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Invités à devenir compagnons du Christ

Message de Ion Karakash pour les cultes du samedi 16 janvier à Couvet et du dimanche 17 janvier à Noiraigue

Lecture biblique:

« Tous les chemins mènent à Rome », disait-on du temps de l’Empire romain. Je ne sais pas si c’est toujours vrai, mais en ce qui concerne la foi, l’Evangile que nous venons de lire indique qu’il y a beaucoup de chemins différents qui peuvent mener à Jésus !

L’évangéliste mentionne en premier lieu deux disciples de Jean Baptiste.
Ils vont à Jésus sur le simple conseil et les indications de leur maître : Jean Baptiste leur dit
« Voici l’Agneau de Dieu », et aussitôt ils se mettent en marche sur les pas de Jésus.
On dirait vraiment les catéchumènes-modèles d’un pasteur idéal ! Mes collègues pourraient en rêver, … autant que moi à l’époque où je préparais des volées à de la confirmation !

L’Evangile suggère pourtant que ce n’est pas si simple. Il ne suffit pas que Jean Baptiste ait parlé à ses disciples exemplaires ; il a fallu encore que Jésus lui-même les interpelle, en leur demandant : « Que cherchez-vous ?», puis en les invitant : « Venez, et vous verrez !»

C’est dire que, lorsqu’il s’agit de la foi, il est certes nécessaire que nous soyons en recherche de quelque chose ou de quelqu’un, – un Dieu, une vérité, une espérance ou un sens à la vie -, non pas pour que nous finissions par le trouver, … mais pour que ce Quelqu’un nous trouve ! A ce propos, je relève d’ailleurs que, dans l’Evangile, si l’un des deux disciples est désigné, – il s’appelle André -, l’autre reste anonyme.

Ne serait-ce pas, peut-être, pour que chacun-e de nous puisse inscrire son propre nom et son propre parcours, sa propre réponse à la question de Jésus : « Que cherches-tu ? » ?…

***

La deuxième voie qui mène à Jésus Christ jaillit d’un lien de parenté.
C’est André, l’un des deux qui viennent de découvrir Jésus, qui va trouver son frère Simon pour l’inviter, l’encourager à rencontrer à son tour le Seigneur.
Voilà qui souligne l’importance de la famille dans la transmission de la foi.
Bien plus qu’auprès de n’importe quel pasteur, diacre ou catéchiste, c’est au côté de ses plus proches que l’enfant reçoit souvent ce qui va orienter son propre cheminement vers Dieu,
– jusqu’à ce qu’il découvre un jour que ce Dieu l’a aimé et appelé depuis longtemps déjà !

Mais là encore, comme pour les deux disciples modèles de Jean Baptiste, il aura fallu que Jésus lui-même prenne l’initiative décisive, fixant Simon des yeux et lui déclarant :
« Tu es Simon, fils de Jean (ou de Jonas) ; désormais, tu seras appelé Pierre ! »
Jésus ne se contente pas de prolonger ou de confirmer le témoignage d’André : c’est une destination et une identité nouvelles qu’il assigne à Simon/Pierre, – bien au-delà de ce qu’André, son frère, pouvait imaginer ou espérer en lui parlant de Jésus.

Ce changement d’identité souligne également la limite de toute influence en matière de foi. L’enfant (ou l’adulte) que Jésus appelle est incité à devenir autre chose que la copie-conforme d’un modèle transmis dans sa famille ou sa communauté : sa propre foi et sa vie de chrétien ne seront pas le simple prolongement de celles de ses aînés, – même si ces derniers auront pu l’inspirer, l’encourager ou le guider.

Notre lecture du jour s’arrête là, mais la suite et fin du premier chapitre de Jean évoque encore deux autres types de rencontre possible avec Jésus. J’aimerais aussi les évoquer brièvement, espérant ne pas empiéter sur la prédication de dimanche prochain.

***

Le troisième type de rencontre est celle de Jésus avec Philippe.
C’est la plus directe et la plus imprévue ; elle survient sans intermédiaire ni préparation : Jésus voit Philippe et lui dit simplement « Suis-moi ! »
C’est le cas rare, exceptionnel, de quelqu’un que Jésus appelle sans qu’il ou elle ait fait la moindre démarche ni reçu le moindre enseignement.

Toutefois, même pour Philippe qui a bénéficié d’une telle révélation, sa rencontre avec Jésus le conduit aussitôt à s’approcher de quelqu’un autre, – Nathanaël -, pour lui en faire part !
Si aucun relais humain n’est indispensable pour nous conduire à Jésus, le chemin pour suivre Jésus nous conduit nécessairement vers les autres, – car la foi a besoin d’être partagée.

***

Et avec Nathanaël, c’est une quatrième forme de rencontre avec Jésus qu’évoque l’Evangile. Lorsque Philippe lui parle de Jésus en disant : « Nous avons trouvé Celui dont parlent la Loi et les Prophètes ! », Nathanaël se méfie, soucieux de rester fidèle à la foi de ses pères.
Il n’est pas homme à se laisser entraîner par la dernière nouveauté, la dernière vérité venue !

Mais pour lui aussi, il aura fallu que Jésus le voie sous le figuier, qu’il le reconnaisse et le désigne comme un authentique fils d’Israël, un croyant sans fraude ni faux-semblants.
Ce n’est pas Nathanaël qui reconnait et rejoint Jésus grâce à ses études et à ses convictions : c’est Jésus qui l’appelle, et qui va l’entraîner ailleurs qu’où sa propre recherche et sa fidélité l’avaient conduit. « Parce que je t’ai dit que je t’ai vu, Nathanaël, tu as cru ! Tu verras bien davantage encore : en vérité, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme… »

La foi n’est pas de l’ordre du déjà-vu ni du déjà-connu : elle est un cheminement continuel, ‘ouvert’, sur les traces de Celui qui est, qui était … et qui reste toujours à venir !

***

Pour conclure, j’aimerais souligner une autre caractéristique encore, commune à tous les Evangiles : dès le début de son ministère, Jésus choisit d’être accompagné de disciples.
Au contraire de maîtres spirituels, de gourous qui se présentent comme des êtres d’exception, au-dessus du commun des mortels, seuls capables d’initier à la vérité ceux qui les écoutent, Jésus choisit de partager sa route et sa mission avec d’autres, – il leur promet même qu’ils pourront faire, eux aussi, tout ce qu’il accomplit lui-même, … voire davantage encore !

Et cela dans la diversité de leurs parcours personnels de foi, avec leurs forces et leurs limites, sans être toutes et tous pareils, issus d’un même moule unique et donc interchangeables.

Il est bon que nous nous rappelions cela en ce dimanche qui ouvre la Semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens : dans la pluralité de nos Eglises, de nos confessions de foi, de nos catéchismes et de nos manières de comprendre l’Evangile, nous sommes toutes et tous porteurs d’un même trésor destiné à l’ensemble de l’humanité, – même si, comme l’écrivait l’apôtre Paul, nous l’accueillons et le portons dans des ‘vases d’argile’ (2 Corinthiens 4/7)

C’est dire qu’après André et Simon-Pierre, après Philippe et Nathanaël, après et au côté de milliers d’autres, il y a une place pour chacune et chacun de nous, ici, en l’an de grâce 2021, comme compagnons de Celui qui est, qui était … et qui ne cesse de venir !

****

Ion Karakash

Venez, et vous verrez…

Lecture pour les cultes des 16 et 17 janvier 2021

35 Le lendemain encore, Jean se trouvait là avec deux de ses disciples.

36 Posant son regard sur Jésus qui allait et venait, il dit : « Voici l’Agneau de Dieu. »

37 Les deux disciples entendirent ce qu’il disait, et ils suivirent Jésus.

38 Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils lui répondirent : « Rabbi – ce qui veut dire : Maître –, où demeures-tu ? »

39 Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait, et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C’était vers la dixième heure (environ quatre heures de l’après-midi).

40 André, le frère de Simon-Pierre, était l’un des deux disciples qui avaient entendu la parole de Jean et qui avaient suivi Jésus.

41 Il trouve d’abord Simon, son propre frère, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie » – ce qui veut dire : Christ.

42 André amena son frère à Jésus. Jésus posa son regard sur lui et dit : « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t’appelleras Kèphas » – ce qui veut dire : Pierre.

Jean 1, 35-42, traduction du lectionnaire catholique sur https://www.aelf.org

Appelés à être des fils bien-aimés et des filles bien-aimées de Dieu – Prédication des 9-10 janvier 2021

Samedi 9 janvier 2021, Couvet 17h

Dimanche 10 janvier 2021, Fleurier 10h

Prédication de Patrick Schlüter

Textes bibliques :

Prédication sur : « Appelés à être des fils bien-aimés et des filles bien-aimées de Dieu

Voilà une nouvelle année qui commence, avec d’un côté la promesse d’une nouveauté et l’espérance d’un avenir meilleur et de l’autre côté, de multiples questions et craintes face au défi du monde et de nos vies.

Au moment où j’ai préparé ce message, je suivais avec attention les événements aux États-Unis avec les violences au Capitole. Ce qui m’interpelle, c’est la division et les points de vue apparemment totalement irréconciliables sur la réalité elle-même, à tel point que cela donne l’impression que les personnes ne vivent pas dans le même monde !

Les plaies à panser sont profondes aux États-Unis, mais ces questions concernent aussi nos démocraties, plus fragiles que nous ne le pensons souvent. La division est aussi chez nous et les théories du complot ont aussi leurs adeptes dans notre pays, notamment autour de la pandémie de COVID-19 et de la vaccination.

Aujourd’hui, dans beaucoup de domaines, pour certaines personnes, la conviction semble avoir plus d’importance que les faits eux-mêmes. Tout tend à devenir croyance, des croyances à mettre toutes au même niveau. Ce phénomène qui existe depuis longtemps s’est considérablement accentué avec les réseaux sociaux qui permettent à des points de vue de toute sortes, même fantaisistes et dangereux de s’exprimer. Cet éclatement des opinions qu’on ne peut pas réconcilier me trouble beaucoup.

Ceux qui me connaissent le savent : je ne suis pas du tout un adepte du président Trump et des théories du complot. J’aime utiliser ma raison et réfléchir solidement, dans la plupart des domaines de ma vie. Je suis aussi chrétien et ma foi me donne un regard sur le monde. La foi, c’est d’abord la relation à Jésus-Christ, mais c’est aussi une croyance, un point de vue, une opinion, un regard sur le monde. Je dois constater que les croyants sont aussi divisés dans leurs opinions, ici ou ailleurs.

La question du regard sur le monde que donne la foi est au cœur des textes bibliques proposés pour ce dimanche :

Au début de l’évangile de Marc, après son baptême, Jésus voit le ciel s’ouvrir et l’Esprit Saint descendre sur lui comme une colombe. Une voix se fait entendre du ciel : « Tu es mon fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. » (Mc 1, 10-11).

Dans la 1ère lettre de Jean, celui qui croit que Jésus est le Christ nait de Dieu et est vainqueur du monde par la foi. (1 Jean 5, 1-9).

La première lettre de Jean essaie d’exprimer le mystère de Jésus-Christ, vrai homme et vrai Dieu, baptisé d’eau et mort en versant son sang sur une croix. Par lui, l’Esprit de Dieu peut habiter les croyants et leur permettre d’aimer à l’image de Dieu. Ainsi, au cœur de tous les aléas du monde, le croyant est déjà vainqueur par la foi. Dieu habite sa vie par le moyen de l’amour, car Dieu est amour. Ainsi, la vie prend du sens. Cela, c’est la vie éternelle, dès maintenant, même si l’accomplissement reste encore à venir. Dès maintenant, par Jésus-Christ, nous sommes enfants de Dieu, filles bien-aimées et fils bien-aimés, à la suite de Jésus.

La 1ère lettre de Jean s’oppose à des adversaires qu’il est difficile de caractériser précisément. Peut-être que ce sont des personnes qui s’opposaient à l’incarnation du Christ et proposaient un chemin initiatique pour arriver au salut. Jean rappelle qu’en Jésus-Christ, tout est donné, que le chemin est ouvert et qu’il suffit de s’abandonner à l’amour de Dieu, puis de suivre la voie du Christ.

Jean veut tenir ensemble Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Il parle de 3 témoins : l’eau, le sang et l’Esprit Saint. Il y a une évocation qui peut être celle du baptême et de la mort du Christ, deux moments où l’Esprit Saint était présent. Jésus est à la fois celui qui est pleinement le Fils de Dieu dans la gloire et à la fois, celui qui meurt sur la Croix pour dire l’amour ultime de Dieu.

Pour croire cela, l’Esprit Saint est donné. C’est l’Esprit qui permet la foi, même la plus petite, même le premier pas, si petit soit-il, sur le chemin ouvert par le Christ.

J’aime cette idée de témoignage qui est évoqué par Jean, parce que notre foi a besoin de s’appuyer sur quelque chose pour avancer. Le témoignage, c’est le destin du Christ, c’est sa présence dans nos vies, ce sont les sacrements du baptême et de la Sainte-Cène qui peuvent être évoqués derrière l’eau et le sang. Le témoignage, c’est l’amour vécu au-delà de tous les défis dans la communauté chrétienne, ce sont les signes d’amour et de solidarité dans le monde. C’est là que Dieu se tient et nous rejoint dans nos vies. C’est le chemin de cette victoire de la foi dont parle Jean.

Pour moi, cette victoire du croyant dont parle Jean n’est pas un triomphalisme ou une arrogance qui me donnerait raison à tout prix. C’est la victoire de l’amour, plus fort que le mal et la mort. Me savoir aimé et rejoint par Dieu en Jésus-Christ, me libère face à tous les autres pouvoirs du monde. Cela me permet d’aimer, et quand c’est trop difficile ou même impossible, de confier l’autre à Dieu, parce que ma foi m’interdit de l’enfermer dans l’image que j’ai de lui. Je crois profondément que le devenir ultime de chaque être humain est d’être un enfant de Dieu, dans la plénitude de ce qu’il est appelé à être, dans ce qu’il a de meilleur, même si je ne le vois pas, même au-delà du mal qu’une personne peut faire.

Ce regard que ma foi m’invite à poser sur chaque être humain, ce n’est pas de la naïveté, c’est un chemin à suivre, celui du Christ qui a affronté le mal et l’endurcissement, jusqu’à en mourir sur la croix. Mystérieusement, mais bien réellement, je crois qu’il est vainqueur du mal.

Les manifestations violentes à Washington m’ont fait penser à d’autres manifestations, pacifiques cette fois-ci. En 1963 eut lieu la marche sur Washington durant laquelle Martin Luther King prononça son discours « I Have a Dream », « je fais un rêve ». C’est un regard sur le monde parmi tant d’autres qui s’expriment aujourd’hui. Ma foi et mon intelligence me disent qu’il est inspirant, bien plus que d’autres choses que nous entendons. Je vous en lis la conclusion :

« Quand nous permettrons à la cloche de la liberté de sonner dans chaque village, dans chaque hameau, dans chaque ville et dans chaque État, nous pourrons fêter le jour où tous les enfants de Dieu, les Noirs et les Blancs, les Juifs et les non-Juifs, les Protestants et les Catholiques, pourront se donner la main et chanter les paroles du vieux Negro Spiritual : « Enfin libres, enfin libres, grâce en soit rendue au Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! »

Amen.

La victoire de la foi – 1 Jean 5, 1-9

2ème lecture des cultes des 9-10 janvier 2021

Quiconque croit que Jésus est le Christ est enfant de Dieu ; et quiconque aime un père aime aussi les enfants de celui-ci. Voici à quoi nous reconnaissons que nous aimons les enfants de Dieu : c’est en aimant Dieu et en mettant ses commandements en pratique. En effet, aimer Dieu implique que nous obéissions à ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles, car tout enfant de Dieu est vainqueur du monde. Et le moyen de remporter la victoire sur le monde, c’est notre foi. Qui donc est vainqueur du monde ? Seul celui qui croit que Jésus est le Fils de Dieu.

C’est Jésus-Christ qui est venu à nous avec l’eau de son baptême et avec le sang de sa mort. Il est venu non pas avec l’eau seulement, mais avec l’eau et le sang. Et l’Esprit Saint témoigne que cela est vrai, car l’Esprit est la vérité. Il y a donc trois témoins : l’Esprit Saint, l’eau et le sang, et tous les trois sont d’accord. Nous acceptons le témoignage des hommes ; or, le témoignage de Dieu a bien plus de poids, et il s’agit du témoignage qu’il a rendu au sujet de son Fils.

1 Jean 5, 1-9 – La Bible en français courant

Tu es mon Fils bien-aimé – Marc 1, 7-11

1ère lecture des cultes des 9-10 janvier 2021

Jean-Baptiste déclarait à la foule :

« Celui qui vient après moi est plus puissant que moi ; je ne suis pas même digne de me baisser pour délier la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau, mais lui, il vous baptisera avec le Saint-Esprit. »

Alors, Jésus vint de Nazareth, localité de Galilée, et Jean le baptisa dans le Jourdain. Au moment où Jésus sortait de l’eau, il vit le ciel s’ouvrir et l’Esprit Saint descendre sur lui comme une colombe. Et une voix se fit entendre du ciel :

« Tu es mon Fils bien-aimé ; je mets en toi toute ma joie. »

Marc 1, 7-11, la Bible en français courant

Image

l’Elan de janvier de la paroisse du Val-de-Travers

Tu es pour moi une étoile !

Culte musical du dimanche de l’Epiphanie

Dimanche 3 janvier 2021 – Temple de Travers

Musique : Jean-Samuel Bucher / Lecture et service : Christine Piazza / Célébrant : Eric Bianchi

Accueil

Lumière au milieu des nuits, Dieu est là.
Comme un astre que l’on suit, Il nous désigne le chemin
Et nous Il invite à l’y suivre avec confiance.

Vous êtes vraiment les bienvenus et c’est Lui qui nous accueille.

Que Sa clarté nous offre un regard sur toute chose cachée par les ténèbres.
Que Son souffle de vie emplisse nos poumons, et Son amour notre cœur.

Oui, vous êtes les bienvenus et c’est Lui qui nous accueille.

Le Seigneur connaît les interstices de nos âmes qui nous sont méconnues.
Et qu’importe ce qu’il s’y trouve Il nous dit par Jésus-Christ :

« Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit aura la lumière de la vie et ne marchera plus jamais dans l’obscurité.» (Jn 8,12).

Prière d’invocation
(1.12.2014 – J.-M. Sordet)

Nous prions :

Jésus-Christ, Fils de Dieu,
Prince de la paix,
tu révèles à tous les humains
le visage du Père.

Entraîne-nous dans la joie des croyants,
qui ont reconnu
le Messie annoncé par les prophètes,
le Sauveur attendu.

Entraîne-nous dans la fidélité des croyants
qui ont su à leur tour
poser les signes de ton amour
et les jalons de ta présence au monde.
Amen.

Chant lu (recueil Alléluia) « Brillante étoile du matin », accompagné à l’orgue

1. Brillante étoile du matin,
Par tes rayons l’amour divin
Nous donne sa lumière.
Portant la joie et la clarté,
Tu vins chasser l’obscurité
Qui règne sur la terre.
Seigneur, Sauveur, ta lumière
Salutaire nous éclaire :
Sois béni, ô Fils du Père !

2. C’est toi, Jésus, qui m’as cherché
Dans les ténèbres du péché,
Au fond de ma misère.
Te dépouillant de ta grandeur,
Tu vins t’offrir en serviteur
Pour délivrer la terre.
Seigneur, Sauveur, ta lumière
Salutaire nous éclaire :
Sois béni, ô Fils du Père !

3. Je veux, Seigneur, m’unir à toi
Par mon amour et dans la foi,
Mais grande est ma faiblesse.
Ton Esprit seul est tout-puissant,
Pour mettre au cœur de tes enfants
La force et la sagesse.
Seigneur, Sauveur, ta lumière
Salutaire nous éclaire :
Sois béni, ô Fils du Père !

D’après Louis Roehrich 1811-1893

Musique – Orgue

Lecture du Lecture du psaume 72, vv. 1-2, 7-8, 10-11, 12-13

1 O Dieu, accorde au roi de prononcer les mêmes jugements que toi ;
donne à ce fils de roi ton sens de la justice.
2 Qu’il soit loyal et fidèle au droit
en jugeant les pauvres gens, ton peuple.

7 Sous son règne, que le bon droit s’épanouisse,
qu’il y ait abondance de biens
tant que la lune existera!
8 Qu’il soit le maître d’une mer à l’autre
et de l’Euphrate jusqu’au bout du monde !

10 Les rois de Tarsis et des îles lointaines lui enverront des cadeaux :
les rois de Saba et de Séba lui livreront leur contribution.
11 Tous les rois s’inclineront devant lui,
toutes les nations lui seront soumises.

12 Il délivrera le malheureux qui appelle
et le pauvre qui n’a personne pour l’aider.
13 Il aura pitié du faible et du malheureux,
il leur sauvera la vie.

Musique – Orgue

Prière d’illumination
Dumas André, In. Bianchi Enzo, Prières glanées, Editions Fidélité, Namur, 2011, p. 43.

Nous prions :

Ta Parole est comme l’eau. Rafraîchis-nous à sa source, plonge-nous dans son courant, entraîne-nous vers sa mer.

Ta Parole est comme le feu. Qu’elle nous éclaire, sans nous éblouir. Qu’elle nous réchauffe, sans nous brûler. Qu’elle nous embrase, sans nous dévorer.

Ta Parole est comme le ciel. Élargis-nous en elle, pour que nous connaissions la hauteur et la profondeur de tout ce qui est.

Ta Parole est comme la terre. Enracine-nous en elle, pour que nous éprouvions la solidité et la constance de tout ce que tu donnes, exiges et promets.

Amen.

1ère lecture de la Bible : Lecture du livre du prophète Esaïe, chapitre 60, vv. 1-6
Texte tiré de la Bible en français courant

« 1 Debout, Jérusalem, brille de mille feux, car la lumière se lève pour toi : la glorieuse présence du Seigneur t’éclaire comme le soleil levant. 2 L’obscurité couvre la terre, la nuit enveloppe les peuples. Mais toi, le Seigneur t’éclaire comme le soleil qui se lève. Au-dessus de toi apparaît sa présence lumineuse. 3 Alors des nations marcheront vers la lumière dont tu rayonnes, des rois seront attirés par l’éclat dont tu te mettras à briller. 4 Regarde bien autour de toi, et vois tous tes enfants : ils viennent et se rassemblent auprès de toi. Tes fils arrivent de loin, on ramène tes filles en les portant dans les bras. 5 En les apercevant, tu rayonnes de bonheur ; tu en es tout émue, ton cœur éclate de joie. Car les richesses de la mer arrivent chez toi, les trésors des nations affluent jusqu’à toi. 6 Ton pays se couvre d’une foule de chameaux : ce sont les caravanes de Madian et d’Éfa, arrivant toutes de Saba. Elles apportent de l’or et de l’encens en chantant les hauts faits du Seigneur. »

Chant lu (recueil Alléluia) « O grâce magnifique », accompagné à l’orgue

1. O grâce magnifique,
Dont Dieu seul est l’auteur :
Jésus, son Fils unique,
Est notre Rédempteur !
Etoile matinale
Qui n’a pas son égale
Dans tout le firmament !

2. O grâce mémorable
Qu’on adore à genoux :
Dieu même est favorable
Aux pécheurs tels que nous !
Au ciel et sur la terre,
Qui pourra nous soustraire
A l’éternel amour ?

3. O grâce salutaire,
Ta force nous confond !
D’un aussi grand mystère,
Qui peut voir jusqu’au fond ?
Grâce incompréhensible,
Lumière inaccessible,
Abîme de bonté !

Louis-Samuel Pidoux 1878-1953

© Avec l’autorisation de Frédy Henry Editions Sàrl – 1115 Vullierens

2ème lecture de la Bible : Evangile de Matthieu, chapitre 2, vv. 1-12
Texte tiré de la Bible en français courant

« 1 Jésus naquit à Bethléem, en Judée, à l’époque où Hérode était roi. Après sa naissance, des savants, spécialistes des étoiles, vinrent d’Orient. Ils arrivèrent à Jérusalem 2 et demandèrent : « Où est l’enfant qui vient de naître, le roi des Juifs ? Nous avons vu son étoile apparaître en Orient et nous sommes venus l’adorer. » 3 Quand le roi Hérode apprit cette nouvelle, il fut troublé, ainsi que toute la population de Jérusalem. 4 Il convoqua tous les chefs des prêtres et les maîtres de la loi, et leur demanda où le Messie devait naître. 5 Ils lui répondirent : « A Bethléem, en Judée. Car voici ce que le prophète a écrit : 6 “ Et toi, Bethléem, au pays de Juda, tu n’es certainement pas la moins importante des localités de Juda ; car c’est de toi que viendra un chef qui conduira mon peuple, Israël. ” » 7 Alors Hérode convoqua secrètement les savants et s’informa auprès d’eux du moment précis où l’étoile était apparue. 8 Puis il les envoya à Bethléem, en leur disant : « Allez chercher des renseignements précis sur l’enfant ; et quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille, moi aussi, l’adorer. » 9 Après avoir reçu ces instructions du roi, ils partirent. Ils virent alors l’étoile qu’ils avaient déjà remarquée en Orient : elle allait devant eux, et quand elle arriva au-dessus de l’endroit où se trouvait l’enfant, elle s’arrêta. 10 Ils furent remplis d’une très grande joie en la voyant là. 11 Ils entrèrent dans la maison et virent l’enfant avec sa mère, Marie. Ils se mirent à genoux pour adorer l’enfant ; puis ils ouvrirent leurs bagages et lui offrirent des cadeaux : de l’or, de l’encens et de la myrrhe. 12 Ensuite, Dieu les avertit dans un rêve de ne pas retourner auprès d’Hérode ; ils prirent alors un autre chemin pour rentrer dans leur pays. »

Musique – Orgue

Prédication

Jamais il ne me semble avoir lu un texte biblique dans lequel il est tant question de lumière. Et si celle-ci est autant citée chez Esaïe, c’est que le prophète tente de redonner courage au peuple juif, qui, rentré de Babylone après 50 ans d’exil, connaissait des discordes avec les habitants installés dans le pays ; Ceux avec de nouvelles croyances, mais aussi avec les générations plus anciennes qui découvraient les plus jeunes. Oui, le peuple juif avait vraiment besoin de luminosité et de clarté…

Dans le texte de Matthieu qui nous est si familier et que nous avons médité à l’occasion de ce Noël, la lumière prend forme dans une étoile dans la nuit. Une étoile qui au terme de sa course, s’éclipsera devant la Lumière du monde…

Mais vous le savez, l’éclat d’une lumière ne se voit jamais autant que lorsque l’obscurité l’entoure.

Et tant chez Esaïe que chez Matthieu, la noirceur était bien présente. Discordes chez l’un, jalousie chez l’autre.

Oui, la jalousie, s’incarnait très bien dans le roi Hérode. Lui, le grand roi qui avait donné une envergure significative au 2ème Temple de Jérusalem, aurait fait tuer plusieurs de ses fils et sa seconde épouse… par jalousie…

Ce grand souverain qui, pour garder ses privilèges et ses pouvoirs, n’aurait pas hésité, selon l’évangéliste Matthieu, à faire tuer tous les enfants de moins de 2 ans de Bethléem, croyant que le Christ, alors enfant, s’y trouvait…

Et voilà qu’Hérode le Grand est interpellé par la quête des savants. Oui, des mages, des étrangers, qui cherchent à savoir où se trouvent « l’enfant qui vient de naître, le roi des Juifs »…

Alors imaginez comment la chose a dû résonner dans son cœur endurci… Quelle a pu être la haine qu’il a ressentie…

Quant aux mages, ceux-ci savent que la lumière de vie qu’ils cherchent ne se trouve pas dans les marches du palais royal. Ils savent qu’elle ne se cache pas dans les pierres de la grande Jérusalem. Et quand bien même le roi, sur conseil des maîtres de la loi et des chefs religieux dira aux savants de se rendre à Bethléem, c’est bien l’astre lumineux qui les y conduira, et non de sombres plans de jalousie.

Et qu’en est-il des religieux qui entouraient Hérode ? Eux qui attendaient depuis si longtemps la venue du Messie, eux qui connaissaient les écritures sur le bout des doigts, sont finalement restés là sans bouger, sans aller voir si cette étoile « disait » vrai.

À peu de choses près, ils se sont contentés de dire : « oui, oui, c’est vrai, le chef qui conduira Israël viendra de Bethléem ». Un petit peu comme pour dire : « Allez devant et vous nous direz si c’était juste hein ? On fait comme ça ? Merci d’avance ! ».

Mais pourquoi ? Par peur d’Hérode ? Par manque de conviction dans le fait que le moment était enfin venu ? Par manque de foi ?

Ce qui est sûr en tout cas, c’est que Dieu s’est manifesté à des étrangers et pas à des maîtres de la loi juive. Ce qui est sûr, c’est que ces derniers n’ont pas dû ressentir en eux cette puissance lumineuse qui aurait pu les mettre en chemin.

Alors, les mages suivent à nouveau cette étoile qui semblait avoir disparu : ils se mettent en mouvement, contrairement aux religieux qui restent là, qui stagnent.

Et l’astre conduit nos mages dans la nuit, s’arrêtant finalement au-dessus d’une maison. La suite est bien connue : ils offriront alors à l’enfant de l’or, qui symbolise la royauté ; de l’encens qui se rapporte à la divinité et de la myrrhe, qui rappelle que lui aussi, un jour, il mourra.

Et que feront alors ces nobles étrangers ?

Ils s’agenouilleront pour adorer l’enfant. Oui, rendez-vous compte : ils adorent cet enfant, ce roi qui n’était pas le leur, mais dans lequel ils pressentaient peut-être déjà, l’avènement d’un royaume qui était appelé à s’étendre au-delà de leur monde. Ensuite, conseillés par Dieu, ils repartiront vers leur contrée, « par un autre chemin », dit le texte ; autrement exprimé : « l’esprit différent, l’esprit changé » par ce qu’ils venaient de vivre.

Epoustouflante que cette histoire dans laquelle se mêlent jalousie, désintérêt, méfiance, haine, mais aussi joie, confiance, espoir et lumière…

Interlude musical – Orgue

Pourtant, ou pourtant, ce récit a tant été raconté qu’il donne l’impression d’un conte de Noël, d’une histoire très jolie, que l’on dit aux enfants qui peut-être un jour, la diront aux leurs, avec à l’esprit aussi, l’idée qu’elle n’est peut-être rien de plus, qu’un beau récit traditionnel. Et que dire de plus, que dire de différent à propos d’elle ?

Et qui plus est, nous sommes aujourd’hui en 2021. Jésus, les mages, le roi Hérode, voilà qui nous semble bien lointain.

À l’heure qu’il est, les enfants ont probablement déjà trouvés la fève de cette année, représentant les mages ou pourquoi pas, bien autre chose…

Les adultes quant à eux, pensent éventuellement déjà à la journée de demain, aux poubelles qu’il faudra vider, aux tracasseries à venir, et peut-être même au programme télé de ce soir.

Jésus, Hérode et les mages ne sont peut-être au fond, qu’une parenthèse dans un gros bouquin qu’il convient déjà de fermer.

Mais aujourd’hui, je le répète nous sommes le 3 janvier 2021. Les jours sont courts, la nuit est toujours épaisse et en ce début d’année, nous nous demandons à quelle sauce nous allons être mangés. Que nous réservent les temps à venir ?

À l’image des savants, nous avons besoin de suivre cette étoile dans la nuit, pour qu’elle nous conduise à la Lumière du monde, pour que nous puissions reconnaître dans la faiblesse de l’enfant nouveau-né, l’amour divin qu’il véhicule, de la vie à la mort, de la mort à la vie. Pour que nous puissions nous aussi, en tout temps, prendre « un autre chemin » dans l’accomplissement de nos vies.

Interlude musical – Orgue

Cette histoire vous le savez, n’est pas une simple histoire anachronique au milieu d’un gros livre désuet. Non ! Elle est cette parole qui est lovée dans le creux de nos cœurs et qui nous dit aujourd’hui :

Que la vraie lumière ne se trouve pas dans le marbre des palais, mais dans la poussière des rues et des maisons.

Qu’elle ne trouve pas sa réponse dans la jalousie, les discordes ou dans le pouvoir.

Qu’elle ne trouve aucun écho dans une religiosité sclérosée et d’apparat.

Non, la lumière n’est pas éteinte et je dirais même qu’elle n’a jamais été si brillante qu’aujourd’hui. Et elle nous invite, comme les mages, à entrer dans un mouvement ; car la vie, la foi, l’espoir et la confiance sont des mouvements.

Elle m’interpelle et me questionne dans ma position de futur ministre de l’Eglise :

Serai-je toujours capable de me rappeler que Dieu n’est pas venu sur terre dans un lieu de pouvoir, mais dans la pauvreté d’un lieu périphérique ?

Serai-je capable d’être sans cesse à la recherche de celui qui m’appelle ou resterai-je comme les religieux chez Matthieu, planté comme une betterave dans un champ ? Notre Eglise le peut-elle ? Notre Eglise le fait-elle ?

Ce récit m’interpelle et m’interroge en tant que parent aussi :

Arriverai-je aujourd’hui, dans un monde où l’apparence est érigée en valeur, à apprendre à mes enfants que celui qui est roi n’est pas celui qui prend, mais celui qui donne, que celle qui est reine n’est pas celle qui jalouse mais celle qui suit la lumière, que celles et ceux qui ont le pouvoir ne sont pas celles et ceux qui le revendiquent pour leur propre service, mais celles et ceux qui s’en défont pour le service des autres ?

Enfin, elle m’interpelle en tant que membre de cette humanité :

Nous arrive-t-il d’être à l’écoute de cet étranger qui ne partage pas nos croyances, mais qui par sa propre sagesse, a tant à nous apprendre sur nous-mêmes et sur Dieu, comme les mages du récit ?

Pouvons-nous réunir autour de cette lumière, au-delà des différends et des différences, celles et ceux qui sont en recherche de clarté ?

Et mes chers frères et sœurs, au milieu de toutes ces questions qui m’assaillent en viennent tellement d’autres… Tellement… Alors, je ne formule que souhaits. J’espère que ceux-ci pourront répondre au moins partiellement à quelques-unes de ces questions et être pour vous, des vœux d’espérance :

Puissions-nous être, autour de nous, des étoiles et des guides dans l’obscurité des autres. Non comme des gourous mais comme des amis, non comme des juges, mais comme des frères et des sœurs !

Puissions-nous aussi et toujours être, tels les mages qui se mettent en mouvement, en recherche de ce Jésus qui nous appelle au tréfonds de toutes nos nuits, et qui se laisse trouver.

Amen.

Musique – Orgue

Prière d’intercession et Notre Père

Prions encore les uns pour les autres :

Seigneur,

Depuis que le monde est monde, les sentiments les meilleurs comme les pires rythmes les vies de tes enfants. Nous portons à toi, dans l’espérance et la confiance, les visages des victimes des conflits qui déchirent aujourd’hui, une paix toujours remise à demain.

Nous portons à toi les souverains de notre temps. Que leurs réflexions se laissent inspirer par ton Esprit empreint de sagesse, de justice, de bonté et de miséricorde.

Nous portons à toi celles et ceux qui en ce début d’année, ne connaissent pas le répit d’un renouveau, l’espoir d’une guérison, la main tendue si nécessaire, la chaleur d’une présence humaine réconfortante et qui ne voient qu’alentours, d’infranchissables murs qui les tiennent emprisonnés.

Qu’ils et elles puissent connaître, la fraîcheur d’une aube nouvelle, la force d’un corps qui lutte et qui survit, la présence d’un ou d’une amie et en eux, le salutaire refuge de ton amour.

Enfin, nous te prions pour que notre Eglise soit toujours attentive aux signes que tu laisses dans le monde. Qu’elle ne lise pas tes Ecritures comme on lit une parole figée, mais comme la promesse d’un maintenant qui se vit, qui appelle à vivre et qui anime la vie. Qu’elle puisse discerner chez nos contemporains, l’Eglise qu’elle est amenée à devenir, une Eglise en mouvement et toujours en recherche.

Maintenant et en communion avec les chrétiens de tous lieux et de tous temps, nous disons avec Jésus le Christ :

Notre Père qui es aux cieux,

Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel,

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour,
Pardonne-nous nos offenses,
Comme nous pardonnons aussi,
A ceux qui nous ont offensés,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal.

Car c’est à toi qu’appartiennent le règne,
La puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles,

Amen.

Chant lu (recueil Alléluia) « O peuple fidèle », accompagné à l’orgue

1. O peuple fidèle,
Jésus vous appelle,
Venez, triomphants, joyeux,
Venez en ces lieux !
O peuple fidèle,
Venez voir le roi des cieux !
Que votre amour l’implore,
Que votre foi l’adore
Et qu’elle chante encore
Ce don précieux !

2. Là, dans l’humble étable
Froide et misérable,
Des bergers le grand amour
Lui forme une cour.
Dans cette humble étable
Accourez à votre tour.
Que votre amour l’implore,
Que votre foi l’adore
Et qu’elle chante encore
Sa gloire en ce jour !

3. Esprits de lumière,
Messagers du Père,
Et vous, peuples en tous lieux,
Entonnez, joyeux :
Paix sur cette terre
Et gloire à Dieu dans les cieux !
Que votre amour l’implore,
Que votre foi l’adore
Et qu’elle chante encore
Ce don précieux !

Du latin Adeste fideles

Lecture : Mt 2, 13-15

13 Quand les savants furent partis, un ange du Seigneur apparut à Joseph dans un rêve et lui dit : « Debout, prends avec toi l’enfant et sa mère et fuis en Égypte ; restes-y jusqu’à ce que je te dise de revenir. Car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire mourir. » 14 Joseph se leva donc, prit avec lui l’enfant et sa mère, en pleine nuit, et se réfugia en Égypte. 15 Il y resta jusqu’à la mort d’Hérode. Cela arriva afin que se réalise ce que le Seigneur avait dit par le prophète : « J’ai appelé mon fils à sortir d’Égypte. »

Envoi et bénédiction

Que dans nos vies habitées par le Christ, nous soyons les uns pour les autres des signes de sa Paix et de sa Miséricorde.

Gardant au cœur qu’aucune étoile ne s’éteint du feu duquel elle est issue, nous sommes appelés à faire tomber les voiles qui obscurcissent le cœur des personnes que nous rencontrons.

Que chaque temps prit en famille, entre amis et entre proches soient pour nous des épiphanies de l’amour humain et divin.

Que notre Dieu 3 fois saint vous accompagne et vous garde dans sa joie et son amour tout au long des jours et des nuits, Lui qui est Père, Fils et Saint-Esprit.

Amen.

Musique – Orgue – Sortie

Noël : une lumière dans la nuit

Préparée par l’équipe pastorale, en collaboration avec des musiciens et paroissiens du Vallon

Accueil

Bienvenue à vous tous et toutes pour cette fête de Noël !

Ce soir, Dieu nous accueille comme nous sommes, avec tout ce qu’il y a en nous de joie et d’espoir, mais aussi de tristesse et de questions.

Entrons dans cette célébration en musique :

Orgue Invocation

Par cette fête de Noël qui est célébrée dans les différents villages du Vallon et dont les textes sont aussi disponibles en ligne, nous sommes en lien les uns avec les autres malgré les restrictions sanitaires. Être en lien, c’est important dans ce que nous vivons actuellement. Cela fait chaud au cœur et c’est comme une bougie que nous allumons dans la nuit.

–> Allumer une bougie

A Noël, Jésus vient dans le monde, tel qu’il est avec ses beautés et ses sommets, avec ses malheurs et ses abîmes. A Noël, Jésus vient à nous. Noël, c’est une histoire de lumière qui vient chasser les ténèbres.

Au début de l’évangile de Jean, la venue de Jésus dans le monde est exprimée ainsi :

En lui était la vie et la vie était la lumière des humains. La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas reçue. (Jean 1,5)

Aujourd’hui aussi, peut-être que nous peinons à recevoir, à saisir cette lumière de Noël. C’est que les ténèbres de notre monde prennent beaucoup de place.

Il y a la pandémie de COVID-19 et tout ce qui va avec : le deuil, l’incertitude, le manque de contacts, les difficultés de toutes sortes sans oublier les autres défis de nos vies et de notre monde. Comment recevoir la lumière de Noël quand l’obscurité semble dominer ?

La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas saisie.

Cette parole signifie aussi que les ténèbres n’ont pas pu se rendre maîtres de la Lumière et donc la dominer. Aujourd’hui aussi, la lumière brille dans la nuit, mais les ténèbres de la haine, du rejet, de l’intolérance, de la peur essayent de la saisir, de l’éteindre.

Cette lumière continue pourtant de briller et de chercher un chemin, à commencer par nos cœurs. La lumière du Christ qui vient à Noël est toujours plus forte que les ténèbres, car il suffit d’allumer une bougie pour chasser l’obscurité et pouvoir poser le prochain pas sur le chemin de la vie.

Cette lumière de Jésus qui vient à Noël, nous voulons la reconnaître dans tout ce qu’il y a de beau, dans tous les élans et les gestes d’amitiés et de solidarité qui font que notre vie ne sombre pas dans l’obscurité. Votre présence ici en fait partie.

Alors, soyez les bienvenus, au nom de Jésus, la lumière qui vient dans le monde !

Chant parlé sur fond musical : 32/22, p. 372, «Ô peuple fidèle»

1. O peuple fidèle, Jésus vous appelle,
Venez, triomphants, joyeux, venez en ces lieux ! O peuple fidèle, venez voir le roi des cieux ! Que votre amour l’implore, que votre foi l’adore Et qu’elle chante encore ce don précieux !

2. Là, dans l’humble étable, froide et misérable, Des bergers le grand amour lui forme une cour. Dans cette humble étable, accourez à votre tour. Que votre amour l’implore, que votre foi l’adore Et qu’elle chante encore sa gloire en ce jour !

3. Esprits de lumière, messagers du Père,
Et vous, peuples en tous lieux, entonnez, joyeux : Paix sur cette terre et gloire à Dieu dans les cieux Que votre amour l’implore, que votre foi l’adore Et qu’elle chante encore ce don précieux !

Prière d’illumination

Seigneur,
Merci pour ta Parole. Bien avant nous, cette Parole a porté des hommes et des femmes. Elle les a accompagnés, encouragés, perturbés, interrogés. Merci pour ces mots qui ne laissent jamais indifférent et qui sont le cadeau de toi-même.

Que la Bonne Nouvelle de Noël mette dans nos cœurs une lumière qui éclaire nos obscurités, réchauffe notre confiance, guide nos espoirs, mette en route notre espérance. Amen

Lecture biblique : Matthieu 2, 1-12

Orgue bref

Transition

Le récit que nous venons d’entendre est rempli d’incertitudes :
– On ne sait rien de ces 3 savants, sinon qu’ils viennent de l’Est et qu’ils ont fait une longue

marche, remplie d’embûches et de dangers
– Ces 3 personnages ignorent où ils se rendent, ce qu’ils cherchent et ce qui les attend – Ils ne savent pas de quoi sera fait leur voyage de retour

Il y a également beaucoup d’obscurités dans ce récit :
– La folie meurtrière du roi Hérode, sa jalousie et ses mensonges
– La solitude des mages. Ils ne connaissent pas le pays, ils sont loin de leurs familles, isolés

Et puis il y a cette lumière, fragile, insignifiante… une étoile pour guide. Une espérance de meilleur. Un espoir de changement. Une promesse d’avenir. Une joie profonde…

Noël 2020 n’aura probablement jamais été autant parsemé d’incertitudes, d’obscurités et de solitude.

Le conte que vous allez entendre s’appelle « La ville dans la nuit ». Il parle de jour, de lumière. Il est comme une invitation à attendre ce jour qui vient, et nous ouvre un avenir…

Conte de Noël : «La ville dans la nuit»

(Conte de Marie-Hélène DELVAL, dans «Contes de Noël et de neige», Bayard Jeunesse)

Il était une fois une ville où régnait la nuit.

Il y avait des nuits de pleine lune et des nuits remplies d’étoiles. Et quand la nuit était trop noire, on allumait des lampes.

Mais c’était toujours la nuit.

Et puis voilà qu’un voyageur arrive. Il raconte qu’il vient de loin et qu’ailleurs il y a des villes où après les heures de nuit viennent des heures de jour. Il raconte que le jour est si clair qu’on n’a même pas besoin de lampes.

Les gens emmènent aussitôt le voyageur chez le maire. Ils veulent tous que l’on fasse venir le jour dans leur ville. Le maire se met à bougonner :

Le jour, le jour ! Et où voulez-vous que j’aille le chercher, moi, le jour ? Et puis, d’abord, combien ça coûte ?

Le voyageur répond :
Mais le jour ne s’achète pas, il vient !

Le maire dit :
Ah ? et pourquoi donc n’est-il jamais venu chez nous ?

Le voyageur répond :
Comment le jour viendrait-il si personne ne l’attend ?

Le maire et tous les habitants en restent la bouche ouverte. Ils n’avaient jamais pensé à ça ! Puis le maire dit :

Attendre, attendre ! Mais comment fait-on pour attendre le jour?

Interlude musical

Alors une petite jeune fille blonde s’écrie en rougissant :

Moi je sais ! Quand j’attends une lettre de mon amoureux, je cours à la boîte aux lettres dix fois, vingt fois jusqu’à ce qu’elle arrive. C’est sûrement comme ça qu’il faut attendre le jour, comme une lettre d’amour !

Le poète lève son doigt taché d’encre et il dit :
Moi je sais ! Quand j’attends un vers, une rime, je m’assieds, je ferme les yeux et j’écoute dans ma tête. C’est sûrement comme ça qu’il faut attendre le jour, comme un poème !

Et puis la boulangère secoue son tablier plein de farine et elle dit :

Moi je sais ! Quand mes pains sont au four et que j’attends qu’ils cuisent, je fronce le nez jusqu’à ce que je sente la bonne odeur du pain doré. C’est sûrement comme ça qu’il faut attendre le jour, comme du bon pain !

Et tous, le jardinier et le maçon, la couturière, le pêcheur et l’épicier, le peintre et la maîtresse d’école, tous s’aperçoivent qu’ils savent comment attendre le jour. Mais le maire bougonne encore :

C’est bien joli, tout ça, mais ça prendra combien de temps d’attendre ? Alors les gens s’écrient :

On va commencer tout de suite !

Et la jeune fille blonde se met à courir dix fois, vingt fois, jusqu’aux portes de la ville pour voir si le jour arrive. Et le poète reste les yeux fermés, à écouter dans sa tête si le jour arrive. Et la boulangère fronce son nez pour sentir si le jour arrive. Et tous, le jardinier et le maçon, la couturière, le pêcheur et l’épicier, le peintre et la maîtresse d’école, tous commencent à attendre le jour.

Interlude musical

Et bientôt, là-bas, au bord des toits, une minuscule ligne rose se met à grandir, grandir, et brusquement, un éblouissant rayon d’or saute par-dessus les toits et il éclabousse la ville de lumière. Tout le monde crie en même temps :

Aaaaaahhhhh !!!
C’est comme un feu d’artifice. Mais c’est encore plus beau que le feu d’artifice. C’est le jour qui est venu

! Alors, quand la nuit revient, le maire se racle la gorge et il dit :

Bon, eh bien voilà, demain, vous élirez un autre maire. Il faut que désormais sur notre ville le jour revienne sans cesse après la nuit.
Alors moi, maintenant, je serai veilleur de nuit et je passerai mes nuits à attendre le jour.

Et depuis ce temps-là, sur la ville, il y a des jours et des nuits.

Parfois, le soir, la boulangère, le maçon, la couturière ou le jardinier vont faire un petit tour dans le noir. Et quand ils rencontrent le veilleur qui marche dans les rues avec sa lanterne, ils lui disent :

Eh bien, veilleur, quelle nuit noire ! On dirait qu’elle ne finira pas. Et le veilleur répond avec un petit sourire :

Oh, elle finira, mes amis, elle finira ! Allez dormir. Le jour vient, je l’attends. Orgue

Chant parlé sur fond musical : 32/06, p. 356, «Ô Seigneur de la terre»

1. O Seigneur de la terre, Fils éternel de Dieu,
Tu nais parmi nos peines, pauvre, sans feu ni lieu. C’est toi qui nous libères, des peines, des misères, Tu viens combler nos vœux.

2. La nuit offre une étoile, le ciel son plus beau chant. Les bergers et les mages vont porter leurs présents. Pour fêter ta naissance tout l’univers s’assemble, Jésus, soleil levant.

3. Tu es l’ami des hommes, tu viens donner la paix.
Tu vois ce que nous sommes, ton amour nous connaît. Ta bonté sans mesure sauva la multitude
Dès lors et à jamais.

Prière d’intercession et Notre Père

Prions les uns pour les autres et pour le monde :

Seigneur,

En cette période de Noël comme dans toutes, les guerres économiques et militaires appauvrissent notre monde, déchirent les peuples et les familles, et plongent des millions de personnes dans la pauvreté et l’exil. Donne à celles et à ceux qui attendent dans la nuit, la venue d’une aube toujours nouvelle, l’avènement d’une paix tant espérée et la stabilité d’un foyer et d’une terre d’accueil.

Seigneur,

Cette année, le Covid a plongé les personnes touchées par la disparition d’un proche ou d’un ami, dans la douleur d’un deuil inachevé. Nombreuses sont celles qui n’ont pas pu murmurer un dernier « au revoir » aux êtres aimés en fin de vie, qui n’ont pas pu les accompagner au bout du chemin. Nous prions pour elles. Qu’elles puissent être portées par des forces qui leur manquent et par la chaleur de celles et de ceux qui les entourent. Puissions-nous êtres pour elles, un signe concret de ton amour.

Seigneur,

Noël n’est pas symbole de joie pour toutes et tous. La solitude, les souvenirs, les manques, la tristesse, les ennuis financiers et d’emploi font souvent échos dans ce moment, à des fêlures proches ou plus anciennes. Que celles et ceux qui souffrent, plus encore en cette période et en cette année difficile, puissent être rejoints dans leur cœur. Rends-nous attentifs à leur souffrance silencieuse et par ton Esprit, inspire-nous dans nos actions et dans nos paroles à leur égard.

Enfin Seigneur,

Nous te prions pour notre Église. Guide-la toujours sur le chemin où tu marches et nous précèdes. Donne- lui sans cesse de se rappeler ce vers quoi elle est appelée : l’annonce de la Bonne Nouvelle en paroles et en actes. Fais d’elle une Église vivante, toujours interrogative sur ses actions et toujours en route. Qu’il en soit fait ainsi, selon ta volonté. Amen.

Maintenant, unis dans la prière avec les chrétiens de tous temps et de tous lieux, nous disons d’une seule voix avec les mots que le Christ nous a transmis :

Notre Père qui es aux cieux,
Que ton nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel, Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour, Pardonne-nous nos offenses,

Comme nous pardonnons aussi,
A ceux qui nous ont offensés,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation, Mais délivre-nous du mal.
Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, La puissance et la gloire,
Pour les siècles des siècles,
Amen.

Chant parlé sur fond musical : 32/30, p. 384 «Voici Noël»

1. Voici Noël, ô douce nuit ! L’étoile est là qui nous conduit. Allons donc tous avec les mages Porter à Jésus nos hommages, Car l’Enfant nous est né,
Le Fils nous est donné !

2. Voici Noël, oh ! quel beau jour !
Jésus est né, quel grand amour !
C’est pour nous qu’il vient sur la terre, Qu’il prend sur lui notre misère,
Un Sauveur nous est né,
Le Fils nous est donné !

3. Voici Noël, ah ! d’un seul cœur, Joignons nos voix au divin chœur Qui proclame au ciel les louanges De celui qu’annoncent les anges. Oui, l’Enfant nous est né,

Le Fils nous est donné !

4. Voici Noël, ne craignons pas,
Car Dieu nous dit : Paix ici-bas, Bienveillance envers tous les hommes ! Pour nous aussi tels que nous sommes. Un Sauveur nous est né,
Le Fils nous est donné !

Bénédiction

Que chaque aube vous apporte la lumière attendue,

Que chaque instant de cette attente soit comblé par la chaleur de ce soleil intérieur.

Resplendissez, vous qui êtes chacune et chacun des êtres de vie appelés à briller pour les autres.

Et que par l’existence de l’enfant de la crèche, que par l’espérance d’une aurore toujours renouvelée, la clarté de cristal présente dans toutes et tous rayonne sur le monde.

Qu’elle inonde toute tristesse, toute angoisse et toute peur, pour que vos pas se posent avec confiance vers l’éternelle lumière de joie.

En ce temps de Noël, que le Dieu 3 fois saint vous bénisse. Que le Père vous guide au-delà des nuits, que le Fils vous accompagne sur tous les chemins et que l’Esprit Saint vous inspire paix et tendresse pour les autres.

Amen.

Orgue

Si l’Avent m’était conté… le sapin

Pendant la période de l’Avent, nous aimons dresser un sapin dans nos rues, nos maisons , nos églises.

S’il est claire que la coutume du sapin de Noël remonte à la Renaissance dans les pays germaniques, nous trouvons déjà chez les Egyptiens, Chinois et les Hébreux des données relatant l’utilisation d’arbres à feuilles persistantes pour des couronnes, des guirlandes, qui servaient à symboliser la vie éternelle.

Dans la tradition chrétienne, à partir du XIVème siècle, on remarque l’utilisation d’arbre de Noël (symbolisant l’arbre du paradis), garni de pommes rouges (représentant le fruit défendu) et d’oblats (symbolisant l’hostie de l’eucharistie) et au sommet, une étoile (rappelant celle de Bethléem).

Après la Réforme, du XVIème siècle, cet « arbre du paradis » est installé dans les foyers des familles bourgeoises. Cette tradition réformée scandinave et germanique se répand dans les campagnes surtout à partir du XVIIIème siècle.

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Regards croisés pour le 3ème dimanche de l’Avent

Lectures bibliques :

Message de la pasteure Séverine Schlüter du samedi 12 décembre 2020, à l’occasion de la célébration oecuménique de 17h30 à l’église catholique de Fleurier

Envers et contre tout, se réjouir

Réjouissez-vous, qu’ils disaient !

Les lectures prévues pour le 3ème dimanche de l’Avent, en tout cas, nous y invitent – comme c’est de tradition dans l’Église catholique.

“Je tressaille d’allégresse”, annonce le prophète Esaïe, en poursuivant : “Mon esprit exulte en Dieu”, ainsi que Marie l’entonnera elle-même dans l’Évangile de Luc. “Soyez toujours dans la joie”, exhorte Paul dans sa première lettre aux Thessaloniciens… Ce dimanche se veut une invitation à anticiper la joie de Noël, de la naissance du Sauveur attendu.

C’est bien beau, mais la perspective des fêtes en cette fin d’année, avec les nouvelles restrictions annoncées, c’est justement pas la joie ! A-t-on vraiment envie d’anticiper ce que sera Noël, avec toutes ces limitations de personnes, ces lieux fermés, et les précautions sanitaires qui vont avec ?

Que faire quand notre réalité nous paraît sombre, quand nous avons l’impression que nos perspectives d’avenir s’obscurcissent ?

L’Évangile de Jean, dès le départ, nous parle de cette lumière qui était présente dès la création du monde. C’est ainsi que tout a commencé, avec la séparation du jour et de l’obscurité ; [et c’est cette même lumière qui a été rendue présente aux hommes par la venue du Christ.]

Mais si nous vivons tous la succession du jour et de la nuit  au même rythme, il n’en va pas forcément de même en ce qui concerne les péripéties de nos vies. Nos hauts et nos bas, nos joies et nos chagrins, nos instants lumineux ou sombres s’alternent aussi, mais de manière différenciée pour chacun.

C’est pourquoi il est parfois difficile de suivre et comprendre les réalités de vie de ceux et celles qui nous entourent. Nous vivons tous ce temps particulier à notre manière, avec les circonstances qui nous sont propres. Il y a parfois des décalages et des tensions qui apparaissent avec notre entourage…

Ainsi, nous n’arrivons parfois pas à trouver notre place dans notre manière de vivre et de se côtoyer.

Les contemporains de Jean ont de la peine d’ailleurs à se situer par rapport à lui, et au message dont il est porteur. Jean les invite à changer de regard – à regarder à un autre que lui.

Il s’agit maintenant d’accueillir celui qui vient de Dieu, de faire place dans sa vie à celui qui va venir habiter nos obscurités de sa lumière.

Quand nous sommes dans des moments lumineux de nos vies, on ne pense pas forcément aux moments sombres qui nous attendent ; et à l’inverse, quand le ciel de nos existences s’obscurcit, il est parfois difficile de faire confiance que les beaux jours sont à venir…

Alors, que faire de nos moments de ténèbres ? Tout dépend de la place qu’on leur accorde.

On ne peut ignorer ces moments, et faire comme s’ils n’existaient pas ; cela fait partie de nos vies. Mais nous sommes invités à cette espérance qu’avec la venue du Christ, nous a été donné quelque chose de plus fort que les nuits que nous traversons…

Quand Marie et Joseph se sont mis en route pour Bethléem, dans l’état où Marie se trouvait, avec les dangers que pouvaient représenter à l’époque un tel voyage, et l’incertitude de ce qui les attendait là-bas, on peut se demander si, de leur côté, ils étaient vraiment dans la réjouissance et l’anticipation de la naissance !

Cela n’empêche pas Marie de porter en elle le germe de celui qui sera destiné à illuminer nos vies, y donner sens, et trouver des chemins de libération.

Cet embryon d’espérance est encore bien caché en son sein. Et même venu au monde, et devenu adulte, il faudra du temps pour qu’il soit reconnu : “au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas”, proclame Jean le Baptiste.

Et si c’était une manière de dire que, cette présence, capable d’apporter lumière, joie et libération, elle n’est pas à chercher d’abord dans des événements extérieurs, mais à reconnaître dans notre quotidien, tout proche de nous, et même en nous ; dans notre capacité à se laisser rejoindre par elle, à discerner et garder ce qui a de la valeur, malgré tout !

En ce moment, le climat ambiant n’est pas à la joie… et  pourtant, ces derniers jours, j’ai vu :

  • Des enfants qui rient toujours autant en dévalant la piste de bob ou en se lançant dans une bataille de boules de neige, libres de nos soucis d’adultes
  • Des paysages féériques, sous un manteau blanc et un coucher de soleil aux mille couleurs, comme si la nature savait que, quand même, la vie continue
  • Des gens soucieux, plus que d’habitude, de décorer leur portes et fenêtres, pour être encore plus têtus que la morosité ambiante, et, comme ils me l’ont dit, porter l’espérance plus loin, justement parce que c’est plus difficile cette année…

Et vous ? Qu’avez-vous vu ? Quels signes vous ont été donnés – ou vous serons encore donnés ?

Et si on se laissait aussi habiter et porter par ces petites choses du quotidien, envers et contre tout ?

Je nous souhaite, en tout cas, que la joie de Dieu creuse son chemin en nous, au travers-même de tout ce qu’il nous sera donné de vivre.

Amen.

Message du diacre Romuald Babey du dimanche 13 décembre 2020, à l’occasion de la célébration oecuménique de 17h30 au temple de Fleurier

Soyons toujours dans la joie

Cher frère, chère sœur,

Nous avançons sur le chemin vers Noël. Nous pouvons à nouveau célébrer, quelle joie de se retrouver ! Aujourd’hui, nous célébrons ensemble, communautés réformée et catholique du Vallon, le troisième dimanche de l’Avent. Dans la liturgie catholique, c’est le dimanche de la joie (appelé « Gaudete », soyez dans la joie !).

Nous en avons bien besoin de cette joie dans un monde marqué par la pandémie. Il y a comme une chape de plomb sur nos têtes.

La Parole de Dieu de ce jour nous invite à la joie. Le prophète Isaïe adresse un message d’espérance à la communauté juive au retour d’Exil : « Je tressaille de joie dans le Seigneur ». Cette communauté avait besoin d’être encouragée, elle qui était déçue de n’avoir pas vu s’accomplir les promesses faites auparavant. Ce message s’adresse à nous aujourd’hui, communautés chrétiennes de 2021.

Paul dans sa première lettre aux Thessaloniciens encourage la jeune Eglise qu’il vient de fonder. Il lui dit : « Soyez toujours dans la joie. »

Le Cantique de Marie qui remplace le psaume nous invite également à la joie : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur ! »

Mais comment pouvons-nous être dans la joie alors que beaucoup de nos frères et sœurs sont dans le besoin, dans la peine, dans le désespoir ? Quel message d’espérance et de lumière pouvons-nous leur apporter ?

Le chrétien est essentiellement joyeux parce qu’il est sauvé. Celui que nous attendons nous a tous déjà sauvés. Alors comme Paul s’adressant aux Thessaloniciens, « soyons toujours dans la joie, prions sans relâche, rendons grâce en toute circonstance ».

Dans l’Evangile du jour, nous découvrons le témoignage de Jean le Baptiste. Jean, l’évangéliste accorde une large place dans son œuvre à la personne et à la mission du Baptiste, le Précurseur.

Soyons nous-mêmes des Jean le Baptiste. « Soyons des témoins, pour rendre témoignage à la Lumière afin que tous croient » que le Christ que nous attendons est le Messie, le Sauveur, l’Emmanuel qui vient vivre avec nous notre humanité. Le mystère de l’Incarnation nous invite à l’espérance et à la joie.

Pour rester joyeux, confiant et transmettre cette joie autour de nous, notre vie chrétienne, notre foi doit être nourrie. La vie est rude et si nous ne faisons pas confiance à Jésus, nous n’allons pas tenir.

« Si vous ne croyez pas, vous ne tiendrez pas », dit un passage du prophète Isaïe. (Is 7,9)

Nous avons à vivre dans le monde en étant des lumières d’espérance. Ayons le souci d’être des passeurs d’espérance.

La lumière est venue sur la terre,

Quelqu’un frappe au volet de ton cœur.

La lumière qui fait de nous des frères,

Le secret pour un monde meilleur. (Chant de Hubert Bourel)

Je souhaite à chacune et à chacun une belle suite de temps de l’Avent.