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Aux Verrières, prier avec les chants de Taizé

Vivre en chrétiens dans un monde qui ne l’est pas – prédication du 6.9.2020 à Couvet

Texte de la prédication à télécharger en format pdf

Lecture de la Bible

Romains 13,8-10 et Matthieu 18,15-20

Prédication de David Allisson, largement reprise de Marie-Noëlle Thabut

Vous avez vu cette semaine que le Grand Conseil neuchâtelois s’est occupé, entre autres, de religion. La loi est maintenant précisée sur la manière de reconnaître officiellement les communautés religieuses. Aujourd’hui 3 Églises chrétiennes le sont : l’Église Réformée, l’Église Catholique Romaine et l’Église Catholique Chrétienne. Il pourra donc y en avoir d’autres à l’avenir.

Dans le même temps, l’argument revient régulièrement que l’Église ou la religion ne devrait pas se mêler de politique. Je dois avouer que je ressens souvent cela comme une manière de chercher à faire taire les opinions différentes. Mais c’est vrai que les consignes de vote du haut de la chaire ne sont pas les bienvenues. Je préfère envisager cet engagement sous forme de débat ou de discussion. Ce matin, pas de consigne de vote pour le 27 septembre, donc. Et j’espère en même temps que vous exprimerez vos convictions aussi en usant de votre droit de vote.

Alors comment les chrétiens sont-ils appelés à se comporter dans un monde qui leur laisse de moins en moins de place ?

C’est exactement la question qu’aborde l’épître aux Romains :

Comment vivre concrètement en Chrétiens dans un monde qui ne l’est pas ? Vivre en chrétien, c’est faire de toute notre vie quotidienne un véritable hommage à Dieu, un « sacrifice saint », une chose sacrée ; c’était une lecture de dimanche dernier dans la même lettre aux Romains, et l’apôtre ajoutait : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu. » C’était logique : un Chrétien cherche en permanence à « reconnaître quelle est la volonté de Dieu ».

Aujourd’hui, nous sommes au chapitre 13 de cette lettre ; Paul entre dans le concret de la vie sociale, le rapport avec les autorités. Quand on lit l’ensemble du chapitre, on constate presque avec étonnement les précisions qu’il donne sur les obligations des citoyens : le respect des tribunaux, le paiement de l’impôt et des taxes, la soumission à toutes les autorités. Pour résumer, on pourrait dire : un bon Chrétien se doit d’être un bon citoyen.

Et soit dit en passant : en démocratie directe, être un bon citoyen, c’est faire usage de son droit de vote et participer à la décision lorsqu’elle est prise par votation. Cela implique aussi le travail de s’informer et de partager son opinion.

D’entrée de jeu, l’auteur de la lettre aux Romains affirme : « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir ». Soyons francs, cette consigne a dû en surprendre plus d’un.

Dans le monde juif de l’Ancien Testament, de tels propos n’auraient surpris personne, car le pouvoir politique était entre les mains des autorités religieuses ; la loi civile ne se distinguait pas de la Loi de Dieu. C’est dans cette optique-là que Jésus avait pu dire à la foule et à ses disciples : « Les maîtres de la loi et les Pharisiens sont chargés d’expliquer la loi de Moïse. Vous devez donc leur obéir et accomplir tout ce qu’ils vous disent… » (Mt 23,2-3)

Mais on ne pouvait pas en dire autant du monde romain ; les autorités en question étaient les empereurs romains et toute la hiérarchie de leurs gouverneurs, magistrats et soldats dont la volonté de Dieu était évidemment le moindre souci ! Notamment parce qu’ils ne se soumettaient pas au même Dieu que les Chrétiens ou les Juifs.

Et si Paul a pu écrire : « Ne vous conformez pas au monde présent », c’est bien parce que l’idéal de la société romaine était, sur certains points, à l’exact opposé de l’idéal chrétien. Alors, obéir à une autorité laïque, sans Dieu, est-ce que c’est possible ? C’est la question qui a été posée à Paul certainement, et qui est à l’origine de notre texte.

Paul répond en deux points :

Premièrement, ne prenez pas prétexte de votre appartenance chrétienne pour fuir vos responsabilités de citoyens ; son argument est le suivant : « Il n’y a d’autorité que par Dieu et celles qui existent sont établies par Lui. » (On trouve cela au début de ce chapitre). On entend résonner ici la phrase de Jésus à Pilate : « Tu n’as aucun pouvoir sur moi à part celui que Dieu t’a accordé. » (Jn 19,11). Autre argument, les lois civiles poursuivent le bien elles aussi ; dans tous les pays du monde, la loi est normalement au service de la justice et de la défense des faibles. Paul dit : « L’autorité civile est au service de Dieu pour t’inciter au bien… » et elle poursuit les malfaiteurs. Visiblement, Paul ne traite pas ici du problème des lois injustes et mauvaises. D’autre part, il faut se souvenir que les Juifs (et avec eux les premiers Chrétiens, puisque les Romains ne faisaient pas encore la différence) étaient dispensés des lois romaines qui choquaient leur conscience : par exemple brûler de l’encens devant la statue de l’empereur, ou bien faire le service militaire. Donc premier point, obéissez sans hésiter aux lois romaines qui vous sont imposées (puisque vous êtes exemptés de celles qui sont contraires à notre religion).

Deuxième point, il ne suffit pas d’être un bon citoyen et d’être parfaitement en règle avec l’autorité civile pour être un bon Juif ou un bon Chrétien ; quand vous êtes en règle avec la loi civile, nous dit Paul, vous n’êtes pas allés jusqu’au bout de ce que demande l’amour ; c’est le sens de la première phrase de la lecture d’aujourd’hui : « N’ayez de dette envers personne, sinon l’amour que vous vous devez les uns aux autres » : « N’ayez de dette envers personne », c’est-à-dire soyez en règle avec tous ; « sinon l’amour que vous vous devez les uns aux autres », c’est-à-dire quand vous serez en règle avec tous il faudra aller encore plus loin. Les parents d’Ella le voient bien : la nourrir, l’habiller, la laver et lui assurer un toit, c’est seulement une partie des bases. L’amour partagé est aussi nécessaire que tout cela pour en faire la fille joyeuse et souriante qu’elle est.

Déjà dans l’Ancien Testament, on avait compris que le fin mot de la Loi donnée par Dieu, c’est d’aimer nos sœurs et nos frères. Pour le dire autrement, on avait compris qu’il ne suffit pas de dire : je n’ai pas tué, pas volé, pas commis l’adultère… on savait bien qu’il faut encore aller plus loin ; je cite Paul : « Les commandements « ne commets pas d’adultère, ne commets pas de meurtre, ne vole pas, ne convoite pas » ainsi que tous les autres se résument dans ce seul commandement : Tu dois aimer ton prochain comme toi-même. » Cela veut bien dire que pour être en règle avec la Loi de Moïse, il ne suffisait pas de ne pas faire de mal, il fallait surtout aimer. Cela exige une conversion profonde, on le sait bien. C’est pourquoi Paul a dit un peu plus haut : « Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde, mais laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle. Vous pourrez alors discerner ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait. » [Rm 12,2] Et là, nous aurons peut-être des surprises : c’est l’histoire de celui que Matthieu appelle le jeune homme riche. Il avait demandé à Jésus : « Que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Et Jésus avait répondu « Si tu veux entrer dans la vie, garde les commandements. » Là-dessus, le jeune homme était parfaitement en règle ; alors Jésus l’avait appelé à aller plus loin et à le suivre au service des humains sur son chemin d’amour : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres… puis viens, suis-moi. »

Une chose est sûre, la décision de suivre le Christ peut nous mener très loin !

En aimant, on obéit complètement à la loi – Romains 13,8-10

Lecture au culte dimanche 6 septembre 2020 à Couvet

Romains 13,8-10 – La Bible en français courant

Lecture de la lettre aux Romains, chapitre 13

N’ayez de dette envers personne, sinon l’amour que vous vous devez les uns aux autres. Celui qui aime les autres a obéi complètement à la loi. En effet, les commandements « Ne commets pas d’adultère, ne commets pas de meurtre, ne vole pas, ne convoite pas », ainsi que tous les autres, se résument dans ce seul commandement : « Tu dois aimer ton prochain comme toi-même. » 

Celui qui aime ne fait aucun mal à son prochain. En aimant, on obéit donc complètement à la loi.

Parole du Seigneur

De la chrysalide au papillon

Culte du 30.08.2020 à 10h00 – Temple de Fleurier

22ème dimanche du temps ordinaire

Célébration dominicale incluant la célébration de deux baptêmes

Pixabay.com. Photo de Gerd Altmann

Musique : Jean-Samuel Bucher, organiste // Lecture et service : Lucette Bucher, paroissienne de service // Célébrants : Véronique Tschanz Anderegg, pasteure & Eric Bianchi, diacre stagiaire.

Lectures bibliques (Bible en français courant) :

  • Rm 12, 1-2
  • Jr 20, 7-9
  • Mt 16, 21-27

Accueil

Comme à l’aube du jour nouveau, lorsque le soleil embrasse la nature encore endormie, Dieu nous accueille à cœur ouvert, sans même que nous ayons à le souhaiter, car il nous précède sur tous les chemins de nos vies, pour les éclairer et les réchauffer de sa présence première.

Il nous reçoit ainsi, tels que nous nous présentons devant Lui, avec nos forces et nos faiblesses, avec nos tristesses et nos joies, avec ce qui brûle ou ce qui s’est éteint au fond de nous.

Prière d’invocation

Seigneur,
Tu étais là bien avant que nous n’arrivions aujourd’hui, mais avons-nous été attentifs à Ta présence ? T’avons-nous vu ? T’avons-nous entendu ?
Apprends-nous à Te ressentir ainsi que l’on ressent l’amour d’un être cher.
Apprends-nous à T’entendre comme nous aimerions être écoutés.
Apprends-nous à T’accueillir ainsi que nous souhaiterions être reçus.
Apprends-nous à aimer du feu qui brûle pour régénérer et non de celui qui consume pour détruire.
Et pareil à chaque jour passant, renouvelle en nous cette vie précieuse dans laquelle Tu nous appelles à nous transformer et à nous épanouir.
Amen.

Prière d’illumination

Seigneur notre Dieu,
Par ton Esprit, donne-nous d’entendre et de discerner la sagesse de ta Parole.
Donne-nous de regarder avec un autre regard que celui limité de notre condition humaine.
Donne-nous d’être transformés à la lumière de ton feu ardent qui jamais ne s’éteint.
Amen.

Lecture de la lettre de Paul aux Romains, chap. 12, vv. 1-2

« 1 Frères, puisque Dieu a ainsi manifesté sa bonté pour nous, je vous exhorte à vous offrir vous-mêmes en sacrifice vivant, réservé à Dieu et qui lui est agréable. C’est là le véritable culte que vous lui devez. 2 Ne vous conformez pas aux habitudes de ce monde, mais laissez Dieu vous transformer et vous donner une intelligence nouvelle. Vous pourrez alors discerner ce que Dieu veut : ce qui est bien, ce qui lui est agréable et ce qui est parfait. »

Lecture du livre du prophète Jérémie, chap. 20, vv. 7-9

« 7 Seigneur, tu m’as si bien séduit que je me suis laissé prendre ; tu m’as forcé la main, tu as été le plus fort. Tous les jours on rit de moi, tous me tournent en ridicule. 8 Chaque fois que je dois parler, il me faut ensuite appeler au secours, crier à la violence et à l’oppression. Recevoir de toi une parole me vaut chaque jour moqueries et insultes. 9 Si j’en viens à me dire : « Je ne veux plus y penser, je ne parlerai plus de la part de Dieu », alors au plus profond de moi il y a comme un feu qui me brûle. Je m’épuise à le maîtriser, mais je n’y parviens pas. »

Lecture de l’évangile selon Matthieu, chap. 16, vv. 21-27

« 21 A partir de ce moment, Jésus se mit à parler ouvertement à ses disciples en disant : « Il faut que j’aille à Jérusalem et que j’y souffre beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des maîtres de la loi. Je serai mis à mort et, le troisième jour, je reviendrai à la vie. » 22 Alors Pierre le prit à part et se mit à lui faire des reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! dit-il. Non, cela ne t’arrivera pas ! » 23 Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : « Va-t’en loin de moi, Satan ! Tu es un obstacle sur ma route, car tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les êtres humains. » 24 Puis Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut venir avec moi, qu’il cesse de penser à lui-même, qu’il porte sa croix et me suive. 25 En effet, celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie pour moi la retrouvera. 26 A quoi servirait-il à un homme de gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Que pourrait-il donner pour racheter sa vie ? 27 En effet, le Fils de l’homme va venir dans la gloire de son Père avec ses anges, et alors il traitera chacun selon la façon dont il aura agi. »

Prédication

Lorsque j’ai lu les 3 textes d’aujourd’hui, proposés par le lectionnaire, j’ai comme qui dirait ressenti quelques réticences…

Chez Jérémie en effet, il est question d’un prophète qui a été séduit par Dieu et qui se sent forcé d’exercer son ministère. Chez Paul, il est question de faire de nous des sacrifices vivants. Enfin, dans l’évangile de Matthieu, Jésus commande qu’il nous faut cesser de penser à soi, qu’il nous faut prendre notre croix et perdre notre vie pour le suivre.

Au premier abord, cela peut faire beaucoup de choses à recevoir et à accepter et je me suis alors dit que jamais je n’arriverai dans toute ma vie, à être à la hauteur de ce que demande la Parole dans ces textes. Mais si je m’étais arrêté là dans mes lectures, au premier regard jeté, je me serais très certainement senti démotivé, incapable et impuissant devant l’ampleur et la difficulté de la mission.

Eh bien, sans le savoir, j’étais moi-même en train d’arpenter un chemin qui m’amènerait à comprendre un des sens que recèlent ces 3 textes, et que je veux partager avec vous.
Mais pour en arriver là, il m’a fallu écouter, entendre. Il m’a fallu me taire et faire silence en moi.

Il m’a fallu abandonner mes appréhensions du début, et pour ainsi dire, me dévêtir de mes idées toutes faites, de mon regard humain, de celui d’Éric Bianchi, et d’écouter les réflexions maturées sous d’autres regards que le mien…

Dans les versets de l’Evangile de Matthieu qui précèdent le passage que nous avons entendu, Pierre reconnaît Jésus comme étant le Messie, le Fils du Dieu vivant, et reçoit de lui une parole inattendue :

« Tu es heureux, Simon fils de Jean, car ce n’est pas un être humain qui t’a révélé cette vérité, mais mon Père qui est dans les cieux. Eh bien, moi, je te le déclare, tu es Pierre et sur cette pierre je construirai mon Église. » (Mt 16,17-18)

Tout de suite après, le Christ révèle à ses disciples qu’il allait souffrir, qu’il serait mis à mort et qu’il ressusciterait. Alors Pierre, lui qui attendait, comme beaucoup de ses compatriotes, un messie triomphant, victorieux, qui renverserait et chasserait alors les occupants romains, est abasourdi par ce qu’il entend. Il ne peut pas en croire ses oreilles. Son maître va souffrir, mourir et pire encore, il semble accepter cela comme une nécessité.

Alors, les attentes de Pierre s’écroulent. Peut-être même, lui qui venait d’être nommé « pierre » de l’Eglise par Jésus, se voyait-il devenir un homme puissant et important ; le second du messie. Choqué, il n’est même pas en mesure d’entendre que Jésus avait annoncé sa résurrection à venir. Il réagit alors, et laisse échapper cette phrase :

« Dieu t’en garde Seigneur ! (…) Non, cela ne t’arrivera pas. ».

Pierre ne parle plus inspiré par Dieu comme le disait Jésus juste avant, mais comme un humain. Un humain qui tente le Fils de Dieu pour qu’il échappe à ce qui doit advenir, au plan de Dieu pour le salut du monde. C’est pourquoi Jésus a cette vive réaction. Il traite Pierre de « Satan », autrement dit d’adversaire, d’ennemi qui cherche à le détourner de Dieu. Puis, directement, il s’adresse aux disciples en leur parlant de la croix à porter à sa suite, de cette vie qu’il faut perdre au lieu de vouloir la sauver.

On a l’impression au premier abord que pour être digne de suivre Jésus, il faut complètement s’oublier, qu’il faut prendre sur son dos ses souffrances sans rien dire et accepter de mourir pour le nom du Christ, seule manière d’obtenir le Salut. Avec Paul, il s’agirait de s’offrir en sacrifice vivant et la souffrance seule permettrait alors de suivre le Christ.

Ceci n’est fort heureusement pas le cas… Car ce que veut dire Jésus, c’est que pour suivre le chemin qu’il nous indique, il faut savoir laisser derrière soi les éléments de nos vies qui nous parasitent : les préjugés, les idées toutes faites imposées par notre regard humain, par la société dans laquelle nous vivons… cela pour nous permettre de « re-naître ». Renaître d’une nouvelle vie à une nouvelle vue, d’un nouveau souffle à un nouveau regard sur les choses qui nous entourent. C’est une invitation à renoncer à ce qui occulte notre vue et à « re-trouver » sa vie à la suite du Christ, lui qui est seul le chemin qui mène à Dieu. Comme dans le texte de Paul, c’est une invitation à rendre sacrée notre vie, car c’est le sens ici du mot « sacrifice », non en renonçant à qui nous sommes très profondément, mais en acceptant de transformer notre regard parce qu’en tout premier, Dieu nous a aimés.

Oui, Dieu veut que nos vies soient transformées par la gratuité de son amour qui précède tout autre et ainsi, mourir à ce qui nous empêche d’être nous-mêmes en plénitude. C’est d’ailleurs un des sens du baptême : mourir à ce que l’on était pour renaître en Christ. Accepter de perdre symboliquement sa vie pour la retrouver différemment.

Quant au fait de porter sa croix, on pourrait l’entendre comme l’idée de supporter les souffrances d’une vie qui n’est pas toujours simple, et de discerner dans les épreuves, ce qui nous fera renaître.

La vie, vous le savez bien, est faite de petites morts :
Perte de capacités physiques ou mentales, étapes dans nos vies professionnelles et privées, deuil d’un enfant qui ne naîtra jamais, d’un demain qui ne sera jamais plus hier.

Et à chaque petite mort aussi, sa renaissance. Cette compréhension de quelque chose ou de quelqu’un qui ne reviendra plus ainsi qu’il était pour « re-devenir » autrement, transformé.

Mais nous pourrions entendre cette expression différemment :

Selon certains commentaires, la croix représentait la dernière lettre de l’ancien alphabet hébreux et signifiait le « signe » ou la « marque ». Aussi, porter sa croix, pourrait aussi vouloir signifier porter la foi qui nous habite, la revendiquer, à la suite du Christ. En d’autres termes, Jésus aurait pu dire :

« Si quelqu’un veut venir avec moi, qu’il laisse derrière lui ses superficialités, son égoïsme, son nombrilisme. Puis, qu’il me suive le chemin que je lui montre et que je suis, en portant fièrement sa foi. »

J’aime bien à ce propos l’image de la chrysalide. Avant de devenir papillon, la chenille est protégée dans un cocon dans lequel elle peut se nourrir, passant par différents stades de développement.

C’est pour elle son repère et sa protection. Sortir en l’état ne servirait à rien, car elle ne serait pas encore prête. Il faut attendre cette mutation magnifique pour qu’elle arrive à maturité.
Sommes-nous prêts ? La réponse ici est individuelle. Chacune et chacun selon son rythme, selon ses possibilités.

Pour le prophète Jérémie, porter sa croix a aussi été, à l’image du Christ, le fait d’aller à contre-courant de ses contemporains. Dans le royaume de Juda dans lequel il prophétisait, il a appelé pendant près de 40 ans le peuple à ouvrir les yeux sur sa décadence spirituelle, au détriment de sa sécurité, de son intégrité.

Et lorsque l’on entend les mots de Jérémie qui nous ont été lus, comment ne pas être touché ? Ce sont clairement les paroles d’un être en souffrance, déchiré intérieurement entre une Parole de Dieu qui le dévore tel un brasier s’il la tait, et la promesse d’insultes, de menaces et de violences contre lui s’il la transmet…

Ainsi, la Parole de Dieu n’est pas faite pour plaire, et comme l’annonce de Jésus à ses disciples, elle est reçue par le monde dans un monde qui ne réfléchit pas comme Dieu. Et vous le savez, celui qui va à contre-courant, qui sort du moule, s’attire bien souvent la jalousie, la rancœur et la violence.

Je vais vous raconter une courte histoire :

Lorsque j’étais encore à l’école, un camarade de classe était devenu le souffre-douleur d’une bande de brutes. Je me souviens bien de lui. Il n’était pas à la mode si je puis dire. Tout en lui était différent. Il était méprisé, violenté, et tout ce qu’il disait faisait l’objet de moqueries et il se retrouvait alors isolé.

Notre prophète Jérémie, lui aussi paraissait seul et pourtant, il ne l’était pas. Dieu lui avait dit :

« Tu devras aller voir tous ceux à qui je t’enverrai, et leur dire tout ce que je t’ordonnerai. N’aie pas peur d’eux, car je suis avec toi pour te délivrer ». (Jr 1,7a-8).

Et chères baptisées, à l’image de la chrysalide qui naît d’un nouveau souffle en devenant papillon, en allant par ses ailes dans le monde et qui ose cette vie, vous êtes nées à nouveau par l’eau de votre baptême, et vous entrez dans ce monde avec des ailes nouvelles. Et même si cette renaissance, comme nous l’avons entendu avant ne vous épargnera pas les moments difficiles, elle vous donne aujourd’hui et en tout temps, l’assurance d’être accompagnées par Dieu…

Alors, si les textes que nous avons entendus nous parlent de discernement, celui de Jérémie ne nous invite-t-il pas aussi, au nom de la Parole, à dénoncer les agissements qui vont à l’encontre de notre foi ? A l’encontre de ce que nous disent les Ecritures ?

Mais aujourd’hui il faut bien l’admettre, le Christ n’est plus très à la mode. Les jeunes diraient peut-être même que d’être chrétien c’est « as been », dépassé…

En effet, dans notre monde actuel, celle ou celui qui a « réussi » possède une belle voiture, voire plusieurs, qu’il ou elle expose au nez de tous les perdants ; des « loosers » comme on entend dire.

Pour être considéré, il ou elle achète le dernier téléphone, les gadgets dernier cri et ne s’apitoie surtout pas sur le sort des plus pauvres. Ces dernières années, celle ou celui qui passe dans une émission de téléréalité devient un modèle. Celui à qui il faut ressembler, celui que l’on vénère, non pour ce qu’il apporte, mais pour ce qu’il montre. La réussite et l’argent faciles ; paraître plutôt que d’être…

Et l’image du Christ n’est pas celle des idoles de notre monde. Lui, le Fils de Dieu était un charpentier né dans une étable.

Il nous parle d’humilité au lieu de la vantardise, d’amour au lieu de la haine, de compassion au lieu du mépris, et d’ouverture de soi au lieu de l’individualisme. Il nous dit, par les paroles du prophète Jérémie, qu’il faut parfois oser aller à contre-courant. Mais ce n’est pas toujours facile. Loin de là…

Juste avant, je vous ai parlé de ce garçon qui était moqué et frappé dans mon école, dans l’indifférence générale.

Ai-je eu la force, ai-je eu le courage d’intervenir, de m’interposer et de l’aider ? Non. À l’époque, je n’ai pas bougé le plus petit doigt pour lui… Par peur ? Peut-être. Par facilité ? Probablement. Par lâcheté ? Certainement. En réalité, j’ai préféré « sauver ma vie » au lieu de la perdre… Serait-ce pareil aujourd’hui ? J’ose espérer que non… Mais pour l’éviter, il faut que j’accepte de délaisser un regard pour un autre. Il faut que j’accepte d’être transformé, en laissant de côté cette fausse sécurité, en suivant ce plan de Dieu que j’ai tant de peine à discerner.

Et nous toutes et tous : quel regard portons-nous lorsqu’au détour des rues de nos villages nous croisons des personnes marginalisées ?
Quel regard portons-nous sur celles et ceux qui sont différents ?
Quel regard portons-nous sur nos frères et sœurs catholiques, orthodoxes, évangéliques ? Quels regards portons-nous sur les musulmans ? Sur les non-croyants ?
Choisir Jésus n’est pas une promesse de facilité.

Oser plonger son être entier dans la symbolique du baptême, à l’image de vous, chères baptisées, réclame du courage, de la confiance et de l’espérance. C’est devenir le témoin d’un nouveau regard dont chacune et chacun a besoin. C’est accepter de jouir enfin de cette liberté voulue par notre Créateur. Enfin, c’est accepter de s’ouvrir à l’autre pour découvrir en lui ou en elle cette part de renaissance intérieure qu’il a lui-même ou elle-même peut-être déjà expérimenté.
Amen.

Prière d’intercession et Notre Père

Seigneur notre Dieu,

Notre condition humaine impose souvent à notre regard un filtre au travers duquel nous ne parvenons pas à discerner Ta Parole. Donne-nous d’ouvrir les yeux de nos cœurs, donne-nous de déposer sur nos chemins de vie, l’excédent de bagages inutile qui nous alourdit et qui vient à concentrer l’entier de notre attention.

Seigneur, notre monde occidental et notre société actuelle promeuvent une image de la réussite qui ne correspond pas à ce que traduit notre foi. Donne à nous toutes et tous l’impulsion de transformer et de faire fructifier ce qui se réclame de la vie et d’abandonner ce qui ne mène à rien.

Nous te prions encore pour les baptisées, la marraine, leur famille et leurs amis. Pose sur eux et en tout temps la main de tendresse du Père, la compassion de l’amitié du Fils et éclaire leur chemin par Ton Esprit de sagesse et de discernement.

Nous portons aussi dans la prière tous les peuples de la terre en proie à la violence, au déséquilibre et au désespoir. Nous pensons particulièrement au Liban, à la Biélorussie, au Mali et à la Syrie.

Nous te prions pour tous nos proches et pour toutes celles et ceux qui traversent les épreuves de la maladie, du deuil, de l’éloignement, et de la faim physique et spirituelle.
Car en toi Seigneur vivent l’espérance, la paix et l’amour véritablement éternel.

Ainsi, c’est avec confiance qu’en union avec les chrétiens d’hier et d’aujourd’hui, nous disons d’une même voix la prière transmise par Ton Fils unique, notre Seigneur :

Notre Père
qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite,
sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons aussi
à ceux qui nous ont offensés
et ne nous laisse pas entrer en tentation,
mais délivre-nous du mal.
Amen.

Envoi

Allez dans le monde, transformés d’un nouveau regard ! Brisez le cocon et déployez les ailes que Dieu vous a données. Et osez : osez la vie, osez la rencontre et le partage, osez l’amitié et la foi, sans jamais oublier qu’Il ne vous laisse jamais seul.e.s.

Bénédiction

Que la Paix de Dieu qui voit ce qui nous est invisible vous accompagne.
Qu’Il veille sur vos jours et sur vos nuits.
Qu’Il vous tienne par le cœur en y murmurant les paroles qui apaisent.
Qu’Il vous inspire dans les rencontres et dans tous les moments difficiles.
Enfin, qu’Il vous bénisse, Lui qui est Père, Fils et Saint-Esprit. Amen.

Voyage en musique et en textes – culte du 16 août 2020 à Fleurier

Culte musical sur le thème du voyage

A l’orgue, Jean-Samuel Bucher

Culte présidé par Patrick Schlüter

Lectures par Denise Lambercier

Textes bibliques :

  • Genèse 28, 16-22
  • Genèse 35, 1-3
  • Hébreux 11, 8-10 + 13-16

Version en ligne du culte

Avec des liens internet proposés par notre organiste vers les mêmes morceaux que ceux joués pendant le culte!

Accueil

Bienvenue à vous, voyageurs !

Vous êtes venus !

Vous avez glissé dans votre quotidien ce moment pour votre Dieu ou vous êtes arrivés par hasard sur cette page!

Que la grâce de Dieu qui nous a mis en route nous habite maintenant.

Qu’elle allume en nous le feu de son amour,

qu’elle réveille notre soif de le rencontrer,

qu’elle rende plus forte notre faim de lui,

en Jésus-Christ, son Fils et par le Saint-Esprit,

Amen !

Introduction sur le thème du voyage

Pourquoi part-on en voyage ?

Les raisons sont multiples : voyage pour le travail, voyage pour voir la famille, parfois pour un événement de la vie, naissance, mariage ou décès, voyage pour des vacances, ou alors voyage qui n’est pas forcément choisi : un changement de situation de vie ou carrément un exil pour fuir son pays.

Dans un voyage, on découvre de nouveaux lieux, de nouvelles personnes et cela suscite aussi des choses en nous : sentiments, réflexions, questions. Le voyage ne nous laisse pas indemnes, il peut nous transformer. Le voyage devient alors aussi un voyage intérieur.

Et finalement, il n’y a pas que les déplacements d’un lieu à un autre qui peuvent nous faire voyager intérieurement, nous transformer. Il y a les rencontres, les événements, les découvertes, l’art. La foi en Jésus-Christ est aussi un voyage intérieur, qui nous invite à changer notre regard et à aller à la rencontre des autres, parce que le Dieu de la Bible est un Dieu du voyage.

Aujourd’hui, c’est un voyage musical et méditatif qui nous est proposé. A travers des morceaux, Jean-Samuel Bucher va nous faire voyager à travers les pays, les époques et les styles. Les textes de ce culte ont aussi été réfléchis autour du thème du voyage, notamment les voyages de Jacob, devenu Israël, ancêtre d’un peuple et un de nos pères dans la foi.

Alors, bon voyage !

Orgue « L’Allégresse », Charles Piroye, France, début XVIIIe

Psaume 23, Version du “Vieux Marin”

Le Seigneur est mon pilote.

Je ne partirai pas à la dérive.

Sa lumière m’éclaire dans les eaux ténébreuses.

Il me guide dans les canaux profonds.

Il tient mon journal.

L’étoile de sa Sainteté me guide.

Dans les orages et les tempêtes de la vie,

je ne craindrai pas le danger:

car tu es près de moi.

Ton amour et ta sollicitude me protègent.

Tu m’as préparé un havre dans la Patrie de l’Eternité.

Tu apaises les vagues avec de l’huile.

Mon bateau avance dans le calme.

La lumière du soleil et des étoiles m’accompagnera partout.

Et au terme de mon voyage,

je me reposerai dans le port de mon Dieu.

Chant dans Alléluia n°84 « psaume 84 , dans ta maison  », p.98

Prière d’humilité :

Tu es le chemin

Le chemin de notre démarche

Le chemin de notre vie

Notre vie, pleine de carrefours et d’obstacles.

Nous allons de ci, de là, voyageurs incertains.

Avec nos jours d’impasse et nos jours d’ouverture.

Nous partons dans tous les sens, girouettes assoiffées,

Pèlerins désorientés, consommateurs de mirages.

Mais toi, tu traces notre avance,

Tu balises notre course,

Tu es le chemin et le but,

L’échelle et la charpente,

La vraie vie de notre vie,

La vérité de notre marche.

O Dieu,

Savons-nous toujours le chemin à suivre ?

O Dieu,

A ta lumière la vie est-elle si limpide?

O Dieu,

Ton Fils comme sentier, est-ce tellement simple?

O Dieu,

Donne-nous l’étroit des chemins de forêt,

Donne-nous la largeur du ciel,

Donne-nous, enfin, la foi,

Etincelle pour nos lampes qui vacillent

Au souffle de l’orage et du vent!

Amen.

Paroles de grâce

Lève-toi

Dit Dieu

Reprends la route humaine

En déposant tes haines.

Moi, je ne désespère pas de toi

Je te renouvelle ma confiance

Et je me tiendrai près de toi

Pour te fortifier

Devant toi pour éclairer ta route

Et derrière toi pour te protéger.

Va en paix

Avec mon pardon pour bagage.

Amen !

Orgue « Concerto grosso », Arcangello Corelli (1653-1713), Italie

Musique en version longue!

Prière avant les lectures :

Seigneur,

ta Parole s’ouvre à nous.

Donne-nous ton Esprit

afin que cette Parole nous ouvre à ton amour

et qu’elle nous invite à te suivre.

Amen

1ère lecture : Genèse 28, 16-22 (traduction Parole de vie) :

Introduction :

Par ruse, Jacob a volé à son frère Esaü la bénédiction donnée par leur père Isaac. Pour échapper à la colère d’Esaü, Jacob est envoyé chez son oncle Laban. En chemin, il fait un rêve dans lequel le Seigneur lui promet de le faire revenir dans le pays.

Jacob se réveille et il dit :

« C’est sûr, le Seigneur est ici, et je ne le savais pas ! »

Jacob a peur et il ajoute : « Cet endroit me fait peur. C’est vraiment la maison de Dieu et la porte du ciel ! »

Jacob se lève tôt le matin. Il prend la pierre qui était sous sa tête. Il la met debout. Il verse de l’huile dessus, pour en faire une pierre sacrée. Jacob appelle cet endroit Béthel, c’est-à-dire « Maison de Dieu ». Avant, on l’appelait Louz.

Puis Jacob fait ce vœu : « Si le Seigneur est avec moi, s’il me protège pendant mon voyage, s’il me donne de la nourriture à manger et des vêtements pour me couvrir, si je reviens en bonne santé dans ma famille, alors le Seigneur sera mon Dieu. Cette pierre que j’ai dressée et consacrée sera une maison de Dieu. Et je lui donnerai le dixième de tout ce qu’il me donnera. »

Message – 1ère partie « Qu’est-ce que je cherche quand je pars en voyage ? »

Pourquoi part-on en voyage ? Qu’est-ce que je cherche quand je pars en voyage ?

Et pour le voyage de ma vie, qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que j’attends de la vie ?

Jacob n’a pas vraiment choisi de partir. Chouchou de sa maman Rebecca, il est malin et rusé. Aidé par sa mère, il a volé la bénédiction que son père Isaac avait prévue de donner à Esaü son frère. Et voilà que sa mère entend que son frère envisage de lui faire du mal quand son père ne sera plus là. Rebecca persuade alors Isaac d’envoyer Jacob chez son oncle Laban pour y trouver une épouse.

Alors, voilà Jacob sur les routes. Lui qui aime rester dans les tentes avec sa mère, doit dormir à l’extérieur. Et voici qu’une nuit, il fait un rêve dans lequel le Seigneur lui fait la même promesse qu’à Abraham et à Isaac : lui donner un pays et une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel. Le Seigneur termine ainsi : « Moi, je suis avec toi. Je te protégerai partout où tu iras. Je te ferai revenir dans ce pays. Non, je ne t’abandonnerai jamais. Je ferai tout ce que je t’ai promis. »

Jacob n’en demandait pas tant… Sa réaction est de reconnaître la présence de Dieu dans ce lieu et d’y construire un autel. Il prononce ensuite un vœu : « Si le Seigneur est avec moi, s’il me protège pendant mon voyage, s’il me donne de la nourriture à manger et des vêtements pour me couvrir, si je reviens en bonne santé dans ma famille, alors le Seigneur sera mon Dieu. »

Pour l’instant, Jacob se préoccupe de ses besoins immédiats : nourriture, vêtements, santé et revenir dans sa famille, sain et sauf. C’est pleinement logique et compréhensible. Le vœu de Jacob correspond aux 3 premiers niveaux de la pyramide des besoins selon Maslow : besoins physiologiques, besoin de sécurité, besoin d’appartenance ou besoin social. Les autres besoins, l’estime et le fait de s’accomplir viendront plus tard.

Donc, Jacob a besoin d’éprouver la promesse de Dieu qui se révèle à lui. Ce n’est pas encore son Dieu. Très longtemps, Jacob dira pour parler du Seigneur : « le Dieu de mon père ».

Et nous, que cherchons-nous dans nos voyages et celui de nos vies ?

La pandémie que nous vivons fait ressortir ces questions avec plus de force.

Et qu’attendons-nous de Dieu ? Il nous promet à nous aussi : « je suis avec toi. Je te protégerai partout où tu iras. Je ne t’abandonnerai jamais » 

Prenons le temps pendant la musique de réfléchir aux signes et à la présence de Dieu durant le voyage de notre vie.

Orgue « Folia da Espagna », Bernardo Pasquini (1637-1710), Espagne

2ème lecture : Genèse 35, 1-3 (traduction Parole de vie modifiée) :

Introduction :

Des années plus tard, Jacob est revenu de chez son oncle Laban. Entretemps, il s’est marié et a eu de nombreux enfants. Il est devenu riche et prospère. Après une lutte mystérieuse avec un ange, il a reçu un nouveau nom « Israël » et il a osé aller à la rencontre de son frère Esaü pour se réconcilier avec lui.

Un jour, Dieu dit à Jacob :

« Pars ! Va à Béthel et reste là-bas. Tu me construiras un autel. C’est là que je me suis montré à toi quand tu fuyais devant ton frère Ésaü. »

Jacob dit à sa famille et à tous ceux qui l’accompagnent : « Enlevez les statues des dieux étrangers qui sont chez vous. Rendez-vous purs et changez de vêtements. Préparez-vous, nous allons à Béthel. Là-bas, je vais construire un autel pour Dieu. En effet, c’est lui qui m’a répondu quand j’étais très malheureux, et c’est lui qui m’a aidé pendant le voyage que j’ai fait. »

Message-2ème partie « qu’est-ce que Jacob a trouvé dans son voyage ? Et nous ? »

20 ans plus tard, Jacob est rentré au pays. Au moment de revenir à Béthel pour construire un autel, il regarde en arrière et considère son parcours de vie. Il dit à sa famille :

« Dieu m’a répondu quand j’étais très malheureux, et c’est lui qui m’a aidé pendant le voyage que j’ai fait. »

Qu’est-ce que Jacob a trouvé durant son voyage ? Comment Dieu l’a-t-il aidé ?

Si on considère le vœu de Jacob 20 ans auparavant, nous pouvons constater qu’il a eu à manger et de quoi se vêtir, qu’il a été suffisamment en sécurité, même si les relations avec son oncle Laban se sont dégradées et qu’il a eu peur avant de revoir son frère Esaü. Et il est revenu au pays, a revu son père Isaac.

En bonus, une partie de la promesse de Dieu est accomplie : Jacob a 11 fils et au moins une fille. Il a aussi de grands biens avec des troupeaux nombreux.

Pourtant, je crois que Jacob a aussi trouvé autre chose. Et cela s’exprime par son nouveau nom : Israël qui signifie « Il a lutté avec Dieu ». Ce nouveau nom, Jacob le reçoit pour la première fois après une lutte mystérieuse avec un homme, un ange ou peut-être Dieu lui-même.

Pour la première fois, Jacob s’est battu seul, sans arme, sans contourner le problème par la ruse. Il dira lui-même « J’ai vu Dieu face à face et j’ai eu la vie sauve ! »

Il est touché jusque dans son corps. Certains disent que cette blessure guérit Jacob qui devient enfin lui-même sans tromperie. Dans tous les cas, ce voyage a changé Jacob. Il ose aller au-devant d’Esaü, se réconcilier avec lui. Peu après d’ailleurs, les 2 frères enterreront ensemble leur père Isaac.

Le voyage a changé Jacob. Il n’est plus le même. Si on regarde la pyramide des besoins selon Maslow, Jacob a pu remplir son besoin d’estime et même son besoin d‘accomplissement. Le Dieu de son père est devenu son Dieu jusque dans son nouveau nom. Ce Dieu n’est plus seulement celui qui peut remplir ses besoins, faire ce qu’il souhaite. Dieu est devenu pour lui, quelqu’un qui lui résiste, qui le fait avancer et évoluer. Jacob est devenu lui-même dans la rencontre avec Dieu et avec les autres.

Voilà quelques-uns des choses que Jacob a trouvées durant son voyage.

Et nous, qu’avons-nous trouvé dans tous les voyages de nos vies, qu’ils soient des voyages physiques ou des voyages intérieurs ?

Voyageons encore en musique !

Orgue « Gigue », George Frideric Händel, Angleterre

3ème lecture : Hébreux 11, 8-10 + 13-16 (traduction Parole de vie) :

Abraham a cru en Dieu, alors il a répondu à son appel, il a obéi. Il est parti vers un pays que Dieu devait lui donner à posséder, et il est parti sans savoir où il allait. Abraham a cru en Dieu, alors il est allé habiter comme un étranger dans le pays promis par Dieu. Il a habité sous des tentes avec Isaac et Jacob. Eux aussi ont reçu la même promesse qu’Abraham. Abraham attendait la ville qui a des fondations solides. Et c’est Dieu qui a fait les plans de cette ville, c’est lui qui l’a construite.

(…)

Tous ces gens sont morts en croyant en Dieu. Ils n’ont pas reçu les biens que Dieu avait promis, mais ils les ont vus et les ont salués de loin. Et ils ont affirmé qu’ils étaient des étrangers et des voyageurs sur la terre. En affirmant cela, ils montraient clairement qu’ils cherchaient une patrie. Ils ne pensaient pas à celle qu’ils avaient quittée. Sinon, ils avaient bien le temps de retourner chez eux ! En fait, c’est une patrie meilleure qu’ils cherchaient, c’est la patrie du ciel. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu. En effet, il leur a préparé une ville.

Chant Alléluia n°22/07, « écoute  », p.262

Message – 3ème partie « Le voyage de la foi « être un étranger sur la terre » »

Le voyage de Jacob ne s’est pas arrêté avec le constat que Dieu l’a aidé. Peu après, il a eu un 12ème fils Benjamin, mais a perdu son épouse Rachel en couches. C’est un immense chagrin pour lui. Puis, il a enterré son père Isaac. Ensuite, il a perdu son fils Joseph. Jacob l’a cru mort alors que Joseph avait été vendu en Egypte. Il y aura ensuite la famine dans toute la région, l’angoisse de voir ses fils partir en Egypte chercher de la nourriture, puis les retrouvailles avec Joseph devenu gouverneur de l’Egypte. Avant de mourir, Jacob bénit tous ses fils.

Plusieurs textes bibliques utilisent le nom de Jacob, par exemple en parlant du « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » ou simplement du « Dieu de Jacob ». Jacob avec ses voyages est devenu l’ancêtre du peuple d’Israël. Son expérience de Dieu et l’histoire qui en a découlé fait qu’on utilise son nom pour désigner de quel Dieu on parle. Le Dieu de la Bible, notre Dieu, est le Dieu de Jacob. Cela signifie que, dans tous les voyages de nos vies, avec tout ce que nous sommes, avec nos forces et nos faiblesses, avec nos essais et nos erreurs, avec notre foi et nos doutes, ce Dieu-là veut nous rencontrer, cheminer avec nous et nous permettre de devenir pleinement nous-mêmes avec lui et avec les autres.

Des années plus tard, la lettre aux Hébreux place Jacob parmi les nombreux témoins de la foi. Le Dieu de Jésus-Christ est un Dieu du voyage qui est devenu pleinement humain pour cheminer avec nous. Il nous appelle à être des voyageurs sur la terre parce que notre patrie est dans le ciel.

Aujourd’hui, notre monde est devenu plus incertain. Avec la pandémie de coronavirus, voyager pose plus de questions. D’autres défis attendent l’humanité : la crise écologique, les questions migratoires et d’accueil de l’autre, la justice sociale et le partage des ressources.

Sans doute aimerions-nous bien rester chez nous, bien tranquilles et voyager quand nous le souhaitons, comme avant. Peut-être et même sans doute, de nouvelles ouvertures vont apparaître, mais le monde et nos vies ne redeviendront jamais « comme avant » ! Que nous le voulions ou non, nous devrons nous déplacer, au moins intérieurement pour habiter une nouvelle réalité. Le changement est constitutif de la vie.

J’aime cette idée d’être un voyageur sur cette terre, un étranger. Un voyageur sait qu’il y a toujours un risque, une incertitude. Il sait que dans un pays inconnu, il aura besoin des autres. Un voyageur doit faire face à lui-même, découvrir ses forces et accepter ses fragilités. S’il avance ainsi, le voyageur sera toujours surpris par la richesse d’une rencontre ou la beauté d’un paysage.

Alors, pour faire face à l’avenir, devenons ce que nous sommes appelés à être : des voyageurs de la foi, conscients d’eux-mêmes, ouverts à la rencontre des autres dans leur différence, et comptant sur le Dieu de Jésus-Christ qui nous attend tout au long de la route. C’est en lui que repose notre identité et nos vies sont dans la tendresse de ses mains, quels que soient les chemins que nous allons emprunter.

Amen.

Orgue « Sonate », Johann Melchior Dreyer, Autriche

Musique en version longue!

Confession de foi :

Dans nos faiblesses,

Dans nos doutes,

Dans nos oublis,

Jésus, Sauveur, tu es présent

Dans nos luttes,

Dans nos révoltes,

Dans nos refus,

Jésus, Sauveur, tu es présent

Dans nos faims et nos soifs,

Dans nos élans,

Dans nos désirs,

Jésus, Sauveur, tu es présent

Dans nos échecs,

Dans nos questions,

Dans nos angoisses,

Jésus, Sauveur, tu es présent

Quand nous te cherchons,

dans nos voyages et dans nos quêtes,

Jésus, Sauveur, tu es présent

Orgue « Nachspiel », Johann Christoph Kellner (1736-1803), Allemagne

Prière d’intercession

Béni sois-tu, Dieu de toute joie,

pour ta parole des commencements

qui fait éclore la lumière au milieu des peurs,

des angoisses et des désirs désespérés.

Car tu nous redis aujourd’hui ce dont tressaille ton Evangile:

« Je passe près de vous dans la brise imperceptible,

ma voix se fait proche au coeur de vos maisons,

je vous appelle de l’autre rive,

mes bras vous font signe au sommet des collines,

ma face resplendit dans le soleil d’été

et mon ombre vous frôle à la tombée du jour.

Chaque fois que vous vous mettez en route,

Je vous accompagne.

Le voyage de la vie, je le fais avec vous. »

Béni sois-tu, Dieu de toute tendresse

car tu nous redis que tout nous est remis,

Que nous sommes à toi,

et qu’ensemble il nous faut conduire en ton Royaume

celles et ceux que tu places sur nos routes.

Béni sois-tu, Dieu de toute fragilité

car tu as les paroles qui ravivent le goût du sens et de l’existence.

Apaise notre angoisse, relève notre tête

et nous deviendrons les uns,

les unes pour les autres les signes du Messie qui vient.

Nous te remettons les visages connus,

nos enfants qui nous déconcertent par la magie de leur confiance,

nos adolescents qui vivent d’indépendance et de vulnérabilité,

nos adultes qui s’absorbent dans leur travail

et se durcissent dans leurs ornières,

nos vieillards qui s’accrochent à la vie ou se laissent aller à la mort.

Nous te remettons les souffrances journalières,

la misère du monde, la solitude qui est peut-être la nôtre.

Donne-nous la force de franchir l’infranchissable de nos vies.

Mets en nous l’espérance et la joie du royaume.

Amen

Orgue « Walzer », Sophie von Frisching (1793-1854), Canton de Berne, Suisse

Morceau indisponible sur internet, autre morceau de la même compositrice à écouter ci-dessous

Notre Père

O Christ, souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton règne, apprends-nous toi-même à prier :

Notre Père qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,

Que ton règne vienne,

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses, 

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation,

mais délivre-nous du mal,

car c’est à toi qu’appartiennent

le règne, la puissance et la gloire,

pour les siècles des siècles.

Amen.

Chant n° 41/28 « A Dieu soit la gloire  », p.600

Bénédiction

Que le chemin s’ouvre sous vos pas.

Que le vent vous pousse en avant.

Que le soleil rayonne sa chaleur sur votre visage.

Que les pluies tombent avec douceur

sur vos champs.

Et jusqu’à vous revoir,

puisse Dieu vous garder dans sa main.

Amen.

Orgue « The Entertainer (1909) », Scott Joplin, USA

Amour, confiance et responsabilité

« Mes enfants, n’aimons pas seulement en paroles, avec de beaux discours ; faisons preuve d’un véritable amour qui se manifeste par des actes. » 1 Jn 3,18 (Bible en français courant)

Culte en lien avec l’initiative pour des multinationales responsables

Dimanche 9 août 2020 à 10h00 – Temple de Fleurier 19ème dimanche du temps ordinaire

Musique : Fabienne Pantillon, organiste 

Lecture et service : Marinette Jequier

Célébrant : Eric Bianchi, diacre stagiaire

Autres intervenants : Claire-Lise Vouga, Stéphanie Perregaux, Philippe Vaucher, Elisabeth Würgler

Lectures bibliques :

  • Gn 2, 4-15
  • Am 8, 4-7
  • Lc 10, 25-37

Préambule important

L’initiative populaire pour des multinationales responsables défend les droits humains et la dignité que chaque personne possède de manière inaliénable. Elle vise également le respect et la protection de notre environnement.

Elle réclame que toute multinationale implantée en Suisse et qui contrevient à l’étranger aux droits humains et aux règles environnementales, puisse être tenue responsable civilement en Suisse pour les dommages causés. Aujourd’hui, de très nombreuses violations sont répertoriées, toutes aussi choquantes les unes que les autres.

Le Conseil paroissial de l’Eglise réformée du Val-de-Travers soutient celle-ci, à l’image de très nombreuses organisations et communautés religieuses.

Pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter en supplément du site du comité référendaire, celui des « Eglises pour multinationales responsables« .

Accueil

Que le Seigneur qui nous accueille pose sur nous Son regard d’affection.
Qu’Il nous reçoive tels que nous paraissons devant Lui, à la fois forts de son amour et de sa tendresse, et en même temps soucieux et fébriles devant les éventuels tourments que nous vivons dans nos existences personnelles.

Prière d’invocation

Seigneur,

Offre-nous de nous rendre attentifs à ta présence toujours réelle,
Car ta voix est parfois couverte par le son de nos quotidiens bruyants.

Offre-nous d’être présents en nous-mêmes pour être présents pour et avec les autres.
Car absorbés par nos chemins, il nous est quelquefois difficile de regarder autour de nous.

Offre-nous d’être perméables à la force de ta Parole.
Car elle est source de vie, d’espoir et de sagesse.

Amen.

Prière de repentance

Seigneur Dieu,

Il nous arrive de nous enfermer dans notre maison intérieure.
Alors, dans ces moments :

Nous tirons les rideaux des fenêtres ouvertes sur le dehors,
pour ne plus être confrontés à la vue des malheurs,
nous verrouillons les portes aux étrangers qui y frappent,
nous coupons notre téléphone pour ne plus entendre les cris extérieurs.

La nuit, nous éteignons les lampes pour faire croire à notre absence.
Nous nous isolons d’un monde qui nous inquiète,
d’un monde que nous ne reconnaissons plus
et que nous ne voulons plus reconnaître comme étant le nôtre.

Oui Seigneur,

il nous arrive de construire des murs autour de notre maison,
de couper les ponts qui y mène
et à force de vouloir nous protéger de tout,
nous nous retirons tant et si bien que nous faisons de notre chaumière une prison.

Libère-nous de nos enfermements.
Murmure-nous au sein même de nos cœurs,
que rien n’arrête Ton amour qui ne force pourtant jamais,
que rien n’entame Ta patience de nous voir nous épanouir
et ta tendresse qui dit que rien n’est jamais plus doux que le confort de ta présence.

Amen.

Annonce de la grâce

Le Seigneur par la voix du prophète Esaïe a déclaré :

« Tu as du prix à mes yeux, tu comptes beaucoup pour moi et je t’aime » (Es 43,4).

Par cette parole, le Seigneur rebâtit inlassablement les ponts que nous avons coupés.
Il effrite les murs de sable qui entourent notre maison.
Il nous invite à ouvrir nos serrures et
Il tient toujours grandes ouvertes, les portes que nous avions fermées.
Il ouvre les rideaux de nos fenêtres pour y laisser pénétrer sa lumière.
Il rétablit sans cesse les communications que nous avions coupées, avec Lui, nous rendant attentifs aux bruissements de la vie extérieure.
Et lorsque vient la nuit,
Il allume toute les lampes de notre maison.
Et par l’éclat de son propre amour, la demeure devient un phare au sein même de nos cœurs guéris par son pardon éternel.

Amen.

Prière avant les lectures

Seigneur notre Dieu,
Tu sèmes ta Parole dans le monde et dans nos cœurs.
Le champ de nos vies n’est pas toujours prêt à te recevoir.

Prépare-nous !
Arrache de notre champ les pierres, les épines et les soucis
qui nous empêchent de t’accueillir.

Fais de nous une bonne terre ouverte à ta Parole.
Amen.

(EERV – Textes liturgiques 1997 (fiches de 1991) 21034)

Lecture 1 : Gn 2, 4-15

4 Voilà l’histoire de la création du ciel et de la terre. Quand le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel, 5 il n’y avait encore aucun buisson sur la terre, et aucune herbe n’avait encore germé, car le Seigneur Dieu n’avait pas encore envoyé de pluie sur la terre, et il n’y avait pas d’êtres humains pour cultiver le sol. 6 Seule une sorte de source jaillissait de la terre et arrosait la surface du sol. 7 Le Seigneur Dieu prit de la poussière du sol et en façonna un être humain. Puis il lui insuffla dans les narines le souffle de vie, et cet être humain devint vivant. 8 Ensuite le Seigneur Dieu planta un jardin au pays d’Éden, là-bas vers l’est, pour y mettre l’être humain qu’il avait façonné. 9 Il fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect agréable et aux fruits délicieux. Il mit au centre du jardin l’arbre de la vie, et l’arbre qui donne la connaissance de ce qui est bon ou mauvais. 10 Un fleuve prenait sa source au pays d’Éden et irriguait le jardin. De là, il se divisait en quatre bras. 11 Le premier était le Pichon; il fait le tour du pays de Havila. Dans ce pays, on trouve de l’or, 12 un or de qualité, ainsi que la résine parfumée de bdellium et la pierre précieuse de cornaline. 13 Le second bras du fleuve était le Guihon, qui fait le tour du pays de Kouch. 14 Le troisième était le Tigre, qui coule à l’est de la ville d’Assour. Enfin le quatrième était l’Euphrate. 15 Le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.

Lecture 2 : Am 8, 4-7

4 Écoutez donc ceci, vous qui piétinez les malheureux, vous qui éliminez les humbles du pays: 5 Vous dites: « Vivement que finissent les fêtes de nouvelle lune, pour que nous puissions nous remettre à vendre notre blé ! Vivement la fin du sabbat, pour rouvrir nos greniers ! » Vous diminuez la mesure, vous falsifiez les poids, vous faussez la balance. 6 Vous vendez à vos clients jusqu’aux déchets de votre blé. Vous récupérez comme esclaves des malheureux pour un peu d’argent qu’ils n’ont pu rembourser, des pauvres pour une paire de sandales.7 Le Seigneur a fait ce serment : «Par le pays dont Israël est si fier, jamais je n’oublierai vos façons d’agir! »

Lecture 3 : Lc 10, 25-37

25 Un maître de la loi intervint alors. Pour tendre un piège à Jésus, il lui demanda : « Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle? » 26 Jésus lui dit : « Qu’est-il écrit dans notre loi ? Qu’est-ce que tu y lis ? » 27 L’homme répondit : «“Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence.” Et aussi : “Tu dois aimer ton prochain comme toi-même.” » 28 Jésus lui dit alors : «Tu as bien répondu. Fais cela et tu vivras. » 29 Mais le maître de la loi voulait justifier sa question. Il demanda donc à Jésus : «Qui est mon prochain ? » 30 Jésus répondit : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho lorsque des brigands l’attaquèrent, lui prirent tout ce qu’il avait, le battirent et s’en allèrent en le laissant à demi-mort. 31 Il se trouva qu’un prêtre descendait cette route. Quand il vit l’homme, il passa de l’autre côté de la route et s’éloigna. 32 De même, un lévite arriva à cet endroit, il vit l’homme, passa de l’autre côté de la route et s’éloigna. 33 Mais un Samaritain, qui voyageait par là, arriva près du blessé. Quand il le vit, il en eut profondément pitié. 34 Il s’en approcha encore plus, versa de l’huile et du vin sur ses blessures et les recouvrit de pansements. Puis il le plaça sur sa propre bête et le mena dans un hôtel, où il prit soin de lui. 35 Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, les donna à l’hôtelier et lui dit: “Prends soin de cet homme ; lorsque je repasserai par ici, je te paierai moi-même ce que tu auras dépensé en plus pour lui.” » 36 Jésus ajouta : « Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de l’homme attaqué par les brigands ? » 37 Le maître de la loi répondit : « Celui qui a été bon pour lui. » Jésus lui dit alors : « Va et fais de même. »

Prédication

Trois textes et deux mots à retenir :

Le premier, c’est « amour ». Nous le savons, mais sans amour rien n’existe, rien n’a de valeur.

Et le second mot, intimement lié, c’est « responsable ». Ce mot nous vient du latin respondere, autrement dit et selon ce bon vieux Larousse : « Qui doit répondre de ses actes ou de ceux des personnes dont il a la charge ».

Nous toutes et tous connaissons bien le poids de ces trois syllabes.

Et lorsque l’on est responsable, c’est parce que l’on nous a confiés quelqu’un ou quelque chose de très important, de très précieux.

Dans le passage de la Genèse qui nous a été lu, il y a tout d’abord au point de départ un amour incommensurable. L’amour, lorsque l’humain est façonné par Dieu, puis lorsqu’il est animé de vie et enfin, lorsqu’il est installé dans le jardin d’Eden. Un petit peu comme lorsque l’on prend un objet précieux aux creux des mains, pour le déposer sur un lit de ouate ou dans un écrin.

Mais ce texte nous apprend autre chose. C’est que le jardin a été créé avec soin ; car non seulement les fruits des « arbres à l’aspect agréable » étaient nourrissants et différents, mais en plus, ils étaient délicieux. Cela me fait penser à une chambre que l’on prépare avec soin et amour pour un enfant à venir, pour un parent ou pour un ami cher que l’on reçoit.

Mais il y avait plus que de l’amour de la part de Dieu. Il y avait de la confiance aussi, lorsqu’Il a confié cette création à l’humain pour qu’il la « cultive » et la « garde ».

Ces deux verbes ne sont pas anodins. Lorsque l’on cultive, et celles et ceux qui jardinent le savent, on tend à faire prospérer, à faire fructifier, ce que l’on a semé, à le développer.

Garder ensuite, cela revêt une idée de protéger et de veiller sur quelqu’un ou sur quelque chose. Et c’est donc ici que nous effleurons un premier sens du mot responsable, car de l’amour que l’on porte à quelqu’un naît la confiance, qui elle-même engendre la responsabilité.

Dans notre seconde lecture, on peut dire que le concept de responsabilité, le prophète Amos, 750 ans avant notre ère, l’avait bien compris. Ou plutôt devrais-je parler d’irresponsabilité. Celle des dirigeants, des fortunés, des marchands. Amos, lui, qui était simple berger, était avant tout la voix de Dieu dans ce passage que nous avons écouté.

Il faut savoir qu’en ce temps-là, le royaume d’Israël était dirigé par Jéroboam II, et qu’il connaissait une période économique faste.

Et dans un monde idéal, dans un monde qui avait pour Dieu notre seul et unique Dieu, on aurait pu attendre une justice sociale plus équilibrée, afin que toutes et tous en profitent ; Mais voilà… l’argent, déjà lui, conduisait les plus riches à écraser toujours plus les plus démunis pour devenir encore plus prospères.

Chez Luc, il y a plusieurs choses importantes : la première c’est le double commandement d’amour. Vous le connaissez : « Tu dois aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence et ton prochain comme toi-même ». Et par la parabole du bon Samaritain, Jésus tente d’amener le maître de la loi à comprendre qui est réellement son prochain. Cet homme à terre, moribond, est-il son « prochain » ? Cette question peut sembler étrange, mais il faut savoir que dans le judaïsme ancien, le « prochain » était un compatriote, voire un membre de la même confrérie religieuse.

Sur un tout autre plan et dans la parabole, on se demande pourquoi le prêtre et le lévite passent loin de l’homme blessé, sans lui porter secours. En fait, on peut supposer que c’était à cause de prescriptions religieuses, mais le texte n’en dit rien.

Il nous a en effet été lu : « Vous récupérez comme esclaves des malheureux pour un peu d’argent qu’ils n’ont pu rembourser, des pauvres pour une paire de sandales. » Mais Dieu ne l’accepte pas et il le dit comme une sorte d’avertissement : « (…) jamais je n’oublierai vos façons d’agir ».

Oui vous le savez, ces pauvres, ils pourraient être vous, ou moi; quelque part en Suisse ou à l’étranger : au Pérou, en Inde, en Afrique…

Quoi qu’il en soit, seul le Samaritain, membre d’un peuple considéré comme hérétique par les Juifs, s’approche de ce malheureux. Et au contraire du lévite et du prêtre qui voient et ne font rien, la vue de cet homme saisi de pitié ou de compassion (selon les traductions) le Samaritain. Et qu’est-ce que la compassion ?! Le Larousse, encore lui, nous dit : « de compati, souffrir avec. Sentiment de pitié qui nous rend sensible aux malheurs d’autrui… ». Le mot grec signifie même : « être pris aux entrailles ».

Ce n’est pas rien… Là où le lévite et le prêtre se sont éloignés, le Samaritain, lui, s’est approché.

Et au terme de la discussion avec le maître de la loi, Jésus s’adresse à lui et lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même ». Parce que ce que désire le Seigneur, ce ne sont pas que de belles paroles, mais des actes.

Alors dans ces trois textes, où est la responsabilité ?

Dans la Genèse, l’homme est responsable du merveilleux cadeau de la Création, confié avec Amour par Dieu.

Chez Amos, les dirigeants et les plus riches, ont la responsabilité d’une certaine justice sociale, mais sont responsables, dans le sens de la culpabilité, de délibérément s’en moquer. Ils sont coupables de leur manque de compassion, de leur manque d’amour. Ils sont responsables du malheur des plus démunis et pourquoi ? Au nom de la cupidité et de l’avidité ; au nom de l’idolâtrie du dieu argent.

Chez Luc, l’homme est responsable de son prochain, mais non par devoir, mais par amour. Un amour auquel Jésus ne donne aucune limite. Il ne donne même aucune définition du prochain. Au contraire, dans notre texte, il emmène le maître de la loi sur le chemin de la réflexion, au-delà des convenances qu’on lui a inculquées. Et nous, jusqu’où sommes-nous prêts à aimer, chacune et chacun ? De qui sommes-nous réellement prêts à nous faire proche ?

Et aujourd’hui ?

Vous savez, lorsque j’ai écrit ce message, les sentiments se bousculaient en moi.
Sentiment de tristesse profond quand je vois l’état de souffrance de notre planète.

Sentiment de révolte et de honte lorsque j’ai lu comment certaines entreprises basées dans notre pays empoisonnent l’air et l’eau dans d’autres contrées !

Sentiment de curiosité aussi quand j’ai pensé à Amos. J’aimerais bien, oui j’aimerais vraiment qu’il soit là pour nous parler de notre société. Parce que vous savez, il n’y aurait pas besoin de changer une seule virgule à son texte, pourtant vieux de 2750 ans… L’esclavage entre les hommes existe encore. Au Pérou par exemple, des mineurs travaillent pour extraire de l’or dans des conditions inhumaines. Et jusqu’à il y a quelques années, cet or était acheté par une entreprise suisse.

Sentiment de colère aussi, quand je pense aux criminels d’aujourd’hui qui dépouillent, rouent de coups et laissent à moitié-mort sur le bord du chemin des humains, comme celui de la parabole de Luc. Il y en a des exemples presque tous les jours dans les journaux. Mais s’il y en a chez nous, il existe aussi dans d’autre pays, des personnes qui dépouillent de leurs terres de pauvres gens, les violentent, tout ça par exemple, pour agrandir un gisement minier.

Je vous avouerais que je me suis demandé comment serait reçue l’idée de faire un culte, dont le thème est apparenté à l’objet d’une initiative politique. Et après avoir réfléchi, je me suis dit qu’il n’y avait pas meilleure place pour parler de ceci, car quoi de mieux que la Parole pour nous éclairer lorsque l’on parle des cadeaux de Dieu : la vie, la liberté, la dignité, l’amour et cette merveilleuse Création qui nous entoure, qui nous fait vivre et dont nous sommes dépendants et issus.

Comme Amos le faisait, je pense que l’Eglise se doit de dénoncer ici et ailleurs, les injustices des puissants et des riches qui soumettent en esclavage les plus démunis.
Parce que quiconque empoisonne des enfants, des femmes, notre environnement, tout ça par appât du gain et qui plus est se moque des souffrances générées, va à l’encontre de notre foi chrétienne.

Et parce que ça nous concerne…

Parce que si aujourd’hui je ne vous en parle pas, si je me dis qu’il est plus commode et moins exposant pour moi de taire ce sujet, alors, j’agirai de la même manière que le lévite et le prêtre dans la parabole de Luc. Je ne veux pas d’une Eglise qui passe à côté de son prochain, et qui s’éloigne de lui. Je ne veux pas d’une Eglise qui passe son chemin comme si de rien n’était.

Amen.

Message – Témoignage de M. Philippe Vaucher

Quand Monsieur Bianchi m’a contacté pour parler de ce que représente, en tant que chrétien, mon engagement en faveur de l’initiative « Multinationales responsables » au culte de ce 9 août, j’ai été très touché de sa confiance, mais aussi inquiet, car l’exercice ne me semblait pas facile, ce qu’il fut.

Je me suis alors posé la question : pourquoi suis-je habité par ce besoin de me battre pour plus de justice, de respect et d’équité ?

Enfant déjà, l’injustice me révoltait. Mais se mettre du côté du plus faible n’est pas sans risque. Dans la cours de l’école, j’ai ainsi pris et donné quelques peignées ! J’ai aussi quelquefois manqué de courage. Mais ce que j’ai surtout découvert, c’est que quand on prend position, cela peut devenir contagieux, et que d’autres se joignent à vous.

À 10 ans, j’ai été choqué en voyant une émission de télévision sur les flamands du lac Nakuru au Kenya, victimes de la pollution et de la surexploitation du lac. J’ai décidé de vendre les timbres du WWF pour racheter le territoire aux entreprises qui exploitaient la région.

À l’école du dimanche, on nous racontait la vie de personnes courageuses qui avaient osé se mettre en porte à faux par rapport à la société, par respect de l’autre, par esprit de justice, par respect de Dieu. L’enseignement du Christ m’a marqué par son humanité, son ouverture sans a priori et sa manière de ne pas donner de réponses aux questions, mais des clés pour trouver chacun son chemin et nous aider à le suivre. J’ai découvert qu’ensemble, on peut faire des miracles, comme au bord du Lac de Tibériade où un jeune garçon propose à Jésus ses cinq pains et ses deux poissons pour nourrir la foule qui, suivant son exemple, partage alors ses provisions. Le miracle se produit et la foule est nourrie. (évangile de Jean 6)

Et il y a surtout ces deux phrases de Jésus : « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux (…) » et « Ce que vous ferez au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le ferez ». (évangile de Matthieu, chapitres 7 et 25).

La sagesse populaire dit aussi « Ne faisons pas aux autres ce que nous n’aimerions pas qu’on nous fasse ».

Ces phrases ont pris une place centrale dans ma vie et je m’efforce de les appliquer au mieux, au quotidien dans ma relation aux autres, dans ma pratique professionnelle avec mes élèves, comme dans mon action politique.

S’il est possible d’agir ponctuellement et localement, l’éloignement géographique et l’ampleur de certaines injustices nous paraissent rendre la tâche au-dessus de nos forces. Nous nous sentons souvent très impuissants.

Et même ici… Je me souviens d’un soir où nous espérions être plusieurs pour soutenir un projet et où nous n’étions que deux, dans la cuisine d’un ami. Cette situation me déprimait, mais l’épouse de mon ami m’a mis la main sur l’épaule et m’a dit : « Ne t’en fais pas, là où deux ou trois sont réunis… » Elle n’a pas eu besoin de terminer sa phrase, j’avais retrouvé confiance et le courage de continuer.

L’initiative « Multinationales responsables » est donc une aubaine, puisqu’elle nous permet d’agir collectivement, grâce à notre démocratie directe. En agissant ici, nous pouvons avoir une grande influence sur ce qui se passe ailleurs dans le monde. Ce qui pour moi n’est pas acceptable en Suisse, ne l’est pas davantage à l’étranger : les entreprises ayant leur siège dans notre pays doivent respecter les gens qui travaillent pour eux et respecter l’environnement, comme elles doivent le faire en Suisse. C’est pour moi une question de cohérence et d’honnêteté. Voilà pourquoi j’ai récolté des signatures lors du lancement de cette initiative et je vais m’investir pour convaincre de la soutenir.

En tant que chrétien, je ne peux pas rester inactif face à la souffrance de mon prochain et à la destruction de la nature. Dieu nous a rendus libres de nos choix, c’est un cadeau extraordinaire, mais ce cadeau nous rend aussi responsables de nos actes.

Pour soutenir ce en quoi nous croyons, l’importance d’être nombreuses et nombreux nous aide, et notre foi nous porte.

Message – Témoignage de Mme Claire-Lise Vouga

Pendant ces mois particuliers de confinement et, de questionnement, j’ai écouté des conférences de Michel Maxime Egger de PPP et profité de lire ou relire différents ouvrages sur le sens de la vie. Voilà le fruit de ma réflexion :

Je vous ai donné la terre en héritage dit Dieu.

Et nous qu’en avons-nous fait ?

Des multinationales suisses violent encore et toujours les droits humains et détruisent l’environnement :

Dans le district de Yavatmal au centre de l’Inde, près de 800 paysans ont été empoisonnés en l’espace de 12 semaines après avoir pulvérisé des pesticides sur leurs champs de coton. Vingt d’entre eux sont décédés. L’un des insecticides mis en cause est fabriqué en Valais pas Syngenta et exporté depuis la Suisse, alors que cet insecticide est depuis longtemps interdit ici !

La planète est malade parce que l’humanité est malade.
L’Église est appelée à prêcher la conversion et c’est bien. Mais l’Église n’est-elle pas appelée en premier à se convertir ?

Le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Éden pour le cultiver et le garder.

Pour moi, il est important de me rappeler que l’humain fait partie de la Création et que s’il est appelé à être jardinier de la planète, il est avant tout une simple espèce parmi les autres. Dieu nous a créés à partir de la glèbe. Mais à Son image. Il a mis en nous Son souffle de vie, Il a mis en nous Son Esprit.

Le Créateur a placé l’humain à la frontière entre la terre et le ciel non pas supérieur aux autres créatures mais responsable.

Ainsi l’Humain est capable de Dieu. Nous avons la capacité de rendre grâce, de percevoir la présence divine dans la Création.

Nous avons la liberté de dire oui à la vie… mais aussi de dire non.

La liberté c’est des fois lourd à porter. On fait des choix, on se trompe, on s’entête même souvent, on se croit puissant, invincible…
Et surtout, c’est difficile de faire des choix.

Dans notre monde l’argent a pris le pouvoir sur l’amour. Le consumérisme et la peur du manque, voilà deux outils que le diviseur emploie avec finesse pour nous manipuler.

Et la terre se meurt. L’humain se laisse contaminer. Plus encore, puisque c’est sa responsabilité de gérer le Jardin que Dieu lui a donné.

Dans la parole de ce jour, Amos nous invite à prendre nos responsabilités avec lucidité.
Et parce que j’ai conscience de ma responsabilité dans ce domaine, j’ai envie de réagir et de m’engager.

Seigneur, fais-nous revenir à toi. Béni Sois-Tu parce que tu te laisses trouver par ceux qui te cherchent.

Par le souffle que tu as mis en nous, tu fais de nous des chercheurs. Ta présence m’accompagne. Tu es là, mais souvent je ne t’aperçois même pas.

Comme dit cette parole attribuée à un Père du désert :
« Seigneur, puisque tu es partout, comment cela se fait que je sois si souvent ailleurs ! »

Pierre Rabhi parle des hommes d’aujourd’hui comme des humains hors sol. C’est aussi lui qui nous rappelle la fable du colibri. Il est important que chacun fasse sa part, même petite. Par exemple, réfléchir sur l’utilité d’un achat ou ses conséquences, signer une pétition, etc.

Mon Dieu, viens, s’il te plaît, me conduire à la Source.

Mais avant tout, que je remette mes pieds dans la terre, la glèbe.
Que je me laisse composter par l’ Esprit saint pour retrouver en moi le terreau de l’humilité sur lequel poussera Ton Amour.
Et que la colère qui m’habite face à tant d’injustices soit transformée en courage pour rendre mon cœur brûlant du désir de dire avec Marie : Oui. Me voici. Je viens faire Ta volonté.

Prière lue par Mme Elisabeth Würgler

Seigneur donne-moi de prendre ma part d’habiter l’identité que tu me donnes, d’exploiter les charismes que ton regard déploie en moi, d’être présent là où tu me places.

Seigneur donne-moi d’être ce que tu espères de moi.
Seigneur donne-moi de prendre toute ma part, de ne pas me réfugier derrière mon sentiment d’insuffisance, de ne pas brandir ma petitesse pour me dérober à mes devoirs.

Seigneur donne-moi d’oser ce que tu attends de moi.
Seigneur donne-moi de prendre seulement ma part, de ne pas présumer de mes forces, de ne pas ombrager l’espace dont les autres ont besoin pour grandir, de m’ouvrir à l’altérité dans le respect de mes limites.

Seigneur donne-moi de naître à ce que je suis par toi.

Amen.

Marion Muller-Colard, Comme la première foi – Prier, Editions Passiflores, Boyer, 2013.

Prière d’intercession écrite et lue par Mme Stéphanie Perregaux

Seigneur, quand tu créas le ciel et la terre, tu as dit à tout ce qui vit : « Soyez fécond ». Puis tu as établi l’humain pour cultiver le sol et le garder. Seigneur, tu nous donnes la responsabilité de prendre soin de la terre, de l’environnement et de tous les êtres vivants. Aujourd’hui nous te prions pour les terres souillées au nom du profit, pour l’air pollué au nom du rendement, et pour les humains abusés et sous l’emprise de multinationales suisses à l’étranger.

Nous te prions pour te demander d’ouvrir un nouveau chemin afin que toute Vie puisse vivre et s’épanouir partout dans le monde.

Mon Dieu, aujourd’hui nous te prions pour ces actionnaires, ces entrepreneurs, ces manageurs et autres dirigeants qui mesurent et qui ne mesurent pas leurs actes, afin qu’ils ouvrent les yeux et puissent accueillir la bienveillance de nouvelles réglementations.

Oh Seigneur, oui aujourd’hui nous te prions pour toute la population suisse. Tout comme il est bon d’avoir des règles de circulation pour ne pas nous laisser griser par le sentiment de puissance en roulant vite, donne à notre peuple la sagesse de voir le bien-fondé d’établir des règles contraignantes pour les multinationales suisses à l’étranger.

Aide-nous Père à prévenir les multinationales de l’aveuglement du profit tout comme il est nécessaire de prévenir le routard grisé par la vitesse.

Tu nous appelles tous, Seigneur, à prendre soin de la terre et de la Vie, chacun selon sa responsabilité. Donne-nous de discerner quelle est la nôtre et de la manière de prendre soin de ta Création avec amour et bienveillance aussi bien en Suisse qu’ailleurs.
Seigneur donne à notre pays le chemin vers des multinationales responsables et respectueuses.

Nous portons aussi dans la prière les personnes qui souffrent à travers ce monde. Nous pensons tout particulièrement aux Libanais de Beyrouth, qui se trouvent meurtris une nouvelle fois, aux personnes déplacées en raison de la guerre, des maladies, de la faim et du climat, à tous les pays endeuillés par le Coronavirus.

Puisses-tu les accompagner et les soutenir, toi qui es présent sur tous nos chemins.

Amen

Envoi

Allons dans le monde, vivifiés par la Source des sources, et qu’ainsi, demain soit pour nous rafraîchissant comme l’ondée des nouveaux jours. Enfin, comme à chacune de ces aubes, que nous puissions être une lumière attendue pour notre prochain.

Bénédiction

Que notre Dieu nous entoure de son inaltérable affection.
Qu’il nous aide à porter les responsabilités
qu’il a confiées à l’humanité et à chacune et à chacun de nous.
Qu’il nous permette sans cesse de discerner au-delà de notre propre regard.
Qu’il nous bénisse, Lui qui est Père, Fils et Saint-Esprit.

Amen.

Une gratuité à vivre – culte du 2 août 2020 à Fleurier

Dimanche 2 août 2020, Fleurier 10h

Culte, 18ème dimanche du Temps ordinaire

Culte présidé par Patrick Schlüter

Textes bibliques :

Accueil, salutation

Nous tous qui sommes réunis ce matin pour ce temps de culte, nous cherchons la trace de Dieu dans notre vie,
nous nous mettons à l’écoute de sa Parole dans l’Ecriture, nous essayons de discerner les actes, les paroles, les engagements auxquels nous sommes appelés.

Par le culte, nous voulons vivre ce chemin ensemble devant Dieu.

C’est lui qui accueill ce matin. A cœur de notre monde et de ses difficultés actuelles, louons Dieu pour les élans de vie que nous pouvons voir :

Louange

Loué sois-tu !

Pour le chant et le vol de l’oiseau,

Loué sois-tu !

Pour le clapotis de l’eau,

le murmure du vent, la brume insaisissable,

le bleu du ciel, la mer, le sable, les coquillages,

Loué sois-tu !

Par tous les humains nos frères et sœurs, tes enfants,

qui, de par le monde, protègent,

embellissent ou continuent ta création :

les jardiniers, les semeurs,

les dessinateurs, les peintres, les sculpteurs,

les musiciens, les chanteurs, les photographes,

tous ceux qui, avec respect, cherchent à immortaliser

un instant de ta beauté pour mieux te louer,

Loué sois-tu  !

Prière de repentance

Seigneur,

nous voici devant toi avec toutes les limites de notre foi et de notre amour,

Avec nos élans, mais aussi nos découragements.

Nous voici devant toi avec ce qui nous sépare et de toi et des autres.

Nous voici devant toi dans toute notre faiblesse
et conscients de nos manques.

Tout cela, nous le déposons simplement au pied de ta croix
afin que tu nous accueilles tels que nous sommes.

Amen.

Annonce du pardon

Dans nos dérapages et nos espoirs,
dans nos solitudes ou nos servitudes,
dans nos élans et nos risques
Dieu se fait Présence aimante,
Dieu se fait pardon.

Pour que tout ce qui nous éloigne
de lui soit enlevé.

Dieu nous fait grâce, pour qu’aucune culpabilité,
n’empêche notre relation avec Lui, et avec les autres.

Dieu se fait grâce,
Pour que notre désir s’ouvre plus grand
et s’offre à son service.

Amen  

Prière avant les lectures

Que ta parole, Seigneur,

Trouve le chemin de notre cœur

Comme l’eau que le sol accueille

Pour que germe la graine

Que ta parole, Seigneur,

Illumine notre intelligence

Comme le soleil levant

Éveille la vie en son matin

Que ta parole, Seigneur,

Nous rende disponibles

Et disposés à vivre de toi

À vivre pour toi et pour ceux que tu aimes

Amen

Première lecture : Esaïe 55, 1-3

Ainsi parle le Seigneur :

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David.

Deuxième lecture : Romains 8, 35.37-39

Frères, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Troisième lecture : Matthieu 14, 13-21

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les-moi. »

Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants. 

Prédication : Une gratuité à vivre

Le manque et l’abondance.

Pour moi, ces 2 mots-clés réunissent les 3 textes que nous avons entendus ce matin.

Aux exilés du peuple d’Israël, le livre du prophète Esaïe annonce le retour au pays. Pour les exilés, les manques sont de toute sortes : repères, relations, sens, racines, conditions de vie. Le prophète annonce l’abondance de l’amour et la gratuité de l’accueil de Dieu. Parmi toutes les vicissitudes de l’histoire, au-delà des infidélités du peuple, c’est Dieu qui est le garant de l’alliance faite avec Israël. Ce qu’il offre est gratuit, nourrit vraiment, contrairement aux idoles et il l’offre en abondance, sans calcul.

600 ans plus tard, l’apôtre Paul prévoit de se rendre à Rome pour visiter une Église qu’il n’a pas fondée. Sa lettre expose sa vision de l’Évangile, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. Dans ce passage que nous lisons souvent, notamment dans des situations de deuil, mais pas seulement, Paul exprime sa conviction que rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Aucun manque, aucun danger, aucune circonstance de vie, aucune personne ne peut nous en séparer. La longue liste des manques et menaces de toutes sortes est très concrète pour Paul qui a frôlé la mort à plusieurs reprises. L’abondance de l’amour de Dieu l’a porté et motivé tout au long de son parcours.

Dans l’évangile de Matthieu, une grande foule suit Jésus qui désirait se retirer à l’écart avec ses disciples. Du manque, de sens et de nourriture pour la foule et de tranquillité pour Jésus va naître une abondance de partage, de sens, de communion et de nourriture.

Je reviendrai plus tard à ce récit.

J’aimerais avant, nous interroger un moment sur ce que nous vivons aujourd’hui autour de de ces deux mots-clés : le manque et l’abondance.

Le manque d’abord. Aujourd’hui, les manques sont de toutes sortes. Beaucoup se plaignent de manque de contacts en particulier physiques, notamment les aînés et les personnes seules. Il y a manque de moyens quand on s’interroge sur la facture du coronavirus, manque de solidarité parfois entre les pays occupés par leurs propres problèmes et soucieux de garantir un accès aux soins et au vaccins.

Il y a aussi les manques qui ne sont pas liés à la pandémie : les deuils que nous vivons, deuil de personnes ou de relations qui ont été brisées, les soucis matériels ou les limites physiques. Chacun et chacune nous connaissons les manques qui nous touchent.

Il y a aussi les manques de notre Église : finances, capacité à rejoindre les personnes d’aujourd’hui, œcuménisme en perte de vitesse.

D’un autre côté, aujourd’hui, il y a aussi abondance.

Dans notre monde, il y a de nombreuses ressources, matérielles, savoirs, coopération entre les pays, solidarité.

Dans nos vies aussi, il y a des ressources que nous voyons ou pas, les forces que nous portons en nous, les clins d’œil d’amitié qui encouragent.

Dans notre Église aussi, il y a des ressources, de foi, de compétence, de dialogue.

Le manque et l’abondance. Ces 2 mots nous touchent nous aussi. Cela me pose 2 questions :

  • Qu’est-ce qui me nourrit vraiment ?
  • Comment les ressources sont-elles partagées pour pallier les manques de toutes sortes ?

Les 3 textes du jour nous annoncent l’abondance et la gratuité de l’amour de Dieu pour chacun et chacune personnellement, pour moi et tous les humains de cette terre. Est-ce que cet amour de Dieu me suffit pour vivre ma vie ? Comment est-ce qu’il me met en route vers plus de partage et de solidarité ?

Dans notre réalité humaine, nous vivons des expériences contrastées :

  • L’amour que nous avons reçu de nos proches est gratuit. C’est cela qui nous a construit.
  • D’un autre côté, il est aussi humain de vouloir toujours plus et de nous méfier de ce qui offert gratuitement. 

L’Évangile nous annonce la gratuité et l’abondance de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, fondement pour ma vie et mes relations. Où en suis-je avec cet appel ?

Pour cheminer avec cet appel de l’Évangile, je vous propose d’essayer de nous situer dans le récit de la multiplication des pains. Est-ce que nous nous sentons plus proches de la foule qui cherche la présence de Jésus, du groupe des disciples qui essaye de gérer les choses au mieux et comprendre leur maître, ou alors de Jésus qui vit pleinement son humanité en communion avec Dieu et les autres ?

Commençons par la foule. Il faut être motivé pour suivre à pied Jésus qui lui part en barque. Ce qui motive la foule, nous ne le savons pas totalement et c’est doute varié. Il y a des malades à guérir parmi eux, des gens en quête de sens. Probablement beaucoup de détresse au point que Jésus est saisi de compassion.

Cette foule ne semble pas s’être posé la question des moyens de subsistance, en tout cas, les disciples ne le savent pas. Il en faut de la motivation, du désespoir ou de la foi pour se mettre en route comme cette foule à la recherche de Jésus !

Cette foule me fait penser aux personnes qui quittent leur pays et sont prêtes à traverser la méditerranée ou d’autres étendues pour trouver un avenir meilleur. Elle me fait penser aux personnes qui savent s’abandonner et faire simplement confiance. Cela me touche et m’interroge parce que moi, j’aime bien prévoir et planifier. Je peux me reconnaître parfois dans cette foule quand je confie mes manques au Christ.

Il y a ensuite le groupe des disciples. Dans l’évangile de Matthieu, ils sont régulièrement présentés comme manquant de foi. Ici, les disciples sont de bonne volonté avec le sens des réalités. Il faut renvoyer la foule, car c’est déjà tard. Ils savent compter : cinq pains et deux poissons, cela ne suffit pas !

Je les imagine aussi ces disciples, peut-être contrariés par la présence de cette foule, alors qu’ils devaient se retirer à l’écart avec leur maître sans doute pour digérer le décès de Jean-Baptiste. Cette foule tombe mal, mais ils essaient de faire au mieux. J’aime bien ces disciples avec leur sens des réalités. Au moins, ils ne ferment pas les yeux sur la réalité. Ils essaient de s’impliquer et de trouver une solution. L’évangéliste Matthieu quand il raconte cette histoire fait partie des disciples. Lui aussi, il essaie de reconnaître la réalité. Il précise d’ailleurs, par rapport aux autres évangiles, que les femmes et les enfants n’étaient pas comptés dans le nombre des 5000 hommes ! C’est un début de les mentionner, mais aujourd’hui, cela choque nos oreilles !

J’ai plus de facilité à me reconnaître dans le groupe des disciples quand je veux gérer les questions avec bonne volonté, mais parfois en oubliant la dimension de la confiance. J’y reconnais aussi notre Église, pleine de bonne volonté, mais qui aimerait parfois rester dans son monde à l’écart avec le Christ. J’y reconnais l’ouverture réelle de notre Église, mais qui a néanmoins de la peine à accueillir pleinement les personnes différentes et en situation de vie particulière. J’aime chez ces disciples que, malgré toutes leurs limites, ils suivent leur maître et sont rassasiés avec la foule.

Il y a enfin Jésus. Touché par le décès de son cousin Jean-Baptiste, il a envie d’être à l’écart, mais il est touché aux entrailles par cette foule et ressent de la compassion. Il sait aussi coacher ses disciples. En levant les yeux vers le ciel et en prononçant la bénédiction, il fait le lien entre le ciel et la terre. Jésus prend soin de l’humain dans ses besoins matériels et ses besoins spirituels. Il relie les deux parce que l’être humain est une unité. Dans l’évangile de Matthieu, Jésus est le seul à vivre pleinement la réalité de ce qu’il annonce. Il est pleinement cohérent avec son enseignement. Avec lui, le Royaume des cieux est pleinement présent. Nous sommes invités à aller à sa suite.

J’ai souvent de la peine à me reconnaître en Jésus. Parfois, quand je sais accueillir et rejoindre quelqu’un, que j’ai l’impression que mon accompagnement aide à aller vers plus de vie, je me sens à sa suite.

Je reconnais aussi notre Église en Jésus quand elle sait accueillir et accompagner comme par exemple dans la reconnaissance que j’ai entendue récemment pour la présence de l’aumônerie à l’hôpital pendant la période de confinement.

Et vous, où est-ce que vous vous situez dans ce récit ? Comment est-ce qu’il vous met en route ?

Où que nous en soyons, qui que nous soyons, nous avons notre place dans le cœur de Dieu. L’appel et l’amour gratuit de Dieu sont pour nous et rien, ni personne ne pourra nous en séparer.

« Ainsi parle le Seigneur : Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez. (…) Écoutez, et vous vivrez. »

Amen.

Confession de foi (tiré de Alain Houziaux, mon silence te parlera, pp. 31-33)

Dieu des choses impossibles

Ô notre Dieu, tu es le Dieu des choses impossibles, c’est pourquoi nous venons vers toi.

Dieu de Moïse, on nous a dit et nous avons cru que, dans les anciens temps, tu avais su ouvrir la mer infranchissable pour ton peuple en marche.

C’est impossible, Seigneur. Mais, puisqu’il en a été ainsi, viens, aujourd’hui encore, rendre possible l’impossible.

Devant nous aussi, il y a la mer infranchissable, celle des peurs, des mauvaises volontés, des ignorances de toutes sortes.

Nous t’en prions, Dieu des choses impossibles, viens ouvrir la lassitude où nous nous épuisons. Et conduis-nous enfin vers une terre où coulent le lait et le miel pour tous et pour chacun. C’est impossible, Seigneur, c’est pourquoi nous venons vers toi.

Ô toi, le Dieu de la vie, on nous a dit et nous avons cru que, dans les anciens temps, tu savais faire tomber le pain du ciel pour les affamés et jaillir l’eau du rocher pour les assoiffés. C’est impossible, Seigneur.

Écoute-nous. Aujourd’hui, nous aussi, nous foulons un désert sans issue ; nous avons faim d’un pain qui rassasie vraiment ; nous avons soif d’une eau qui rafraîchisse nos lèvres des mots que nous n’aurions pas dû dire.

Nous t’en prions, Dieu des choses impossibles, donne-nous la paix du cœur. Donne-nous la réconciliation avec nous-mêmes. C’est impossible, c’est pourquoi nous venons vers toi.

O toi, le Dieu de jouvence, on nous a dit, et nous avons cru que, dans les anciens temps, tu savais rendre fécondes les entrailles des femmes stériles et redonner aux vieillards la vie d’un sang rénové́. C’est impossible, Seigneur. 

Écoute-nous. Aujourd’hui, l’indifférence nous guette, nos cœurs deviennent de pierre et nous en venons à prendre plaisir à notre solitude. 

Nous t’en prions, Dieu des choses impossibles, rends-nous de nouveau vulnérables et fragiles, pour que nous sachions compatir et pardonner. C’est impossible, Seigneur, c’est pourquoi nous venons vers toi. 

Ô toi, Le Dieu de résurrection, on nous a dit, et nous avons cru que, dans les anciens temps, tu avais su, en Jésus-Christ, faire de la mort une porte ouverte sur la vie.

C’est impossible, Seigneur. Mais, puisque Jésus-Christ nous a appris à te dire que c’est à toi qu’appartiennent le règne et la puissance, nous venons encore vers toi.

Nous t’en prions, que ton règne vienne enfin et qu’enfin ta volonté se fasse sur cette terre. Et garde dans ton éternité un peu de notre vie.

Que ta bénédiction vienne sur nous, comme notre espérance monte vers toi seul.

Amen

Prière universelle

O Christ, toi qui voulais te retirer à l’écart, tu as accueilli et tu as nourri la foule. Ce matin, nous déposons devant toutes les faims et soifs de notre monde et les nôtres :f aim et soif de nourriture, mais aussi de sécurité, de dignité, de relations.

Toi qui as eu compassion de la foule, nous te confions notre monde, la situation de pandémie, les crises et les détresses, celles dont nous entendons parler et celles que nous ignorons. Nous te confions les familles en deuil, les personnes qui viennent chercher refuge, aussi dans notre pays.

En ce lendemain de fête nationale, nous te confions nos dirigeants qui doivent prendre des décisions difficiles.

C’est finalement nous-mêmes que nous remettons entre tes mains. Que ton accueil et ta compassion inspirent et portent nos vies.

O Christ, souviens-toi de nous quand tu viendras dans ton règne, apprends-nous toi-même à prier :

Notre Père qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,

Que ton règne vienne,

Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.

Pardonne-nous nos offenses, 

comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.

Et ne nous laisse pas entrer en tentation,

mais délivre-nous du mal,

car c’est à toi qu’appartiennent

le règne, la puissance et la gloire,

pour les siècles des siècles.

Amen.

Bénédiction

Seigneur;

Comme le soleil nous éclaire de ses rayons,

mets ta lumière dans nos vies.

Comme la musique éveille nos sens,

Que ta présence habite notre quotidien.

Comme l’eau abreuve la terre, mets ton amour dans nos cœurs.

Et renouvelle notre regard sur le monde et sur les autres, chaque jour de cette semaine.

Amen.

Jésus nourrit la foule – Matthieu 14, 13-21

Troisième lecture du culte du 2 août 2020 à Fleurier

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades. Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les-moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants. 

Matthieu 14, 13-21 – traduction selon le lectionnaire catholique sur http://www.aelf.org

Rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu – Romains 8, 35+37-39

Deuxième lecture du culte du 2 août 2020 à Fleurier

Frères, qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ? la détresse ? l’angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ? Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les Principautés célestes, ni le présent ni l’avenir, ni les Puissances, ni les hauteurs, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

Romains 8, 35+37-39, traduction selon le lectionnaire catholique sur http://www.aelf.org

Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau – Esaïe 55, 1-3

Première lecture du culte du 2 août 2020 à Fleurier :

Ainsi parle le Seigneur : Vous tous qui avez soif, venez, voici de l’eau ! Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer, venez acheter du vin et du lait sans argent, sans rien payer. Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas, vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ? Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses, vous vous régalerez de viandes savoureuses ! Prêtez l’oreille ! Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle : ce sont les bienfaits garantis à David.

Esaïe 55, 1-3, traduction selon le lectionnaire catholique sur http://www.aelf.org