’est là que tout se passe… c’était là le cœur de la mission de Jésus : témoigner jusqu’au bout de l’amour de Dieu pour tous les humains…

Jésus a accepté de se laisser déposséder de tout : de l’admiration que lui avait témoigné la foule jusqu’ici, de ses proches qui l’avaient abandonné en route, de sa dignité d’être humain, de ses vêtements, des pouvoirs qu’on lui conférait, de son statut de rabbi, de sa vie même…

De tout… sauf de cet Amour, puisé en Dieu, qui, plus fort que tout, se tourne vers sa mère et lui offre un fils d’adoption.

Un amour comme un torrent, dit la chanson…

Face à ce flot, on peut choisir de lutter, de se demander pourquoi en passer par là ; pourquoi ce Dieu qui d’abord montre sa puissance en guérissant les malades, qui redonne espoir aux opprimés, qui remet en route  les découragés, si c’est pour être ainsi cloué à une croix ?

On peut aussi choisir de se laisser porter par cette force d’amour à contre-courant, et voir où il nous mènera…

Orgue

Chant : «grain de blé» – 2x, Alléluia 55-07 p. 899

La Passiflore avait fleuri. Elle avait vécu…

sur le visage de cet homme, elle avait vu la plua grande des souffrances – mais elle y avait lu aussi l’amour le plus profond qu puisse habiter le coeur de quelqu’un. Les deux sens du mot “passion”.

et alors même qu’elle commençait à faner et à perdre ses pétales, elle sentit, au plus secret d’elle-même, qu’elle allait peut-être disparaître, mais pour laisser place à autre chose: un fruit en gestation, qu préparait demain…

La croix est maintenant vide, Jésus repose dans son tombeau. Mais quelques-uns peut-être se sont attardés et la contemplent…

A cette croix nous sommes mis en face de nos propres limites, de notre mortalité, de nos défauts, de nos incapacités, de nos doutes, de notre impuissance, de notre faiblesse.

A cette croix nous sommes mis face à face avec tous les êtres qui souffrent et qui meurent injustement autour de nous : les victimes de la maladie, de la guerre, d’accidents, de la pauvreté…

Avec les disciples, avec Marie et les autres femmes qui accompagnaient Jésus, nous sommes là avec notre impuissance et nos questions.

Pourtant, une chose déjà nous est donnée.

Sur cette croix se dessine aussi le visage de Dieu.

Ce Dieu qui a choisi de nous rejoindre là, dans nos souffrances, dans nos limites, dans nos désillusions, dans nos deuils.

Un Dieu qui, plutôt que de nous laisser seul dans nos épreuves, a choisi au contraire de les vivre avec nous, de nous accompagner  jusqu’au bout, quel qu’en soit le prix…

En contemplant cette croix, c’est Dieu que nous voyons, un Dieu incompréhensible pour notre sensibilité d’hommes et de femmes, mais un Dieu aussi qui est présent, partout, dans les moindres recoins de notre existence, là où, peut-être, nous n’attendions pas de le rencontrer…

Et si nous laissions cette espérance faire son chemin et germer en nous ?

Orgue

Prière d’intercession : texte antiphoné(adapté d’une méditation de l’ACAT, sur : https://www.acat.ch/fr/agir/relayer_les_campagnes/vendredi_saint/meditation/)

O :  Dieu notre Père, par le don de ton Fils tu fais de nous tes enfants. Nous te remercions pour chacun des visages présents ici ce matin.

Nous confions à ton amour les joies et les peines de chacun, les épreuves traversées, les réussites, et le chemin qui reste à accomplir.

H :  Nous confions à ton amour les personnes qui habitent nos pensées, au près et au loin.

Et plus particulièrement en ce Vendredi Saint, nous te confions les souffrances des Ouïghour.e.s.

F :   Avec eux nous contemplons ton visage couronné d’épines, dans l’espoir et la conviction que ni la mort ni la violence n’auront le dernier mot.

Tu as toujours fait de chacun et chacun.e ton prochain, sans distinction de religion, de sexe, d’ethnie ou de position sociale.

O :  Derrière le visage de l’homme de douleur, nous voyons les visages des hommes, femmes et enfants de la minorité́ musulmane des Ouïghours, aux frontières de la Chine.

Ils n’ont pas le droit de pratiquer leur langue, ni leur culture, ni leur religion. Ils vivent sous la surveillance et le contrôle permanents de l’État chinois.

H :  Innombrables sont ceux et celles qui, dans des camps d’internement de masse, subissent les mauvais traitements et la torture et font face au génocide culturel, détenus derrière des fils de fer barbelés épineux et tranchants.

F :   Nous te les confions, mais te demandons aussi de nous donner l’élan et les moyens d’être solidaires à leur détresse.

Au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, et dans la confiance en la force de ta paix et de ton amour.

O :  Et nous unissons nos voix pour te dire la prière qui rassemble tous tes enfants :

Notre Père qui es aux cieux

Que ton nom soit sanctifié

Que ton Règne vienne

Que ta volonté soit faite,

Sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses,

Comme nous pardonnons aussi

A ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laisses pas entrer en tentation,

Mais délivre-nous du mal,

Car c’est à toi qu’appartiennent

Le Règne, la puissance et la gloire,

Aux siècles des siècles.

Amen.

Orgue

Bénédiction

Voici que nous allons poursuivre notre chemin.

Sur notre route où se croisent mort et vie, deuil et naissance, pleurs et rires

Que Dieu nous bénisse et nous garde.

Que la paix de Dieu,

qui dépasse tout ce qu’on peut comprendre,

plus grande que l’obscurité de Vendredi Saint,

plus forte que les mystères du tombeau,

garde nos cœurs et nos pensées,

nos chemins et nos gestes

dans la lumière de son amour.

Amen.

Orgue 

Un roi crucifié – Jean 18,28 – 19,41

Lectures pour le culte du Vendredi saint au temple des Verrières, le 2 avril 2021

Lecture 1 : Jean 18,28 – 19,2 (Jésus est amené devant Pilate)

Alors on emmena Jésus de chez Caïphe au Prétoire. C’était le matin. Ceux qui l’avaient amené n’entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l’agneau pascal.

Pilate sortit donc à leur rencontre et demanda :

– « Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? »

Ils lui répondirent :

– « S’il n’était pas un malfaiteur, nous ne t’aurions pas livré cet homme. »

Pilate leur dit :

– « Prenez-le vous-mêmes et jugez-le suivant votre loi. »

Les Juifs lui dirent :

– « Nous n’avons pas le droit de mettre quelqu’un à mort. »

Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite pour signifier de quel genre de mort il allait mourir.

Alors Pilate rentra dans le Prétoire ; il appela Jésus et lui dit :

– « Es-tu le roi des Juifs ? »

Jésus lui demanda :

« Dis-tu cela de toi-même, ou bien d’autres te l’ont dit à mon sujet ? »

Pilate répondit :

– « Est-ce que je suis juif, moi ? Ta nation et les grands prêtres t’ont livré à moi :  qu’as-tu donc fait ? »

Jésus déclara :

« Ma royauté n’est pas de ce monde ; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici. »

Pilate lui dit :

– « Alors, tu es roi ? »

Jésus répondit :

« C’est toi-même qui dis que je suis roi. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci : rendre témoignage à la vérité. Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix. »

Pilate lui dit :

– « Qu’est-ce que la vérité ? »

Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara :

– « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »

Alors ils répliquèrent en criant :

– «  F. « Pas lui ! Mais Barabbas ! ».

Or ce Barabbas était un bandit.

Alors Pilate fit saisir Jésus pour qu’il soit flagellé. Les soldats tressèrent avec des épines une couronne qu’ils lui posèrent sur la tête ; puis ils le revêtirent d’un manteau pourpre. Ils s’avançaient vers lui et ils disaient :

– « Salut à toi, roi des Juifs ! »

Et ils le giflaient.

Lecture 2 : Jean 19,3-16 (Jésus devant Pilate, suite)

Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit :

– « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »

Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara :

– « Voici l’homme. »

Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier :

– « Crucifie-le! Crucifie-le! »

Pilate leur dit :

– « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »

Ils lui répondirent :

– « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »

Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte. Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus :

– « D’où es-tu? »

Jésus ne lui fit aucune réponse. Pilate lui dit alors :

– « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »

Jésus répondit :

– « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »

Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier :

– « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »

En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha. C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi.
Pilate dit aux Juifs :

– « Voici votre roi. »

Alors ils crièrent :

– « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! »

Pilate leur dit :

– « Vais-je crucifier votre roi ? »

Les grands prêtres répondirent :

– « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »

Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié.

Lecture 3 : Jean 19, 17-30 (crucifixion)

Ils se saisirent de Jésus. Et lui-même, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit Le Crâne (ou Calvaire),
qui se dit en hébreu Golgotha. C’est là qu’ils le crucifièrent, et deux autres avec lui, un de chaque côté, et Jésus au milieu.


Pilate avait rédigé un écriteau qu’il fit placer sur la croix ; il était écrit : « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs. »
Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où l’on avait crucifié Jésus était proche de la ville,
et que c’était écrit en hébreu, en latin et en grec.

Alors les grands prêtres des Juifs dirent à Pilate :

– « N’écris pas : “Roi des Juifs” ; mais : “Cet homme a dit : Je suis le roi des Juifs.” »

Pilate répondit :

– « Ce que j’ai écrit, je l’ai écrit. »

Quand les soldats eurent crucifié Jésus, ils prirent ses habits ; ils en firent quatre parts, une pour chaque soldat. Ils prirent aussi la tunique ; c’était une tunique sans couture, tissée tout d’une pièce de haut en bas.

Alors ils se dirent entre eux :

– « Ne la déchirons pas, désignons par le sort celui qui l’aura. »

Ainsi s’accomplissait la parole de l’Écriture : Ils se sont partagé mes habits ; ils ont tiré au sort mon vêtement. C’est bien ce que firent les soldats.

Or, près de la croix de Jésus se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Cléophas,
et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère :

– « Femme, voici ton fils. »

Puis il dit au disciple :

« Voici ta mère. »

Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.

Après cela, sachant que tout, désormais, était achevé pour que l’Écriture s’accomplisse jusqu’au bout,
Jésus dit :

« J’ai soif. »

Il y avait là un récipient plein d’une boisson vinaigrée. On fixa donc une éponge remplie de ce vinaigre
à une branche d’hysope, et on l’approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit :

  • « Tout est accompli. »

Puis, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Lecture 4 : Jean 19, 31-41 (mise au tombeau)

Comme c’était le jour de la Préparation (c’est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat, d’autant plus que ce sabbat était le grand jour de la Pâque. Aussi les Juifs demandèrent à Pilate qu’on enlève les corps après leur avoir brisé les jambes.

Les soldats allèrent donc briser les jambes du premier, puis de l’autre homme crucifié avec Jésus.
Quand ils arrivèrent à Jésus, voyant qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau.

Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique ; et celui-là sait qu’il dit vrai afin que vous aussi, vous croyiez. Cela, en effet, arriva pour que s’accomplisse l’Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé.
Un autre passage de l’Écriture dit encore : Ils lèveront les yeux vers celui qu’ils ont transpercé.

Après cela, Joseph d’Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Et Pilate le permit.

Joseph vint donc enlever le corps de Jésus. Nicodème – celui qui, au début, était venu trouver Jésus pendant
la nuit – vint lui aussi ; il apportait un mélange de myrrhe et d’aloès pesant environ cent livres.
Ils prirent donc le corps de Jésus, qu’ils lièrent de linges, en employant les aromates selon la coutume juive d’ensevelir les morts.


À l’endroit où Jésus avait été crucifié, il y avait un jardin et, dans ce jardin, un tombeau neuf dans lequel on n’avait encore déposé personne. À cause de la Préparation de la Pâque juive, et comme ce tombeau était proche, c’est là qu’ils déposèrent Jésus.

Jean 18,28 – 1941, traduction du lectionnaire catholique sur https://www.aelf.org

En quête de résurrection – Marche du matin de Pâques pour petits et grands

Dimanche 4 avril 2021

8h Brève méditation au temple de Couvet

8h10 Pour les enfants : petite course aux oeufs dans le jardin de la Cure

8h15 Départ de la marche en petits groupes avec consignes de réflexion

Une petite collation individuelle sera remise au départ

9h30 Brève méditation conclusive au temple de Travers

10h Possibilité de participer au culte de Pâques au temple de Travers

La marche se déroule dans le respect des mesures sanitaires :

  • 50 personnes au maximum pour les méditations du départ et de l’arrivée avec port du masque
  • groupes de 15 personnes au maximum pendant la course aux oeufs et la marche

Renseignements auprès de Patrick Schlüter y compris en cas de météo incertaine le jour-même (079 657 25 12 et patrick.schluter@eren.ch)

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Elan… de Pâques